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Les Socialistes se lèvent contre les appels de l'UE à abandonner les mesures anti-crise

Publié 18 mars 2010
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La gauche européenne a affirmé que les projets de l'UE de retirer les mesures de relance économique adoptées au moment de la crise financière sont prématurés et pourraient conduire à un sursaut du chômage. Mais en réalité, les élections régionales allemandes pourraient expliquer cette position, a appris EurActiv.

Les eurodéputés de centre gauche ont confié à EurActiv que les Etats membres de l'UE avaient perdu le sens des réalités en appelant au retrait des mesures de stimulation anti-crise fin 2010.

Les ministres des Finances de l'UE, lors de leur rencontre à Bruxelles en début de semaine, ont insisté sur l'importance de combiner la coopération sur la réglementation du marché financier avec des principes pour soutenir le retrait coordonné des mesures de court terme dans les marchés du travail et de la production.

Les ministres ont ensuite semblé convenir de la date butoir de décembre 2010 pour ces étapes, prévenant que certains pays de l'UE souhaitaient étendre leurs mesures temporaires au-delà de 2010.

Le Conseil appelle les Etats membres à retirer ces mesures le plus tôt possible, selon une déclaration.

L'eurodéputé socialiste britannique Stephen Hughes a déclaré à EurActiv qu'il pensait que de telles étapes pouvaient conduire à une montée importante du chômage. Le problème, selon M. Hugues, c'est que les dirigeants européens sont obsédés par l’élaboration de politiques pour l'architecture financière de l'Europe, et ignorent la réalité de ce qui va se passer s’ils accélèrent les stratégies de sortiede crise.

Ces actions qui visent à une réduction du déficit et à une consolidation fiscale, selon M. Hugues, distraient les ministres des Finances du fait que les mesures à court terme telles que les mesures allemandes ont permis d’éviter le chômage à de nombreux travailleurs.

Si on les retire, le niveau de chômage, qui devrait augmenter de 23 millions actuellement à 25 millions, pourrait être encore plus élevé, a-t-il soutenu. Un meilleur équilibre entre le timing des stratégies de sortie et le combat des déficits de l'UE doit être trouvé, a-t-il conclu.

Merkel reste silencieuse jusqu'aux élections de mai

En privé, de nombreux hommes politiques socialistes pensent que la force conductrice derrière ce développement est la chancelière allemande Angela Merkel, qui, selon eux, souhaite accélérer le relâchement des mesures anti-crise allemandes, qui sont coûteuses, telles que le système de semaine courte de travail, dans le but de combattre le déficit croissant de son pays.

Cependant, les experts contactés par EurActiv ont mis ces déclarations sur le dos de la spéculation. L'économiste allemand Jakob Von Weizsäcker de l’influant think-tank économique bruxellois Bruegel a affirmé à EurActiv que Mme Merkel était délibérément réservée quant à ses intentions jusqu'aux élections régionales clefs du mois de mai.

Le vote de la Rhénanie-du-Nord – Westphalie pourrait être crucial pour le gouvernement de coalition fédéral de centre droit d'Allemagne, qui gouverne aussi actuellement cette région clef. Si la coalition perdait en Rhénanie, elle perdrait aussi sa majorité au sein du Bundesrat, la deuxième chambre allemande.

Face à l’imminence de programmes d'austérité sévères avec un budget d’économie, Mme Merkel doit avancer en terrain miné pour atteindre ses ambitions personnelles et ne pas se mettre à dos l'opinion publique allemande, en particulier dans cettepuissante région industrielle, a-t-il argué.

Il y a un grand degré d'ambiguïté quant à savoir quelles mesures concrètes seront prises jusqu'à ce que les élections de mai soient terminées, a-t-il conclu.

Prochaines étapes : 
  • 9 mai 2010 : Elections régionales dans la Rhénanie-du-Nord – Westphalie.

    .
Contexte : 

Pour combattre la crise économique sans précédent, les gouvernements du monde entier ont dépensé des centaines de milliards de dollars dans des paquets de stimulation économique afin de lutter contre la récession, menant à un débat sur la manière au final de démanteler ce soutien.

Supprimer les mesures de stimulation trop tôt pourrait conduire à une nouvelle chute de l'économie, alors que les laisser en place trop longtemps risquerait de mener à des pressions inflationnistes. C'est la raison pour laquelle le besoin de coordonner les stratégies de sortie figure en haut de l'agenda des dirigeants de l'UE et des ministres des Finances depuis fin 2009.

La Commission européenne a indiqué que ses prévisions montraient que la reprise se renforçait et l'autosuffisance et la réduction des déficits dans tous les pays de l'UE devraient commencer en 2011 au plus tard (EurActiv 04/11/09).

Lors d'une rencontre fin 2009, les ministres des finances de l'UE ont convenu d'un plan pour une stratégie de sortie coordonnée des paquets de stimulation expansionnistes mais ne se sont pas accordés sur une date pour sa mise en œuvre (EurActiv 02/10/09).

D'après la stratégie UE 2020 pour la croissance économique, pour la plupart des pays, la consolidation fiscale devrait débuter en 2011.

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