Un rapport de l’agence basée à Washington, qui a apporté des fonds de secours aux économies des pays européens dont les marchés émergents ont été frappés le plus fort par la crise financière mondiale, met en avant la nécessité pour l’Europe d’adopter des politiques qui vont aider l’ouest et l’est.
L’Europe est au cœur d’une tempête économique que l’on n’expérimente qu’une seule fois dans sa vie et elle urgemment mettre ses institutions à l’abri, a affirmé Marek Belka, directeur du département Europe du FMI, en présentant le rapport.
Les baisses de taux d’intérêt de la Banque Centrale Européenne sont probablement allées aussi loin qu’il était nécessaire, a affirmé M. Belka, dont la principale préoccupation a été de souligner les appels du FMI en faveur de mesures pour restaurer la confiance dans le système bancaire, en commençant par des tests sous contrainte.
Des sources européennes ont appris à Reuters que l’UE allait tester sous contrainte son système bancaire d’ici septembre pour déterminer sa résistance à la récession économique et savoir s’il dispose de suffisamment de capitaux.
Les tests sous contraintes seront menés par des superviseurs nationaux dans le respect de lignes directrices communes et de la méthodologie du Comité des superviseurs bancaires européens (CEBS). Mais ils ne traiteront pas différemment les banques qui nécessiteraient davantage de capitaux ou qui doivent publier leur capitalisation, ont déclaré les superviseurs ; voilà une étape dont les critiques disent qu’elle garderait les investisseurs dans le flou jusqu’à un certain point à propos de potentiels problèmes.
Une évaluation américaine des banques pour particuliers, rendue publique la semaine dernière, a été largement considérée comme un éclairage utile pour les investisseurs. Selon une source proche des délibérations des ministres, les ministres européens des finances ont pris la décision. Toujours selon cette source, ils ont décidé de demander au Comité européen des contrôleurs bancaires qu’il organise un test de contraintes. Mais il ne s’agit pas d’un test des institutions personnelles comme le font les Américains. C’est plutôt un test de contrainte hautement agrégé, qui devrait mettre en évidence la capacité de résilience de l’ensemble du secteur bancaire européen, selon la source.
Le rapport du FMI a également répété les prévisions macroéconomiques contenues dans les Perspectives sur l’économie mondiale du FMI du 22 avril. Ces perspectives prévoient globalement une profonde récession en 2009 et une croissance nulle ou négative pour 2010, bien qu’une reprise puisse s’amorcer si les mesures gouvernementales prennent effet.
Le rapport prévoit que les économies développées et émergentes subiront une forte contraction en 2009 mais que les marchés émergents retrouveront la croissance pour 2010 en général, alors que les économies avancées seront toujours aux prises avec la récession, même moins durement que cette année.
Le FMI a affirmé que l’incitant fiscal devrait se poursuivre en 2010 et se concentrer sur l’infrastructure et les transferts directs plutôt que sur des allègements fiscaux et des subventions aux sociétés et au consommateur.
Selon le FMI, les mesures de crise et les actions réglementation et de surveillance se sont multipliées sans succès, en particulier dans le secteur financier qui est bien intégré.
La coordination vaut également de l’or quand il s’agit de politiques macroéconomiques, où la durabilité des efforts fiscaux doit être assurée et pour lesquelles il faut rechercher systématiquement le soutien de l’Europe, a déclaré le FMI.
(EurActiv avec Reuters. Cet article a été traduit de l’anglais par EurActiv).



