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Samedi (14 mars), les ministres des Finances du G20 ont promis de venir financièrement en aide aux économies de marché émergentes qui traversent des difficultés. Ils ont également indiqué qu’ils utiliseraient toute leur force fiscale et monétaire pour lutter contre la crise la plus grave depuis 1930.
Le groupe des 20 élabore une approche mondiale pour les réformes des marchés financiers et se penche notamment sur la supervision. Il se rencontrera le 2 avril à Londres.
Depuis le premier sommet du G20 sur la réforme de l’architecture financière mondiale en novembre dernier à Washington, la récession en Europe et aux Etats-Unis s’est aggravée, ce qui a forcé les gouvernements à adopter d’importants plans de relance (EurActiv 17/11/08).
Parallèlement, le Premier ministre italien, Silvio Berlusconi, a indiqué lundi dernier (9 mars) que son pays accueillera les dirigeants du G20 à la fin du sommet du G8 qui aura lieu en Sardaigne en juillet, et que les négociations se concentreront sur les nouvelles règles pour le système financier.
A cette occasion, nous préparerons un système juridique et de nouvelles règles pour stopper le phénomène de la sécurisation excessive dans le système financier et l’utilisation de produits dérivés qui ont conduit à cette crise, a indiqué M. Berlusconi.
La priorité sera désormais que les prêts, pilier de l’économie, circulent à nouveau normalement, a-t-il été annoncé.
Les ministres n’ont pas accepté qu’il y ait des différences sur l’échelle des dépenses octroyées pour soutenir l’activité économique, déclarant que tout le monde devait faire tout son possible pour lutter contre ce que le FMI qualifie de « Grande récession ».
Les actifs toxiques
Le G20 représente plus de 80 % de l’activité économique, ou du PIB. A la suite de la crise financière qui s’est emparée tout d’abord des Etats-Unis en 2007 et qui a ébranlé la confiance, l’activité, le commerce et les emplois dans le monde entier, on s’attend à ce que l’activité économique diminue en 2009 comme jamais depuis les années 1930.
Les Etats-Unis doivent maintenant présenter en détail le plan de nettoyage des actifs toxiques des banques. Selon de nombreux observateurs, ce plan est essentiel pour relancer une économie sclérosée. Un représentant américain a indiqué que les détails devraient être exposés en cours de semaine.
Le G20 a publié séparément une série de lignes directrices que les pays doivent utiliser pour l’élaboration de plans visant à débarrasser les banques des actifs « pourris ».
Le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, qui a participé aux négociations à Horsham, au sud de Londres, a indiqué à Fox Business News que les Etats-Unis annonceront relativement rapidement un nouveau cadre financier pour ces actifs à risque.
Avant la fin du mois de mars, Washington prévoit également de montrer son jeu par rapport à la régulation des marchés financiers. Les dirigeants du G20 doivent encore donner des détails sur leurs promesses de freiner les excès et de garantir que tout le monde soit appelé désormais à rendre des comptes.
Obama dément l’existence de divisions transatlantiques
Le président américain, Barack Obama, a démenti l’existence de divisions au sein du G20. Selon des hypothèses, il y aurait des divergences entre les Etats-Unis, qui se concentrent sur l’augmentation des dépenses gouvernementales, et certains pays européens qui privilégient la régulation. M. Obama a déclaré qu'il sera celui qui poursuivra la régulation de manière la plus énergique.
M. Obama a indiqué aux journalistes réunis à la Maison Blanche qu’il ne savait pas d’où venait cette idée selon laquelle il y avait deux camps au sein du G20. Selon lui, il n’y a pas de lignes opposées.
Au delà de la promesse de renforcer la supervision des hedge funds et des agences de notation de crédit, le dernier élément qui ressort des négociations du G20 au Royaume-Uni est l’engagement d’aider les économies émergentes, les dirigeants étant sans doute soucieux d’éviter un exode d’argent massif tel que celui qui a marqué la crise financière asiatique des années 1990.
Nous devons agir pour stopper les dégâts causés aux économies émergentes, qui n’arrivent plus à retenir l’argent dans leurs systèmes, a indiqué la ministre britanniques des Finances, Alistair Darling, lors de la rencontre qui a eu lieu dans un luxueux hôtel à la campagne, non loin d’Horsham.
Au cours des derniers mois, le FMI s’est déjà engagé à allouer près de 50 milliards de dollars pour venir en aide aux pays d’Europe de l’Est et a demandé que ses fonds d’aide soient doublés à 500 milliards de dollars.
Robert Zoellick, président de la Banque mondiale, qui a également participé à la rencontre de samedi, a indiqué que les dépenses gouvernementales ne soulageront que brièvement les économies si les gouvernements ne libéraient pas les banques de leurs actifs toxiques qui ne cessent d’entraver la confiance et la volonté de prêter ou d’investir.
Les Etats-Unis ont demandé la semaine dernière que d’autres gouvernements s’engagent à ce que les dépenses supplémentaires pour stimuler la croissance atteignent 2 % du PIB. Ils se sont ainsi exposés au désaccord de pays tels que l’Allemagne et la France qui ont souligné qu’ils en faisaient assez.
Selon Mme Darling, la situation est sur la bonne voie en vue du sommet, que le Premier ministre britannique et d’autres présentent comme l’occasion de tenir ses engagements de rendre le capitalisme plus sûr. Ces promesses avaient été formulées en novembre dernier lors de la toute première rencontre des dirigeants du G20.
Il y a cet engagement crucial que les vingt plus importantes économies mondiales sont prêtes à remplir quelles que soient les mesures nécessaires, tant qu’elles sont nécessaires, a fait remarqué Mme Darling. Pour elle, il s’agit d’un pas en avant important.
(EurActiv avec Reuters. Cet article a été traduit de l’anglais par EurActiv).