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Les ministres de la zone euro élaborent un plan de renflouage de la Grèce

Publié 16 mars 2010 - Mis à jour 17 mars 2010
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Les ministres des Finances des 16 pays de la zone euro se sont mis d'accord lundi (15 mars) sur la mobilisation d'une aide financière rapide pour la Grèce si besoin est, sans pour autant dévoiler si les modalités pratiques de ce plan pour le pays criblé de dettes pourraient fonctionner.

Après des discussions à Bruxelles, les ministres ont publié une déclaration selon laquelle ils avaient conclu les modalités de ce qui serait le premier sauvetage de l'histoire de l'union monétaire, qui a donné naissance à l'euro en 1999.

L’Eurogroupe a clarifié les modalités techniques afin de parvenir à une décision sur l'action coordonnée pourrait être activéerapidement en cas de besoin, explique la déclaration.

L'objectif ne serait pas d'apporter des financements aux taux d'intérêts moyens de la zone euro, mais de de garantir la stabilité dans la zone euro toute entière.

Jean-Claude Juncker, premier ministre luxembourgeois et meneur des discussions, a déclaré qu'Athènes n'avait pas demandé d'aide et qu'une telle aide, si elle est déployée, n'impliquerait pas de garantie de prêt, une option qui a été discutée en amont du rassemblement à Bruxelles.

Nous pensons que la question [de l'aide pour la Grèce] ne se posera pas, a dit M. Juncker lors d'une conférence de presse.

Si Athènes le demande, M. Juncker a affirmé que l'aide viendrait sous la forme d'un prêt bilatéral des 16 membres de la zone euro et pas des pays individuellement, comme suggéré auparavant.

Il a indiqué qu'un groupe de travail avait été instauré pour rédiger un projet d'aide qui sera proposé pour approbation aux dirigeants de l'UE lors d'une rencontre à venir. Un sommet régulier de l'UE est prévu les 25 et 26 mars à Bruxelles.

L'UE satisfaite du plan d'austérité de la Grèce

Le commissaire européen aux Affaires monétaires, Olli Rehn, a déclaré que la Grèce avait consenti à des actions audacieuses pour réduire son déficit et gérer une dette dont la valeur est supérieure au rendement économiquedu pays.

M. Rehn et M. Juncker ont fixé les termes de la déclaration et ont écarté la question de la somme d'argent qui serait nécessaire et celle du contenu des modalités techniques.

Le ministre des finances autrichien, Josef Proell, a affirmé lundi que les discussions ne s'attardaient pas sur le montant d'argent qu'il faut garder en stand-by.

Aujourd'hui, nous n'avons pas parlé du tout des sommes, a-t-il confié.

La Grèce a dévoilé ce mois-ci des mesures d'austérité supplémentaires pour faire tomber son déficit de 12,7 à 8,7 % du PIB. Elles comprennent des coupes dans le secteur public et des hausses des taxes. Une enquête publiée dimanche a montré que la plupart des Grecs considèrent ces mesures comme une avancée positive (EurActiv 04/03/10).

Les mesures et le soutien verbal de l'eurozone ont aidé à soulager la bonification que la Grèce doit offrir aux obligations allemandes alors qu’elle cherche à refinancer environ 20 milliards d'euros de dette qui doivent être remboursés en avril et en mai.

Toutefois, cette bonification reste instable, selon les analystes, et les législateurs regardent ce qui pourrait être fait pour isoler Athènes des turbulences du marché et du risque de défaut de paiement qui a touché l'euro.

Pas de détails

La ministre française de l'économie Christine Lagarde a affirmé que le but de la rencontre était de s’accorder sur les modalités techniques du plan qui serait mis en ouvre si le besoin s'en ressentait, c'est-à-dire si les marchés ne comprennent pas la réalité et la profondeur des plans d'austérité.

Aujourd'hui, aucun mécanisme n’est nécessaire, a-t-elle dit. Nous avons indiqué que l'examen des modalités techniques était un travail d'anticipation mais il n'y a pas lieu d'anticiper sa mise en œuvre. Je ne rentrerai donc pas dans les détails techniques.

Le ministre des finances néerlandais Jan Kees De Jager a dit que toute aide serait accompagnée de conditions strictes du type de celles qui de FMI applique lorsqu'il vient secourir des pays en difficultés.

Si nous parlons de mesures, par exemple pour les prêts, elles suivront le même type de méthodologie que le FMI, a-t-il affirmé.

L'Allemagne, la plus grosse économie d'Europe, et le pays qui serait le pilier de tout support, est réticente à renflouer la Grèce et par-dessus tout à se précipiter dans quoique ce soit avant qu'Athènes ne montre sa la volonté de franchir les étapes nécessaires pour réparer ses finances. Les prix du marché pour la dette grecque se sont élevés au départ à cause des espoirs de voir la rencontre des ministres déboucher sur un engagement plus détaillé, mais les analystes ont dit qu'un échec à ce stade pourraitentraîner une hausse des ventes..

Officiellement, la décision finale sur l'aide pour la Grèce appartiendrait aux dirigeants si on en arrive là, a dit M. Juncker.

(EurActiv avec Reuters. Artricle traduit de l'anglais par EurActiv.)

Prochaines étapes : 
  • 16 mars : La Grèce doit remettre son calendrier de mise en œuvre des mesures budgétaires pour 2010.
  • 25-26 mars : Les dirigeants de l'UE se rencontrent à Bruxelles.
  • D'ici le 15 mai : La Grèce doit exposer les mesures prises pour réduire les déficits.
  • Des rapports trimestriels devront ensuite être rendus.
Jean-Claude Juncker
Contexte : 

La Grèce est assise sur une montagne de dettes, qui devrait se monter à 290 milliards d'euros cette année. Le coût des échéances de remboursement de cette dette a augmenté alors que les marchés obligataires ont puni la Grèce pour son extravagance financière, augmentant les intérêts.

Le coût de remboursement de la dette a fortement augmenté, ce qui a touché la devise européenne et déclencher la spéculation des marchés sur un éventuel plan de renflouage (EurActiv 04/02/10).

En février, la Commission européenne a accepté un plan grec visant à réduire son déficit budgétaire en dessous du plafond européen de 3 % d'ici fin 2012, mais elle a insisté pour que des mesures de surveillance soient prises pour que le plan soit efficacement appliqué (EurActiv 03/02/10).

Les dirigeants européens ont souhaité motiver la Grèce avec des mots de soutien lors d'un sommet du 11 février, mais ils ne sont pas parvenus à offrir de propositions concrètes pour aider le pays, citant des raisons stratégiques (EurActiv 11/02/10).

Le 3 mars, la Grèce a dévoilé un programme d'austérité draconien de 4,8 milliards d'euros, ciblant les fonctionnaires, les riches et l'Eglise, une action qui vise à garantir l'aide européenne pour l’aider à supporter la charge de sa dette (EurActiv 04/03/10).

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