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G20 : les dirigeants de l’UE feront pression en faveur de la régulation financière [FR]

Publié 23 février 2009
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Hier (22 février), les dirigeants européens ont accepté d’accorder leur soutien à la surveillance des produits et des marchés financiers mondiaux, notamment les hedge funds, appelant à des mesures de répression à l’encontre des paradis fiscaux. Ces mesures font partie de leur position commune sur la réforme financière mondiale élaborée en vue du sommet du G20 des puissances industrielles mondiales en avril.

Nous faisons face à une crise internationale extraordinaire, comme nous n’en avons pas vu depuis des décennies, que ce soit par rapport aux marchés financiers ou à l’économie mondiale, a relevé la chancelière allemande, Angela Merkel. Nous croyons qu’une telle crise internationale ne peut être résolue que conjointement, a-t-elle ajouté. 

Selon une déclaration conjointe, les dirigeants ont de nouveau souligné leur conviction que tous les marchés financiers, produits et participants doivent être assujettis à une surveillance appropriée ou à la régulation, sans exception et quel que soit leur pays d’origine. Cette mesure s’applique tout particulièrement aux fonds privés de capitaux, y compris les hedge funds, qui pourraient présenter un risque systémique, selon le document. 

Les leaders européens ont proposé que le Fonds monétaire international (FMI) et le Forum pour la stabilité financière (FSF) soient en charge de la surveillance et de la promotion de la mise en œuvre des recommandations internationales. 

Les détails financiers du plan doivent être arrêtés, puis être ensuite intégrés au plan d’action, peut-on lire dans la déclaration. Il est en outre souligné dans le document qu’une liste de juridictions peu coopératives sera dressée et qu’une « boîte à outils » de sanctions sera préparée le plus tôt possible. 

Les dirigeants ont également accepté de soutenir le doublement des fonds du FMI. Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, a indiqué que les institutions internationales ont besoin de près de 500 milliards d’euros, et a appelé à l’adoption d’un New Deal mondial afin d’aider à relancer l’économie mondiale. 

Mme Merkel a indiqué qu’en comparaison du plan d’action de Washington, la position des dirigeants de l’UE sur les paradis fiscaux est beaucoup plus claire, de même que sur les institutions, les produits et les lieux spécifiques qui devait être assujettis à la régulation. 

Les leaders européens ont soutenu l’appel de la chancelière allemande à une « charte pour une gouvernance économique durable » afin de réduire les déséquilibres économiques et de stabiliser les marchés financiers. Ils ont également soutenu l’idée selon laquelle les agences de notation de crédit devraient être soumises à un enregistrement et une surveillance obligatoires. Selon Mme Merkel, l’une des erreurs du passé a été que les banques n’ont pas établi de marge de sécurité pour leur capital et n’ont pas été capables de réagir à la crise.

Réactions : 

Le président français, Nicolas Sarkozy, a déclaré qu’ « une nouvelle régulation sans sanction, ça n'existerait pas ». Il a déclaré que les pays européens dressaient actuellement une liste de paradis fiscaux et de sanctions auxquelles ceux-ci pourraient être soumis s’ils poursuivent ce qu’il a désigné comme une activité financière inconsciente. 

La chancelière allemande, Angela Merkel, a également demandé aux Etats-Unis de ne pas adopter de mesures protectionnistes à l’égard de son secteur automobile. Par rapport aux plans de restructuration des entreprises américaines, elle a relevé que de nombreux fonds étatiques y sont injectés, ajoutant que ce constat ne constituait pas une accusation. 

Le Premier ministre espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a déclaré que la question sur laquelle se concentrera le sommet de Londres était clair. Selon lui, à Washington, le G20 a établi les principes du nouveau système financier international. A Londres, en avril, nous devrons aller dans le sens de l’action et nous sommes à Berlin pour renouveler cet engagement, a-t-il déclaré. 

Contexte : 

La chancelière allemande, Angela Merkel, a invité les dirigeants britannique, français, italien, espagnol, néerlandais, tchèque et luxembourgeois, ainsi que le président de la Commission européenne, les ministres nationaux des Finances et la Banque centrale européenne, à préparer une position commune en vue de la réunion du G20 qui aura lieu à Londres en avril. 

Depuis le premier sommet du G20 sur la réforme de l’architecture financière mondiale, tenu à Washington en novembre de l’année dernière, les récessions en Europe et aux Etats-Unis se sont aggravées, obligeant les gouvernements à voter des paquets de relance massifs.

La réunion de Berlin a eu lieu après une semaine d’accusations de protectionnisme entre les nations européennes. Certains partenaires de la France se sont en effet opposés au projet français qui vise à offrir six milliards d’euros aux constructeurs automobile nationaux dans le cadre d’un prêt d’Etat.

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