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Samedi (21 mars), au cours du congrès du parti socialiste hongrois (MSZP), le Premier ministre hongrois, Ferenc Gyurcsány, a annoncé sa démission surprise. M. Gyurcsány, dont la popularité a fortement baissé depuis deux ans, laisse derrière lui un pays affaibli par la crise économique. Reportage d’EurActiv Hongrie.
Ferenc Gyurcsány, homme d’affaires prospère, est devenu Premier ministre de la Hongrie en 2004. Porté par sa réputation de promoteur de l’économie de marché moderne, il a à nouveau remporté les élections en 2006. Depuis 2006, toutefois, il peine à conserver une majorité au parlement, dans un contexte où les conditions économiques ne cessent de se dégrader.
En 2006, une remarque de M. Gyurcsány, qui a été enregistrée, a créé des remous. M. Gyurcsány avait déclaré que son gouvernement n’avait cessé de mentir à propos de l’état de l’économie, et ce uniquement en vue de se maintenir au pouvoir.
Le FMI, l’UE et la Banque mondiale se sont accordés en novembre dernier sur un paquet de relance économique de 25,1 milliards de dollars pour la Hongrie. Il s’agissait du plus important prêt accordé à une économie de marché émergente depuis le début de la crise mondiale.
"Je comprends que je suis un obstacle à la coopération politique nécessaire pour la mise en œuvre des réformes. J'espère être le seul obstacle car je vais l'éliminer", a déclaré M. Gyurcsány aux activistes du MSZP.
Personne ne s’attendait à l’annonce du Premier ministre, pas même les analystes politiques les plus expérimentés.
Les prochaines élections parlementaires sont prévues pour la mi-2010. Au lieu d’organiser des élections anticipées, les législateurs éliront le successeur de M. Gyurcsány le14 avril. Le nouveau Premier ministre aura besoin du soutien de l’opposition de centre-droit.
Des rumeurs ont circulé tout au long du week-end sur l’identité du prochain Premier ministre, mais jusqu’à présent, les socialistes sont restés vagues. Andras Simor, président de la Banque nationale hongroise, fait partie des personnalités évoquées pendant le week-end.
En effet, en pleine crise financière, le MSZP semble rechercher un expert capable de sortir le pays de la débâcle.
Un membre du gouvernement hongrois a déclaré à EurActiv que le nouveau Premier ministre « ne sera pas issu de la sphère politique ». La source a ajouté qu’il « le gouvernement ne sera formé que de professionnels de la politique ».
Toutefois, le nom du candidat socialiste ne sera pas connu avant le 6 avril, c'est-à-dire après la consultation entre les leaders du MSZP.
M. Gyurcsány lui-même n’exclut pas la possibilité d’une coalition plus large, a-t-il déclaré à la télévision nationale hier. Mais le parti de centre-droit Fidesz a rejeté cette option. Les socialistes ont également rejeté le candidat proposé par le Forum démocrate hongrois (MDF), Lajos Bokros, déclarant qu’il ne pouvait pas être pris en considération, dans la mesure où il est déjà candidat aux élections européennes (EurActiv 03/03/09).
Le Fidesz et le MDF font pression pour que des élections anticipées soient tenues en même temps que les élections européennes, le 7 juin, mais il est peu probable qu’ils parviennent à leurs fins.
Parallèlement, le forint, la devise hongroise, a connu une baisse sans précédent face à l’euro.
La démission du Premier ministre fait suite à des décisions similaires en Lettonie, Lituanie et Islande
Le Premier ministre hongrois, 47 ans, n’est pas la première victime politique de l’aggravation de la récession dans les marchés émergents européens.
Le gouvernement letton a démissionné un mois auparavant (EurActiv 27/02/09), à la suite d’émeutes qui ont éclaté en réponse à la contraction de l’économie. L’administration lituanienne, qui a présidé au déclin économique des Etats baltes, a été remerciée aux élections de cet automne.
De même, l’effondrement du gouvernement irlandais a résulté de la crise économique mondiale. Quant à la Belgique, elle a également élu un nouveau gouvernement depuis le début de la crise en Europe. Toutefois, dans ce dernier cas, le contexte était plus complexe.
La décision du Premier ministre hongrois de quitter sa fonction est une mauvaise nouvelle pour Moscou, peut-on lire dans le quotidien russe Kommersant. Parmi les dirigeants européens, M. Gyurcsány est le plus grand partisan du projet de gazoduc South Stream (qui a la préférence de Gazprom), a indiqué le quotidien. Si le soutien pour South Stream diminue dans l’UE, il serait d’autant plus difficile de réaliser le projet, selon le journal.