Les économies émergentes en quête d’un rôle plus fort au sommet du G20 [FR] [en] [de]

Publié: 10 November 2008 | Updated: 29 January 2010
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Les préparatifs en vue du sommet international du G20 ce week-end (15 novembre) à Washington continuent à prendre de la vitesse alors que les ministres des Finances et les directeurs de banques des 20 plus grandes économies du globe se sont réunis samedi 8 novembre au Brésil.

Background

Lors d’un sommet européen le 7 novembre à Bruxelles, le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays occupe actuellement la présidence tournante de l’UE, a émis un message ferme à l’égard du président américain sortant George W. Bush, insistant sur le rôle essentiel des Etats-Unis dans l’optique d’une résolution de la crise internationale qui avait débuté en Amérique (EurActiv 07/11/08).  

M. Sarkozy a également affirmé que l’Europe ne se satisferait pas d’un sommet de Washington inaccessible aux profanes, demandant en revanche que des solutions concrètes soient développées, notamment des décisions fermes, ambitieuses et opérationnelles pour réformer les structures financières internationales. 

Le président français a appelé en outre à passer en revue les progrès accomplis lors d’un second sommet qui se tiendra dans les 100 jours, donnant ainsi au président américain élu Barack Obama une possibilité de contribution. La plupart des observateurs estiment que Sarkozy ne voit pas d’un bon œil le manque d’urgence affiché par George Bush, qui tarde à offrir un leadership américain face à la crise internationale. 

Fait révélateur, le président Sarkozy a rappelé au sommet de Bruxelles comment les Etats-Unis ont autorisé la faillite de Lehman Brothers en septembre sans consulter l’UE au préalable. Les dirigeants européens, menés par M. Sarkozy et par le Premier ministre britannique Gordon Brown, comptent fournir une feuille de route internationale pour la crise financière en l’absence de leadership américain. Selon M. Sarkozy, c’est la fin du dollar en tant que monnaie unique. 

Parallèlement, ayant réussi à obtenir un siège pour l’Espagne lors du sommet après d’adroites manœuvres politiques, la France a également appelé à inviter les Pays-Bas, la 16e économie mondiale. 

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La rencontre a suivi de près le sommet extraordinaire de l’UE qui s’est tenu vendredi dernier à Bruxelles, durant lequel les dirigeants européens ont présenté un front uni sur la question de la restructuration du système financier international. 

Les économies émergentes désirent jouer un rôle plus fort

Les ministres des Finances du G20 et les dirigeants des banques centrales réunis à Sao Paulo étaient déterminés à restaurer la stabilité de l’économie mondiale et la confiance. Ils ont également fait pression pour qu’un rôle plus important soit donné aux économies émergentes telles que le Brésil, la Chine, l’Inde et la Russie. 

En effet, les économies émergentes appellent à une réforme massive des institutions financières internationales, qui leur accorderait une représentation plus forte au sein de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI). 

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a mis l’accent sur la nécessité d’instaurer de nouveaux mécanismes universels, déclarant que le rôle de leadership joué par le G7 (Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Royaume-Uni et Etats-Unis) était dépassé et que le G7 ne pouvait plus faire cavalier seul. 

Le président de la Banque mondiale Robert Zoellick a également appelé à une modernisation du système multilatéral de gouvernance qui inclurait les voix des pays en développement comme le Brésil. 

Le FMI : un rôle plus fort, mais à quel point ?

La réforme du FMI a constitué un thème récurrent à Sao Paulo comme à Bruxelles, même s’il reste encore à en définir les modalités. La rencontre du G20 a confirmé que le FMI devait, dans les limites de ses compétences, jouer un rôle de meneur, quelle que soit la restructuration de l’architecture financière internationale.

Selon un des scénarios élaborés actuellement, le FMI pourrait être restructuré pour devenir un véritable régulateur financier. Cependant, les nations de l’UE demandent la création d’un collège de superviseurs pour les institutions financières. 

Dans les conclusions du sommet, les ministres des Finances du G20 ont indiqué que quelle ce soit la révision du FMI, celle-ci doit refléter de manière adéquate l’évolution des poids économiques dans l’économie mondiale et doit pouvoir mieux répondre aux défis futurs. 

Selon Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI, l’institution a déjà renforcé ses capacités d’alerte précoce afin d’identifier les futures crises financières et d’y répondre rapidement.

Positions

Lors du sommet du G20 des ministres des Finances et des dirigeants des banques centrales à Sao Paulo, le ministre brésilien des Finances Guido Mantega a indiqué qu’il fallait renforcer le Fonds monétaire international en y incluant davantage de représentations ainsi que le Forum pour la stabilité financière, qui devrait inclure les nations émergentes. 

De son côté le directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn a affirmé qu’il fallait « repenser » la conception de régulation financière autour du monde, notamment en régulant des aspects qui ne l’avaient pas été auparavant. Il a toutefois insisté sur le fait que ce seraient les autorités nationales qui détiendraient la responsabilité suprême en matière de régulation. Celles-ci seraient soumises « à la surveillance d'un corps ou d'un réseau d'institutions attentif aux implications systémiques à travers les instruments financiers, les marchés et les pays », a-t-il ajouté.

A Bruxelles, le Premier ministre britannique Gordon Brown a fait part de sa confiance quant au fait que l’Europe pourrait aider à restructurer le monde, ajoutant que les instruments financiers internationaux datant de 1944 ne peuvent pas fournir de solutions adéquates en 2008.

Next Steps

  • 15 nov. 2008 : sommet du G20 à Washington 
  • 11-12 déc. 2008 : sommet de l’UE à Bruxelles