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Les ministres des Finances de la zone euro ont donné l’alerte concernant le déficit budgétaire de la France, affirmant que le pays doit s’en tenir à son engagement de stabiliser la situation d’ici 2010, comme promis par l’ancien président Jacques Chirac.
Le 11 février, le président de la Commission José Manuel Barroso, qui, contrairement à son habitude, assistait à la réunion de l’Eurogroupe, a déclaré qu’il fallait continuer de maintenir les déficits publics à un faible niveau.
Le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück, a rappelé à la France son engagement, pris à Berlin en avril dernier, déclarant que les grands Etats membres en particulier doivent respecter l’engagement d’atteindre les objectifs à moyen terme au plus tard en 2010.
Wouter Bos, le ministre néerlandais des Finances, a ajouté que lorsque les plus grandes économies ne suivent pas les règles, cela nuisait particulièrement à la confiance en Europe. Il a également demandé la prise de sanctions plus dissuasives pour les Etats membres qui ne fournissent aucun effort pour respecter les règles du pacte de stabilité.
L’appel des ministres de l’Eurogroupe est survenu au moment où le président français Nicolas Sarkozy demande à ses partenaires européens de l’autoriser à utiliser plus librement l’argent public pour relancer l’économie du pays. En échange, il a promis de remédier à la situation en ramenant le déficit à zéro d’ici 2012.
M. Sarkozy a clairement fait savoir que l’euro fort nuit aux exportations de la France et a également fait part de son mécontentement vis-à-vis de la politique des taux d’intérêt de la Banque centrale européenne, affirmant que des taux d’intérêt élevés sont mauvais pour la croissance économique de la France.
Le 10 février, il a déclaré qu’il souhaitait « remettre de la politique en Europe » pour qu’elle ne soit plus abandonnée « au seul jeu de règles automatiques qui ne laissent aucune place à la décision et à la responsabilité politique », ajoutant « notre monnaie n’est pas un sujet tabou ».
Les ministres de la zone euro se réunissent chaque mois pour coordonner leurs économies dans un effort visant à garantir la stabilité de leur monnaie commune. La manœuvre principale pour atteindre la stabilité est de maintenir les déficits budgétaires et la dette publique des pays individuels au plus bas. L’accord est informel et il existe peu de sanctions contre ceux qui ne le respectent pas. Les autres pays de la zone euro n’ont donc pas leur mot à dire sur les dépenses publiques de la France, à condition que le déficit reste inférieur au plafond de 3 % du PIB.