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Face aux récentes turbulences de l’économie mondiale, la Commission a réduit ses prévisions de croissance économique de l’UE à 2 % pour 2008 - 1,8 % dans la zone euro.
La crise financière actuelle, le ralentissement économique aux Etats-Unis et le prix élevé des produits de base comme l’énergie et les produits alimentaires ont été identifiés comme étant les causes principales de l’incertitude exceptionnelle de la situation et des perspectives économiques mondiales, d’après le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Joaquín Almunia, qui présentait les dernières prévisions économiques de l’exécutif européen le 20 février.
La Commission a également prévu que le taux moyen d’inflation dépasserait largement l’objectif européen de 2 %, pour atteindre 2,9 % (2,6 % dans la zone euro), soit une hausse de 0,5 % comparé aux estimations précédentes, avant de chuter de nouveau vers la fin de l’année.
La Banque centrale européenne (BCE) a tenté de stabiliser l’inflation en maintenant les taux directeurs à 4 % au cours des derniers mois, malgré le ralentissement économique et la baisse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine et la Banque d’Angleterre (EurActiv 24/01/08). La BCE a également averti que les pressions inflationnistes pouvaient empirer si les syndicats continuaient de faire pression pour obtenir des hausses salariales (EurActiv 11/01/08).
La Confédération européenne des syndicats (CES) a réagi en avertissant : « Les salaires réels en Europe sont pris dans une spirale vers le bas » tandis que « la part des salaires dans la richesse (produit intérieur brut PIB) ne cesse de diminuer ». L’organisation a lancé une campagne dans toute l’UE demandant des augmentations salariales et « plus de pouvoir d’achat et plus d’égalité » pour les travailleurs.
D’après la Commission, à l’incertitude des perspectives économiques se sont ajoutées les conditions fragiles du système financier international et le fonctionnement défaillant des marchés de crédit. Mais les nouvelles prévisions ont suggéré que la décélération pourrait être brève dans la mesure où les chiffres trimestriels semblent indiquer une reprise de la croissance au second semestre de cette année, entraînant un redressement de l’économie américaine provoqué par un retour à la normale du marché financier. De même, on s’attend à une baisse de l’inflation vers la fin 2008.
Le commissaire Almunia a conseillé de maintenir le cap des réformes structurelles et de « poursuivre des politiques macroéconomiques saines », expliquant qu’il s’agit de « la meilleure solution pour faire face aux perturbations que connaît actuellement l’économie mondiale ».
L’Europe a clairement commencé à « ressentir les effets des vents contraires en termes de ralentissement de la croissance et de la recrudescence de l’inflation », a-t-il averti, mais il espère que « sa résilience accrue grâce aux réformes déjà accomplies » et ses « solides fondamentaux » aideraient les pays européens à « traverser la tempête ».
Les dernières prévisions, présentées en novembre 2007, avaient prévu une croissance de 2,4 % pour 2008 (2,2 % pour la zone euro), qui était également moins optimiste que les chiffres publiés au printemps dernier (EurActiv 12/11/07
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