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Mettre une annonceLes ministres des Finances des nations industrialisées du G7 se sont engagés à intervenir si nécessaire pour favoriser la stabilité des marchés financiers dans le monde, en avertissant que le ralentissement économique provoqué par la crise américaine du subprime était loin d’être terminé.
Selon le ministre italien de l’Economie Tommaso Padoa-Schioppa, « un climat beaucoup plus porté sur le pessimisme et l’inquiétude » planait sur la réunion des hauts responsables des finances des Etats-Unis, du Japon, de l’Allemagne, de la France, du Royaume-Uni, de l’Italie et du Canada le 9 février.
Même si les sept nations se sont engagées à entreprendre une action coordonnée pour faire face à la menace d’une plus grande dégradation du marché immobilier américain, du durcissement des conditions de crédit dû aux difficultés prolongées des marchés financiers, des prix élevés du pétrole et des produits de base et des attentes importantes de certains pays en terme d’inflation, aucune mesure concrète n’a en fait été présentée lors de la réunion à Tokyo et les ministres ont fait savoir que chaque nation déciderait de ses propres politiques.
« Chaque pays est différent et chaque pays a une situation économique différente », a affirmé Henry Paulson, secrétaire américain au Trésor, dans un effort visant à garantir que l’économie américaine réussirait à éviter une récession. « Je pense que nous allons continuer à croître. Si vous êtes en croissance, vous n'êtes pas en récession, n'est-ce pas? », a-t-il déclaré. Néanmoins, les déclarations du G7 ont reconnu que les risques pesant sur la croissance économique « persistent » aux Etats-Unis et les ministres ont laissé entendre que l’instabilité financière pourrait empirer à l’avenir.
D’après M. Paulson, « il faut s'attendre à une poursuite de la volatilité pendant le processus de réévaluation des risques ».
Peer Steinbrück, le ministre allemand des Finances a également averti que les pertes bancaires dues à la crise hypothécaire américaine pouvaient atteindre 400 milliards de dollars – beaucoup plus que les 120 milliards annoncés jusqu’ici par les banques – empêchant les marchés monétaires de continuer de fonctionner normalement à court terme.
Un rapport publié par le Forum de stabilité financière (FSF) – une organisation créée il y 10 ans pour gérer les conséquences de la crise financière en Asie – a renforcé les prévisions pessimistes, en prévoyant que le monde resterait vulnérable aux crises financières même si les solutions adoptées rendent le fonctionnement des institutions financières plus transparent. Le rapport indique qu’il faut reconnaître la difficulté de prévoir et d’empêcher les crises financières.
Malgré l’absence de solution positive, le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet a souligné que les fondamentaux de l’économie européenne restent sains et que les baisses des taux d’intérêt demandées par des pays comme la France pour empêcher un ralentissement de l’économie ne sont toujours pas justifiées.
Parallèlement, les pays du G7 ont réitéré les appels à la Chine afin qu’elle accélère l’appréciation du yuan qui, selon eux, est sous-évalué et confère un avantage déloyal aux exportateurs chinois.
Selon le communiqué, les taux de change devraient refléter les fondamentaux économiques, même si, pour montrer un front uni, aucune mention n’a été faite de la faiblesse du dollar, malgré les inquiétudes grandissante en Europe concernant la forte hausse de l’euro. D’après Joaquín Almunia, commissaire européen à l’Economie et aux affaires monétaires, l’euro a atteint un niveau considéré comme supérieur au niveau d’équilibre.
Les ministres du G7 ont également appelé les pays producteurs de pétrole à stimuler leur contribution afin de faire face aux prix élevés du brut. Ils ont ajouté qu’en avril, le FSF devrait présenter un rapport sur les causes sous-jacentes aux turbulences financières et contenant des solutions et des actions préventives. Les ministres ont promis d’agir rapidement, suivant ces recommandations.