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30 novembre 2009
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Relance européenne : la France et l'Allemagne ne parviennent pas à s’entendre [FR][en][de

Publié: mardi 25 novembre 2008   

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy ont écarté l’idée de réductions d’impôts communes lors d'une réunion d’hier 24 novembre. La situation met en exergue les difficultés rencontrées par l’Europe dans la recherche d'une réponse coordonnée à la récession. Un plan de relance doit être dévoilé demain 26 novembre par la Commission européenne. 

Contexte:

En réunion le 7 novembre à Bruxelles, les dirigeants européens ont convergé sur la nécessité de voir plus loin que la crise financière et de prendre des mesures pour répondre à la conjoncture économique qui va en s’aggravant (EurActiv 7/11/08).

La Commission européenne a été mandatée pour soumettre une proposition dans ce sens avant le prochain sommet européen des 11 et 12 décembre. 

Le 14 novembre, les 15 Etats membres de la zone euro sont officiellement entrés en récession, enregistrant une baisse de 0,2 % de leur produit intérieur brut (PIB) pour le deuxième trimestre consécutif (EurActiv 14/11/08).

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Autres articles:

En réunion lundi 24 novembre, Mme Merkel et M. Sarkozy ont écarté l’idée d’une réduction coordonnée de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) semblable à celle annoncée par la Grande-Bretagne.

Lundi, le ministre britannique des Finances Alistair Darling a annoncé une réduction de 2,5 % de la TVA (de 17,5 % à 15 %) dans le cadre d’un plan de relance plus vaste incluant également des impôts plus élevés pour les couches les plus aisées de la population.

Toutefois, Mme Merkel et M. Sarkozy ont affirmé que de telles mesures ne correspondaient pas à la France et à l’Allemagne. « Une baisse générale de la TVA, qui est peut-être la réponse pour certains pays, n'est pas la bonne réponse pour la France et l'Allemagne », a déclaré Mme Merkel au sortir de la réunion.
Mais alors que les deux dirigeants sont tombés d’accord sur la TVA, M. Sarkozy n’est pas parvenu à convaincre la chancelière allemande d’accepter un plan de relance plus poussé. Mme Merkel a en effet adopté une approche attentiste, indiquant que l’Allemagne réviserait la situation en janvier.

Elle a signalé qu’il faudrait d’abord examiner l’ensemble des effets du plan de 32 milliards d’euros annoncé plus tôt ce mois-ci avant de pouvoir décider de toute autre mesure.

M. Sarkozy, qui a poussé l’Allemagne à agir davantage pour relancer l’économie, a laissé paraître son irritation. A propos de la stimulation économique, il a déclaré que « la France y travaille, l'Allemagne y réfléchit ». 

Plan de relance européen

La confrontation a souligné les difficultés dans la coordination des politiques économiques au niveau européen. Mercredi 26 novembre, la Commission européenne doit présenter un plan de relance. 

Alors que les détails du plan sont sur point d’être dévoilés, il a été annoncé que celui-ci inclura des mesures visant à stimuler les investissements dans les technologies propres ainsi que de plus grandes mobilisations de fonds européens pour soutenir les régions européennes. 

Le plan inclura une proposition pour une mesure de relance budgétaire, selon laquelle les Etats membres prendraient des mesures adaptées à leur propre situation économique. C’est ce qu’a indiqué une déclaration publiée sur le site Internet de la Commission. 

Le plan prévoit également des mesures pour accélérer l’agenda de l’UE en matière de changement climatique par le biais d’investissements dans l’efficacité énergétique ainsi que dans les technologies propres et la création d’emplois stables. 

La semaine dernière, Michael Glos, le ministre allemand de l’Economie, a déclaré que le paquet européen devrait impliquer des contributions de chaque Etat membre à hauteur d’environ 1 % de leur produit intérieur brut (PIB), ce qui représenterait un total de 130 milliards d’euros. 

S’exprimant devant le Parlement européenne la semaine dernière, Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire d’Etat français chargé des Affaires européennes, a mentionné en particulier le secteur automobile, indiquant que celui-ci pourrait tirer profit du plan de relance européen. « Des mesures ciblées et temporaires de soutien aux producteurs européens pourraient s'avérer utiles, notamment pour améliorer encore les performances technologiques et écologiques du parc européen », a-t-il ajouté. 
Une décision sur les détails et le montant du paquet sera prise par les chefs d’Etat et de gouvernement lors d’un sommet à Bruxelles les 11-12 décembre. 

Positions:

BusinessEurope, l’organisation représentant les employeurs européens, a déclaré qu’elle saluait les principes d’un plan de relance européen qui mobilise les ressources financières de l’UE pour soutenir des projets d’infrastructure, la recherche, l’innovation et l’adaptabilité tout en renforçant la coordination des mesures nationales en matière d’économie. Selon BusinessEurope, le Conseil compétitivité doit appuyer ces mesures en accélèrent le travail dans le domaine de la R&D et de l’innovation pour renforcer la compétitivité des économies européennes. 

S’exprimant sur Eurointelligence, un blog économique, Wolfgang Münchau se demande si l’Allemagne boycotte une réponse européenne à la récession. Il indique que le sommet s’est mal déroulé. Selon lui, ce n’est pas étonnant car Angela Merkel semble apprécier son rôle de « Madame Non », un sobriquet qui lui a été attribué par les Français en référence à Mme Thatcher.

Prochaines étapes:

  • 26 nov. 2008 : la Commission européenne doit présenter un plan de relance, comprenant des prêts pour le secteur automobile. 
  • 11-12 déc. 2008 : le sommet européen doit décider des objectifs et des détails sur le paquet.

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