La confiance de l'UE chute dans le contexte de morosité économique [FR] [en] [de]

Publié: 09 January 2009 | Updated: 29 January 2010
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La confiance des entreprises et des consommateurs a chuté dans toute l’Europe en raison des chiffres indiquant une hausse du chômage et confirmant la récession qui ébranle l’Europe. C'est ce qu'ont montré les dernières données publiées par la Commission européenne.

Selon les sondages mensuels effectués par la Commission auprès d’entrepreneurs et de consommateurs, les résultats sont au plus bas depuis leur début en janvier 1985. L’ indicateur du sentiment économique  a récemment chuté à 63,5 points dans l’UE et à 67,1 points dans la zone euro. Il atteignait 110 points dans les deux zones à la mi-2007, juste avant le début de la crise financière sur le marché américain du logement. 

L’indicateur conjoncturel  a également enregistré son chiffre le plus bas en décembre dernier, traduisant les attentes négatives des dirigeants d’entreprise quant à la production dans la zone euro et reflétant l’augmentation des stocks de produits finis invendus.

Eurostat, l’office des statistiques de la Commission, a ajouté un peu plus de morosité à la situation en confirmant que l’économie de la zone euro a reculé de 0,2 % entre juillet et septembre 2008. La zone euro est désormais officiellement considérée comme étant en récession, dans la mesure où elle a enregistré une croissance négative pour le second trimestre consécutif. Le dernier trimestre a également enregistré un recul de 0,2 % de l’ensemble de l’économie de l’UE.

Le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, a déclaré hier (8 janvier) dans un discours  donné dans la capitale slovaque Bratislava, qu’une nouvelle prévision sera publiée le 19 janvier, en vue de donner une image plus claire des perspectives économiques de l’UE pour 2009. Il a toutefois reconnu que les perspectives pour l’année en cours semblent être plutôt moroses. 

Parallèlement, le chômage  s’est élevé en novembre à 7,8 % dans la zone euro et à 7,2 % dans l’UE, atteignant un pic inquiétant en Espagne (13,4 %), dans les pays baltes et la Hongrie (plus de 8 %) selon Eurostat. Amelia Torres, porte-praole de M. Almunia, a regretté la mauvaise situation dans certains pays de l’UE mais a souligné qu’à l’échelle européenne, le taux de chômage augmente à un rythme modéré.

Selon un certain nombre de critiques, toutefois, les Etats membres n’entreprennent pas assez rapidement la mise en œuvre du plan de relance adopté en décembre par les dirigeants de l’UE. Dans une lettre adressée à European Voice, le président du parti socialiste européen Poul Nyrup Rasmussen a fait remarquer qu’il ne voyait aucune preuve selon laquelle l’Europe serait sur le point de réaliser un plan de relance représentant de 1,5 % du PIB. Les données récentes que j’ai consultées laissent entendre que les plans de relance acceptés par la plupart des Etats membres jusqu’à présent s’élèvent à environ 0,5 % du PIB, a-t-il écrit. Seule l’Espagne et le Royaume-Uni semblent vouloir investir plus que 1 % pour stimuler la croissance. 

Les analystes confirment que de l’aide pourrait être accordée par la Banque centrale européenne (BCE), laquelle pourrait réduire davantage les taux d’intérêt lors de sa rencontre de mardi prochain (15 janvier). Une telle mesure vise à huiler les rouages des économies européennes en difficulté. Une nouvelle réduction annoncée hier par la Bank of England, dont les taux d’intérêt se situent désormais à leur niveau le plus bas jamais enregistré (1,5 %), offre une nouvelle raison pour la banque de Francfort de réduire ses propres taux. En effet, outre le désir d’éviter que l’économie européenne ne devienne moins compétitive que l’économie britannique, la BCE pourrait être encline à réduire les taux alors que les données relatives à l’inflation augmentent, se situant désormais en-dessous de l’objectif de près de 2 % (EurActiv 07/01/09).