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Les leaders européens sur la défensive dans le débat sur la crise économique [FR]

Publié 18 février 2009
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Défiés par les membres des Parlements européens réunis hier (17 février) à Bruxelles, les leaders de l’UE ont eu recours à une rhétorique défensive lorsqu’il leur a été demandé d’expliquer la faible envergure des mesures anti-crise de l’Union.

Les membres des Parlements nationaux ont accusé les leaders européens de ne pas en faire assez pour contrer la crise économique mondiale. Pierre Lequiller, membre de l’Assemblée nationale française, a souligné qu’il était difficile de respecter les mesures européennes visant à répondre à la crise, et que celles prises au niveau national ne sont pas harmonisées. 

M. Lequiller a également comparé les mesures de relances audacieuses que le président Barack Obama a fait voter à la législature américaine moins d’un mois après son entrée en fonction aux réponses européennes, qualifiant ces dernières de timides.

Le président de la Commission, José Manuel Barroso, n’a pas contesté cette déclaration. Manifestement, notre plan de relance ne peut pas ressembler à celui des Etats-Unis, a-t-il indiqué. 

Selon lui, cette situation découle du fait que l’UE compte 27 Etats membres, dont certains sont membres de l’eurozone alors que d’autres ne le sont pas. Il a fait en outre remarquer que certains pays traversent une période de grave récession ; que d’autres ont des niveaux de croissance positifs ; que d’autres encore reçoivent des fonds, notamment de l’UE, dans le cadre de plans d’urgence. Du point de vue politique, mais également intellectuel, il n’est selon lui pas facile de proposer un programme commun couvrant 27 scénarios différents. Mais malgré cela, il considère que les résultats atteints jusqu’à présent sont positifs, a-t-il indiqué pour conclure sur une note positive. 

Le président de la Commission a dû toutefois faire face aux critiques selon lesquelles l’UE n’a pas trouvé de moyens suffisants pour répondre à la crise.  Quand le budget de l’UE a été décidé, un certain nombre de pays ont insisté pour que le budget communautaire ne dépasse pas 1 % du PIB de l’UE, a rappelé M. Barroso, recommandant aux députés de s’adresser à leurs gouvernements nationaux pour obtenir des réponses claires à cet égard. 

Le Premier ministre tchèque, Mirek Topolánek, dont le pays détient actuellement la présidence tournante de l’UE, s’est de nouveau prononcé fermement contre tout protectionnisme, attaquant également les plans proposés récemment visant à instaurer des obligations européenne pour stimuler l’économie de l’eurozone en difficulté. Bien que la République tchèque ne soit pas membre de l’eurozone, M. Topolánek a récemment indiqué qu’il souhaitait être le gardien de l’euro (EurActiv 10/02/09). 

M. Topolánek a déclaré aux parlementaires qu’il souhaitait mettre en garde contre l’idée d’émettre des obligations européennes et contre l’émission de toutes nouvelles obligations, car les membres de l’UE se heurteront ensuite à des difficultés de remboursement de leur dette gouvernementale. Selon lui, de telles mesures nuiraient à la stabilité de l’eurozone et pourraient affaiblir l’euro, entraînant des conséquences pour les dix, quinze années à venir. 

Le Premier ministre tchèque a conseillé aux députés de ne pas faire de grandes promesses par rapport aux élections européennes du mois de juin.  Je ne souhaite accuser personne dans cette assemblée, mais en vue des élections européennes, je vous appelle à la prudence par rapport à ce que vous promettez aux citoyens, a-t-il déclaré. Vous ne pouvez pas dire aux gens que leur niveau de vie s’améliorera après les élections, a-t-il conclu. 

Réactions : 

Mirek Topolánek, Premier ministre tchèque, a déclaré que « la question clé est naturellement de savoir où trouver l’argent pour financer les mesures de lutte contre la crise. Aujourd’hui déjà nous constatons que non seulement les petits États, mais aussi les grands ont des difficultés. Les valeurs mobilières étatiques sont dévalorisées, leur prix baisse de même que l’intérêt qu’elles suscitent. Les gouvernements ne sont donc plus capables de trouver des liquidités ». Selon lui, toute faveur accordée à un secteur du pays constitue une trahison des principes communautaires. 

« Il est manifeste qu’il n’est pas en notre pouvoir de mettre un terme à la crise économique mondiale. En revanche nous avons tout à fait la possibilité, dans le cadre d’une démarche coordonnée, déterminée et en même temps réfléchie, d’en limiter les conséquences et d’éviter qu’elle se prolonge sur de nombreuses années, comme dans les années 1930. Si nous en avons les moyens, nous en avons aussi la responsabilité ».

Penser que nous pouvons résoudre la crise est un mythe, une absurdité, nous sommes là pour éradiquer les effets de la crise et pour stimuler la croissance à l’avenir, a-t-il souligné. 

Il rejette toute approche non économique de la crise et ne pense pas que les responsables politiques puissent prétendre imposer leur volonté à la crise, au risque de l’exacerber. 

Le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, a déclaré que des principes fondamentaux devraient guider l’action de l’UE. Dans l’économie sociale de marché, on est en faveur du marché, mais le marché doit également être au service des personnes, a-t-il souligné. De plus, le marché a une fonction sociale, consacrée dans le traité de Lisbonne, et c’est ce dont nous avons besoin pour trouver une réponse, a ajouté M. Pöttering.

Selon lui, commencer à prendre des mesures protectionnistes au sein de l’UE reviendrait à détruire le marché unique que l’Europe a construit, ce qui serait le début de la catastrophe.  

A propos de la monnaie unique européenne, il estime que si elle n’existait pas, l’UE devrait à l’heure actuelle faire face à des difficultés encore plus importantes. Il considère que l’UE doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour maintenir la stabilité de la monnaie européenne. Il faut selon lui éviter cette tendance à vouloir recourir à toujours plus d’emprunts et à augmenter toujours plus les déficits, mesures qui affaibliraient la monnaie unique.

Contexte : 

Des parlementaires des 27 Etats membres ont participé à un débat intitulé «Un new deal pour la relance de l'économie européenne ? ». Il s’agit de la première rencontre sous la présidence tchèque qui a réuni des députés des Etats membres et des responsables de haut niveau des institutions européennes. 

L’évènement était co-présidé par le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, le président du Sénat tchèque, Přemysl Sobotka, et le président tchèque de la Chambre des députés, Miloslav Vlček.

M. Pöttering a appelé les parlementaires tchèques à participer massivement au vote sur la ratification du traité de Lisbonne qui doit avoir lieu aujourd’hui à la Chambre basse du Parlement national. Le Sénat tchèque devrait se prononcer ultérieurement, à une date qui n’est pas encore connue. 

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