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Le nouveau gouvernement slovaque ouvre la voie au fonds d’aide de la zone euro

Publié 16 juillet 2010 - Mis à jour 22 juillet 2010
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Hier (15 juillet), la Slovaquie a donné le feu vert au lancement d’un filet de sécurité européen pour les gouvernements qui se retrouvent prisonniers d’une dette, cédant à la pression venant des partenaires européens de mettre de côté son opposition au projet.

La Slovaquie, le pays le moins riche de la zone euro, dirigé par le nouveau gouvernement de centre-droit de la Première ministre Iveta Radičová, bloquait l'entrée en vigueur du Fonds européen de stabilité financière (FESF) de 750 milliards d'euros car le principe des renflouements avait fait l'objet de vives critiques durant la campagne des élections de juin.

Mais le gouvernement a approuvé le projet jeudi et le ministre des finances Ivan Miklos a aussitôt signé un accord cadre sur le fonds, dépassant ainsi les derniers obstacles.

La Commission européenne a salué la décision de Bratislava et a ajouté que le dialogue avec la Slovaquie devait continuer.

Le précédent gouvernement de gauche de Robert Fico, qui a démissionné jeudi dernier, a approuvé le mécanisme d'aide. Cependant, toute aide financière venant des Etats membres les plus riches de l'UE est très impopulaire en Slovaquie, pays qui fait partie de la zone euro depuis janvier 2009 seulement.

Nous voulons donner l'exemple en respectant les règles du jeu. C'est pourquoi le gouvernement a soutenu la déclaration politique rendue par l'ancien gouvernement en mai, a confié Mme Radičová aux journalistes, pour expliquer ce qui avait influencé le gouvernement.

La pression sur Bratislava pour débloquer le FESF s'est accentuée ces dernières semaines car le fonds tient une part primordiale dans les efforts du bloc pour restaurer la confiance dans les marchés financiers suite à la crise de la dette grecque.

Le gouvernement slovaque a recommandé au Parlement de soutenir le système de filet de sécurité mais a également reconnu que cela exigerait la création de règles fiscales plus strictes dans la zone euro, y compris un mécanisme de banqueroute pour les pays qui ont des politiques fiscales irresponsables, avant qu'une quelconque aide du fonds ne soit apportée.

Le soutien financier accordé provisoirement aux pays en difficulté devra être conforme aux conditions et mesures du Fonds monétaire international (FMI), explique le gouvernement slovaque.

M. Miklos, un fiscaliste favorable à une approche stricte chargé de réduire le déficit fiscal pesant de la Slovaquie, a introduit des réformes du marché plus poussées et a revigoré l'économie nationale. Il pense que le Parlement va débattre du rôle de la Slovaquie vis-à-vis du FESF dans les semaines à venir.

La part de la Slovaquie dans ce fonds de 750 milliards d'euros représente 4,5 milliards d'euros de garanties.

Le pays de 5,4 d'habitants a adopté la monnaie unique seulement en janvier 2009 et le peuple n'a pas apprécié qu'on demande au pays d'apporter son aide à la Grèce, un pays qui a des conditions de vie meilleures.

Les accrocs du prêt grec

Par conséquent, le gouvernement Radičová a tenu ses promesses faites aux électeurs selon lesquelles il ne soutiendrait pas l'aide pour Athènes, criblée de dettes, qui a été approuvée par les pays européens distinctement du FESF.

Le gouvernement a recommandé au Parlement de ne pas donner son accord à un prêt bilatéral de 800 millions d'euros (1,02 milliards de dollars) à la Grèce, qui constituerait la contribution slovaque au paquet de renflouage de 110 milliards d'euros de l'UE.

Le prêt grec vient des politiques de gouvernements irresponsables, de l'attitude irresponsable du secteur bancaire et des agences de notation, mais aussi de l'Eurostat et du mauvais fonctionnement d'autres institutions, selon Mme Radičová.

Je suis contre ce prêt, nous sommes le pays le plus pauvre de la zone euro et c'est ridicule. La Grèce vivait au-dessus de ces moyens, a dit Silvia Habova, 27 ans, gestionnaire de comptes.

Le salaire minimum en Slovaquie, ancien pays communiste, est de 308 euros, bien en dessous du salaire légal minimum en Grèce, qui est de 863 euros.

(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EurActiv.)

Contexte : 

Les ministres des finances de l'UE se sont accordés le 9 mai pour établir un mécanisme de sauvetage d'une valeur d'environ 750 milliards d'euros pour empêcher la zone euro de s'effondrer sous le poids de la dette accumulée par des pays comme la Grèce, l'Espagne ou le Portugal (EurActiv 10/05/10).

Les 16 pays qui partagent l'euro auront accès à 440 milliards d'euros de garanties de prêts et à 60 milliards d'euros de fonds d'urgence de la Commission européenne. Le Fonds Monétaire International contribuera également à hauteur de 250 milliards d'euros environ au paquet de renflouage.

Les pays touchés par la crise ont adopté des mesures d'austérité très impopulaires, qui dans le cas de la Grèce ont déclenché des manifestations violentes dans les rues (EurActiv 05/05/10).  

Les mesures d'austérité grecques comprennent une augmentation de deux points de pourcentage de son taux de TVA à 23 % à compter du 1er juillet. Au Portugal, le premier ministre José Sócrates et le leader de l'opposition Pedro Passos Coelho ont franchit une étape le 13 mai pour réduire le déficit budgétaire du Portugal, incluant 5 % de réduction des payes pour les hauts fonctionnaires et les responsables politiques, et une augmentation des taxes sur les ventes, de l'impôt sur le revenu et de la taxe sur les profits, allant de 1 à 2,5 %.

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