L'accord conclu jeudi avait été rédigé par la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy et par la suite soutenu lors d’une rencontre extraordinaire des dirigeants des 16 pays de l'UE qui partagent l'euro.
L'accord a été conclu lors d'une réunion de deux jours des chefs d'Etats et de gouvernements de l'UE à Bruxelles, qui continue aujourd'hui (26 mars), et rassemble les dirigeants des 27 pays du bloc.
Aucun chiffre ne figure dans le texte du compromis de l'UE mais plusieurs sources diplomatiques ont dit que l'aide financière serait d'environ 22 milliards d'euros.
Des demandes contradictoires
Confrontés à la possibilité de voir un membre de la zone euro ne pas être capable payer ses dettes, les dirigeants ont été appelés à trouver un compromis au milieu de demandes parfois contradictoires.
En amont des élections régionales de mai, Mme Merkel devait montrer aux contribuables que son pays refuserait de financer l'indiscipline budgétaire de la Grèce. Les sondages en Allemagne montrent que les électeurs sont vigoureusement contre ce type d'aide.
De l'autre côté, la majorité des pays de la zone euro et la Commission européenne ont insisté sur le fait que le bloc avait besoin de montrer sa capacité à résoudre ses propres problèmes. Se tourner massivement vers le FMI – dont la principale source de financement est Washington – pour résoudre un problème interne aurait porté préjudice à l'image du bloc et dévoilé ses déficiences aux marchés financiers mondiaux.
A le demande de Mme Merkel, le compromis envisage un soutien financier de la part du FMI, mais prévoit également que les pays de la zone euro procurent la majorité des emprunts, montrant ainsi leur rôle de première importance pour secourir un membre du bloc.
Les membres de la zone euro devraient contribuer à hauteur d'environ 2/3 de la totalité de l'engagement financier, laissant le dernier tiers au FMI, d'après Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe.
L'Allemagne conserve son droit de veto
Dans le compromis final, l'Allemagne s'est assurée d'insister sur le fait que le mécanisme ne devait être activé qu'en dernier ressort, si les marchés financiers ne suffisent pas.
Pour activer le mécanisme, la Grèce doit prouver que les taux qu'elle peut obtenir sur les marchés pour rembourser sa dette sont trop élevés. Dans cette circonstance seulement Athènes peut demander le soutien de la zone euro, explique un porte-parole du Conseil.
L'Allemagne a réussi à se voir accorder une autre concession en s'assurant que toute décision pour déclencher le mécanisme devrait être décidée à l'unanimité parmi les 16 membres de la zone euro. Le bloc conviendra aussi de manière conjointe du taux d'intérêt pour les emprunts qui pourraient être offerts à la Grèce ou d'autres candidats potentiels.
Plus importantencore, cela permettra de s'assurer que Berlin maintient son veto sur tout pays qui candidate pour ce financement. Le Portugal, qui a vu son taux de dette souveraine se dégrader par l'agence Fitch, a donc été prévenu.
Contribution clé
L'accord franco-allemand a également mis en avant que la contribution de chaque membre de la zone euro au mécanisme devait être définie sur la base de leur capital clé respectif à la banque centrale européenne. Cela sous entend que les nations les plus riches contribueront plus, l'Allemagne et la France payant la plus grande part dans le fonds.
Dans le cadre d'une autre concession offerte à la sévère attitude de l'Allemagne, le taux d'intérêt offert à la Grèce ne devra pas être trop favorable, du fait que son objectif premier est d'encourager Athènes à retourner sur le marché financier le plus vite possible.
L'objectif de ce mécanisme ne sera pas d'apporter un financement aux taux d'intérêts moyens de l'euro, mais d'encourager à retourner sur le marché financier le plus rapidement possible en évaluant le prix adéquat du risque, explique le texte.
Afin de faire face aux problèmes futurs – et une fois encore à la demande de l'Allemagne – les dirigeants de la zone euro ont également donné pour consigne à Herman Van Rompuy, le président du Conseil de l'UE, de présider un groupe de travail dont la tâche est de proposer des changements au Pacte de stabilité et de croissance.
Les propositions devraient tomber avant la fin de l'année.




