Sections
Mini Sections
Le président français Nicolas Sarkozy a appelé les pays à se joindre à une révolution en recourant à de nouveaux instruments de mesure de la prospérité économique, avec un accent plus important mis sur l’environnement, tout en répétant ses appels à la réforme avant le sommet des chefs du Groupe des 20, la semaine prochaine.
S’exprimant lors du lancement d’un rapport coordonné par le Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz, sur les nouveaux moyens d’enregistrer les performances économiques, M. Sarkozy a déclaré qu’il demanderait à l’INSEE (l’office des statistiques français) d’adopter ses recommandations.
La France mettra ce rapport au programme de toutes les rencontres internationales, a-t-il dit, ajoutant qu’il allait se battre pour que toutes les organisations internationales modifient leurs systèmes statistiques sur la base des recommandations de la commission.
M. Sarkozy a été l’une des voix les plus fortes appelant à une restructuration du système économique mondial, avec des contrôles plus sévères sur les marchés financiers et des mesures de répression contre les gros bonus, accusés d’entraîner des risques excessifs.
Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds Monétaire International, a déclaré que les bonus seraient une question centrale de l’agenda du sommet des 24 et 25 septembre et qu’il devenait de plus en plus pressant de passer à l’action.
C’est le sujet le plus exposé, en raison de la colère légitime de l’opinion publique face aux bonus, a-t-il dit sur la radio France Info.
Il a dit qu’il s’attendait à ce que les dirigeants optent pour conserver les plans de relance en place malgré les signes de reprise économique.
Le bien-être social mesure mieux la santé économique que ne le fait le PIB
La présentation du rapport Stiglitz, lundi, qui recommande un basculement de la mesure de la production économique à l’évaluation du bien-être social, a donné à M. Sarkozy une opportunité de renouveler ses critiques d’un capitalisme aux marchés débridés.
Derrière ce culte des chiffres, derrière toutes ces représentations statistiques et comptables, se cache également le culte du marché qui a toujours raison, a-t-il déclaré.
Il n’a pas précisé comment les statisticiens de l’INSEE allaient devoir changer leurs données ou s’il proposait de créer un nouvel indicateur à côté du produit intérieur brut.
Le PIB, l’indicateur standard de la performance économique, mesure la production totale de biens et services d’un pays en termes de prix de marché.
Il a été critiqué comme étant un indicateur excessivement étroit qui ignore des facteurs plus larges comme la santé de la population ou les coûts environnementaux des activités comme l’exploitation minière ou la production d’énergie.
Voilà ce que j’appelle le « fétichisme du PIB », de penser qu’un PIB florissant signifie un succès pour l’économie et la société, a déclaré M. Stiglitz. Nous devons améliorer notre mesure du PIB mais nous ne devrions certainement pas prendre le PIB comme une mesure du bien-être, a-t-il dit.
Aucun signe ne laisse penser que la Commission européenne souhaite lancer un nouvel indicateur en complément au PIB.
L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a salué le rapport.
Les ressources économiques ne sont pas les seules chosent qui comptent dans la vie des gens, a déclaré le secrétaire général de l’OCDE Angel Gurria.
Il nous faut de meilleures mesures des attentes et des niveaux de satisfaction des personnes, et de la manière dont ils utilisent leur temps, de leurs relations avec le reste de leur communauté, a-t-il conclu.