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Prenant une initiative inhabituelle, BusinessEurope, la voix des entreprises européennes, a demandé à l’UE de cesser l’appréciation de l’euro contre le dollar américain, le yuan chinois et le yen japonais, affirmant que le taux de change de l’euro avait atteint un « seuil de douleur » pour les entreprises européennes.
Dans une lettre
du 2 octobre 2007, le Président de BusinessEurope Ernest-Antoine Seillière demande à Jean-Claude Juncker, Premier ministre du Luxembourg et Président de l’Eurogroup, de défendre les intérêts de l’euro suite à sa hausse continue face à d’autres monnaies.
A peine deux jours avant que la Banque centrale européenne (BCE) ne se réunisse le 4 octobre pour revoir et fixer les taux d’intérêt, actuellement à 4%, M. Seillière écrivait « l'euro ayant franchi les 1,40 dollar et s'appréciant face au yuan chinois et au yen japonais, son taux de change a atteint un seuil de douleur pour les compagnies européennes ».
M. Seillière demande expressément à tous les membres européens du G7
(l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni) de soulever la question lors de la prochaine réunion du G7 prévue du 19 au 22 octobre 2007 pour proclamer que « l’euro ne peut pas être la variable d’ajustement pour réduire le déficit extérieur américain, face à des politiques des taux de change inflexibles dans d’autres parties du monde ».
Par la même occasion, BusinessEurope a également exhorté les Etats membres à mettre de l’ordre chez eux et à mettre en oeuvre des réformes soutenant la productivité et la compétitivité afin d’encourager les entreprises européennes à continuer d’investir et d’embaucher.
L’appel des entreprises européennes à cesser l’appréciation de l’euro fait suite à la critique du président Nicolas Sarkozy, plus tôt cet automne, concernant l’inaction des banquiers centraux européens, des ministres des Finances et de la BCE par rapport à la crise actuelle des marchés financiers internationaux, alors que le fléchissement du dollar rend au moins les exportations françaises plus chères.
Cette semaine, le Premier ministre italien Romano Prodi s’est également plaint de l’euro fort, déclarant qu’il avait fait part de ses craintes à la chancelière allemande Angela Merkel.
L’Eurogroup, composé des 13 ministres des Finances des pays de la zone euro, doit se réunir le 8 octobre 2007.