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Mesures d'austérité : le FMI mets la zone euro en garde contre les effets négatifs

Publié 22 juillet 2010
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austerity debt ECB euro IMF
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L'actuel mouvement de réduction de la dette du gouvernement et des dépenses dans la zone euro pourrait réduire la croissance économique de la région dans les années à venir, a affirmé le Fonds monétaire international hier (21 juillet).

Le département européen du FMI a publié un rapport sur la zone euro suite à des discussions avec la Commission européenne et la Banque centrale européenne.

Le FMI estime que de nouvelles difficultés ne sont pas à exclure, que le net repli de l'euro depuis le début de l'année l'a ramené à un niveau à peu près conforme à ses fondamentaux et que les taux extrêmement bas de la BCE devraient rester en place pour soutenir la reprise.

La confiance affaiblie et les mesures d'austérité - qui se sont aggravés dans certaines parties de la zone euro - seront seulement partiellement compensées par la récente dépréciation de l'euro.

La zone euro pourrait également subir une crise du crédit, les Etats les plus endettés, comme la Grèce, l'Italie, le Portugal et l'Espagne, étant les plus en danger compte tenu du nombre de personnes travaillant dans des PME, qui pourraient connaître des difficultés pour emprunter.

"L'offre restreinte de crédit bancaire pourrait peser lourdement sur la reprise économique de la zone euro", prévient le rapport du FMI.

Les réductions des dépenses publiques dans la région pour résoudre les problèmes d'endettement des pays pourraient également peser sur la croissance. Même en cas de remontée du moral des agents économiques, la consommation privée "ne devrait pas contribuer de manière importante à la croissance avant fin 2011."

Dans les pays où la crédibilité budgétaire est remise en question, les réductions budgétaires prématurées atténueraient inévitablement la demande sur le court terme, ajoute le rapport.

Les effets de la crise sur la dette souveraine constituent le plus grand danger.

Le FMI avertit qu'un "net ralentissement de la croissance aura lieu au second semestre de 2010", si la récente dégradation du moral des chefs entreprises se poursuit, alors que"la reprise naissante, principalement tirée par la demande extérieure, pourrait être ralentie à court terme par les tensions de marché liées au risque souverain."

Des efforts supplémentaires pour stabiliser l'euro

Il existait également des risques pour l'euro, qui a plongé de 16 % sur une base pondérée en fonction des échanges internationaux depuis le début de l'année, jusqu'au 1er juillet, date à laquelle les données ont cessé d'être prises en compte.

"Si les risques baissiers venaient à se matérialiser les conséquences pourraient être difficiles, menaçant ainsi la reprise mondiale, durcissant de manière importante les conditions financières et entraînant une dépréciation substantielle de l'euro."

Les Etats pourraient en outre devoir prendre de nouvelles mesures pour réduire leur dette.

Les représentants du FMI "sont d'accord sur le fait que la position de la politique monétaire (de la BCE) peut continuer de soutenir (l'économie)". Le Fonds estime que la BCE pourra reprendre ses projets d'arrêt progressif de ses mesures de soutien le moment venu.

Toutefois, durcir les garanties mutuelles sera difficile et il faudrait attendre la fin de la crise de la zone euro.

A plus long terme, le dispositif de garanties pourrait avoir besoin d'être révise afin de traiter les questions de qualité du bilan de la BCE, a-t-il ajouté.

(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EurActiv.)

Contexte : 

Les pays de l'UE frappés par la crise ont adopté des mesures d'austérité très impopulaires, qui dans le cas de la Grèce ont déclenché de violentes manifestations (EurActiv 05/05/10).

Alors que les critiques spéculatives sur la devise de l'euro ont continué à se déchaîner, d'autres pays ont continué à suivre cette voie. En mai, l'Italie a approuvé des mesures d'austérité qui devraient réduire le déficit budgétaire de 24 milliards d'euros sur deux ans (EurActiv 25/05/10).

L'Espagne, pays qui occupait la présidence tournante de l'UE, est parvenue à s'assurer le soutien du parlement pour son plan de rigueur, d'une valeur de 15 milliards d'euros, après un vote unique le 27 mai (EurActiv 28/05/10).

En juin, l'Allemagne a annoncé un paquet de réductions budgétaires et d'impôts d'une valeur de 80 milliards d'euros visant à remettre le déficit structurel de la plus grande économie d'Europe dans les limites de l'UE d'ici 2013.

Auparavant, le Royaume-Uni, qui ne fait pas partie de la zone euro, a annoncé une réduction de 6,2 milliards de livres (7 milliards d'euros) de réductions budgétaires afin de diminuer son déficit, qui est de 11,5 % du PIB, soit presque quatre fois la limite de l'UE

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