Les membres des Parlements nationaux ont accusé les leaders européens de ne pas en faire assez pour contrer la crise économique mondiale. Pierre Lequiller, membre de l’Assemblée nationale française, a souligné qu’il était difficile de respecter les mesures européennes visant à répondre à la crise, et que celles prises au niveau national ne sont pas harmonisées.
M. Lequiller a également comparé les mesures de relances audacieuses que le président Barack Obama a fait voter à la législature américaine moins d’un mois après son entrée en fonction aux réponses européennes, qualifiant ces dernières de timides.
Le président de la Commission, José Manuel Barroso, n’a pas contesté cette déclaration. Manifestement, notre plan de relance ne peut pas ressembler à celui des Etats-Unis, a-t-il indiqué.
Selon lui, cette situation découle du fait que l’UE compte 27 Etats membres, dont certains sont membres de l’eurozone alors que d’autres ne le sont pas. Il a fait en outre remarquer que certains pays traversent une période de grave récession ; que d’autres ont des niveaux de croissance positifs ; que d’autres encore reçoivent des fonds, notamment de l’UE, dans le cadre de plans d’urgence. Du point de vue politique, mais également intellectuel, il n’est selon lui pas facile de proposer un programme commun couvrant 27 scénarios différents. Mais malgré cela, il considère que les résultats atteints jusqu’à présent sont positifs, a-t-il indiqué pour conclure sur une note positive.
Le président de la Commission a dû toutefois faire face aux critiques selon lesquelles l’UE n’a pas trouvé de moyens suffisants pour répondre à la crise. Quand le budget de l’UE a été décidé, un certain nombre de pays ont insisté pour que le budget communautaire ne dépasse pas 1 % du PIB de l’UE, a rappelé M. Barroso, recommandant aux députés de s’adresser à leurs gouvernements nationaux pour obtenir des réponses claires à cet égard.
Le Premier ministre tchèque, Mirek Topolánek, dont le pays détient actuellement la présidence tournante de l’UE, s’est de nouveau prononcé fermement contre tout protectionnisme, attaquant également les plans proposés récemment visant à instaurer des obligations européenne pour stimuler l’économie de l’eurozone en difficulté. Bien que la République tchèque ne soit pas membre de l’eurozone, M. Topolánek a récemment indiqué qu’il souhaitait être le gardien de l’euro (EurActiv 10/02/09).
M. Topolánek a déclaré aux parlementaires qu’il souhaitait mettre en garde contre l’idée d’émettre des obligations européennes et contre l’émission de toutes nouvelles obligations, car les membres de l’UE se heurteront ensuite à des difficultés de remboursement de leur dette gouvernementale. Selon lui, de telles mesures nuiraient à la stabilité de l’eurozone et pourraient affaiblir l’euro, entraînant des conséquences pour les dix, quinze années à venir.
Le Premier ministre tchèque a conseillé aux députés de ne pas faire de grandes promesses par rapport aux élections européennes du mois de juin. Je ne souhaite accuser personne dans cette assemblée, mais en vue des élections européennes, je vous appelle à la prudence par rapport à ce que vous promettez aux citoyens, a-t-il déclaré. Vous ne pouvez pas dire aux gens que leur niveau de vie s’améliorera après les élections, a-t-il conclu.



