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Le sauvetage grec, prisonnier des élections slovaques

Publié 04 mai 2010
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La Slovaquie, membre de la zone euro, ne votera sur l'aide destinée à la Grèce endettée qu'après ses élections de juin, a déclaré le premier ministre du pays le 3 mai, insistant sur le fait qu'Athènes devait d'abord réduire ses dépenses avant de recevoir de l'argent slovaque.

Le premier ministre de gauche Robert Fico cherche à être réélu le 12 juin, et l'aide à la Grèce – pays qui a des revenus et des richesses plus élevés que la Slovaquie - est devenu un sujet de campagne alors que l'opposition a rejeté le paquet d'aide.

La Grèce a obtenu l'aval des ministres des finances de la zone euro dimanche, qui ont convenu d'apporter 110 milliards d'euros de prêts sur les trois prochaines années en provenance de ses partenaires de la zone euro et du Fonds monétaire international.

M. Fico, qui a fait part de ses doutes quant à la capacité de la Grèce à mettre en œuvre les mesures d'économies nécessaires, a de nouveau prévenu que la part slovaque de l'aide – autour de 800 millions d'euros – ne serait pas débloquée automatiquement.

Mon gouvernement ne signera pas un chèque en blanc à la Grèce, a affirmé M. Fico.

Si nous ne voyons aucune réduction des salaires, des retraites ou des standards sociaux en Grèce, nous n'avons aucunement l'intention de discuter avec la Grèce de prêts bilatéraux, a-t-il dit, ajoutant qu'Athènes devait d'abord faire son travail.

Le ministre des finances a affirmé que des changements juridiques sur le budget de l'Etat et des principes budgétaires étaient nécessaires pour approuver l'aide au Parlement. Certains partis d'opposition, qui sont sur les talons du Smer de M. Fico dans les sondages, se sont opposés à l'aide et ont appelé à une session spéciale du Parlement avant l'élection, prévenant que de tels prêts conduiraient à relâcher les politiques fiscales.

Nous disons un "non" définitif à cette aide, a déclaré lundi Iveta Radicova, tête de liste pour le principal parti d'opposition de droite, le SDKU.

Aide approuvée aux parlements français et allemand

Entre temps, l'Assemblée nationale française a approuvé pendant la nuit de lundi à mardi le paquet de renflouage de la Grèce, alors que le gouvernement allemand commençait à réunir ses soutiens politiques en faveur de la contribution allemande, juste avant l'élection parlementaire de vendredi.

Les dirigeants de l'UE vont se réunir vendredi (7 mai) pour échanger des informations sur les progrès dans le processus d'approbation parlementaire pour les prêts dans leurs pays respectifs.

Dans un communiqué, le président français Nicolas Sarkozy affirme que le sommet de vendredi devrait également s'attarder sur les leçons à tirer de la crise. Cette rencontre devrait permettre de confirmer au plus haut niveau le soutien des Etats membres de la zone euro à la Grèce et d'avoir un premier échange de vues sur les leçons à tirer afin de renforcer la gouvernance et la cohésion de la zone euro, peut-on lire dans ce communiqué.

Le principe du plan d'aide à la Grèce est le suivant : les pays de la zone euro empruntent de l'argent à leur nom, puis le prêtent à la Grèce à un taux d'intérêt de 5 %. Si elle agissait seule, la Grèce pourrait payer un taux d'intérêt de 11 %, ce qui est sans précédent pour un pays de la zone euro.

La plupart des pays, mais pas tous, empruntent des sommes à un taux d'intérêt inférieur à 5 %. Le Portugal, par exemple, paierait davantage de taux d'intérêt. Les pertes éventuelles induites par des pays comme le Portugal sont compensées par les gains issus de pays qui empruntent à un taux inférieur à 5 %. L'Allemagne, par exemple, emprunte à 2 % et la Belgique à 3 %.

(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EurActiv).

Réactions : 

Le 3 mai, l'article en couverture de l'influent quotidien allemand Handelsblatt comprenait une section de quatre pages dans laquelle deux douzaines d'investisseurs privés expliquaient pourquoi ils achèteraient des obligations grecques. L'éditorial en une, intitulé "L'Allemagne aide", affirme qu'un retrait grec de la zone euro serait un échec majeur et menacerait l'existence même de l'union monétaire.

Le gouvernement d'Athènes a fait un effort qu'il faut saluer avec son plan de rigueur. Les Grecs sont des pêcheurs, mais des pêcheurs repentants. Le paquet d'aide négocié par la communauté internationale pendant le week-end devrait faire l'affaire.

Mais les Etats seuls ne peuvent pas sauver la Grèce. La stabilisation n'arrivera que lorsque le pays pourra se financer librement sur les marchés financiers. Une contribution est demandée de la part des grandes banques. Une contribution est également requise de la part des citoyens européens – une avance plus qu'autre chose. A cette fin, nous avons lancé l'initiative "J'achète des obligations". Il s'agit de donner un signe de responsabilité partagée, écrit M. Handelsblatt

Fico: Aid has strings attached
Contexte : 

La Slovaquie est devenue le 16ème membre du club de l'euro le 1er janvier 2009 (EurActiv 05/01/09). Le pays a laissé derrière lui le reste du Groupe de Visegrad : la République tchèque, la Pologne et la Hongrie, qui sont à des étapes différentes de leur chemin vers l'adoption de l'euro.

Le premier ministre slovaque Robert Fico a remporté les élections parlementaires de 2006. Son parti, Smer-SD, ou Direction – Démocratie sociale, est un parti de gauche relativement nouveau.

Le Parti des socialistes européens (PSE) a suspendu le processus de candidature de Smer-SD en 2006 après sa décision de former un gouvernement de coalition avec le Parti nationaliste slovaque (SNS). Le PSE a considéré cette décision comme une violation du principe de démocratie sociale européenne relatif au fait de ne pas coopérer au niveau gouvernemental avec des partis associés à la xénophobie.

En décembre 2009, Smer-SD a finalement pleinement intégré le PSE, malgré un vote d'opposition des délégués belges et hongrois (EurActiv 10/12/09).

D'autre part, les relations entre la Slovaquie et son voisin hongrois se sont récemment détériorées à cause d'une loi linguistique controversée votée en Slovaquie (EurActiv 01/09/09).


Les difficultés grecques sont déjà devenues un sujet de campagne en amont d'élections régionales clé prévues le 9 mai dans l'Etat le plus peuplé d'Allemagne, la Rhénanie-du-nord-Westphalie. Dans ce Land, les Démocrates chrétiens conservateurs de Mme Merkel redoutent une défaite qui pourrait les priver de majorité dans la chambre haute du Parlement à Berlin.

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