En réunion lundi 24 novembre, Mme Merkel et M. Sarkozy ont écarté l’idée d’une réduction coordonnée de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) semblable à celle annoncée par la Grande-Bretagne.
Lundi, le ministre britannique des Finances Alistair Darling a annoncé une réduction de 2,5 % de la TVA (de 17,5 % à 15 %) dans le cadre d’un plan de relance plus vaste incluant également des impôts plus élevés pour les couches les plus aisées de la population.
Toutefois, Mme Merkel et M. Sarkozy ont affirmé que de telles mesures ne correspondaient pas à la France et à l’Allemagne. « Une baisse générale de la TVA, qui est peut-être la réponse pour certains pays, n'est pas la bonne réponse pour la France et l'Allemagne », a déclaré Mme Merkel au sortir de la réunion. Mais alors que les deux dirigeants sont tombés d’accord sur la TVA, M. Sarkozy n’est pas parvenu à convaincre la chancelière allemande d’accepter un plan de relance plus poussé. Mme Merkel a en effet adopté une approche attentiste, indiquant que l’Allemagne réviserait la situation en janvier.
Elle a signalé qu’il faudrait d’abord examiner l’ensemble des effets du plan de 32 milliards d’euros annoncé plus tôt ce mois-ci avant de pouvoir décider de toute autre mesure.
M. Sarkozy, qui a poussé l’Allemagne à agir davantage pour relancer l’économie, a laissé paraître son irritation. A propos de la stimulation économique, il a déclaré que « la France y travaille, l'Allemagne y réfléchit ».
Plan de relance européen
La confrontation a souligné les difficultés dans la coordination des politiques économiques au niveau européen. Mercredi 26 novembre, la Commission européenne doit présenter un plan de relance.
Alors que les détails du plan sont sur point d’être dévoilés, il a été annoncé que celui-ci inclura des mesures visant à stimuler les investissements dans les technologies propres ainsi que de plus grandes mobilisations de fonds européens pour soutenir les régions européennes.
Le plan inclura une proposition pour une mesure de relance budgétaire, selon laquelle les Etats membres prendraient des mesures adaptées à leur propre situation économique. C’est ce qu’a indiqué une déclaration publiée sur le site Internet de la Commission.
Le plan prévoit également des mesures pour accélérer l’agenda de l’UE en matière de changement climatique par le biais d’investissements dans l’efficacité énergétique ainsi que dans les technologies propres et la création d’emplois stables.
La semaine dernière, Michael Glos, le ministre allemand de l’Economie, a déclaré que le paquet européen devrait impliquer des contributions de chaque Etat membre à hauteur d’environ 1 % de leur produit intérieur brut (PIB), ce qui représenterait un total de 130 milliards d’euros.
S’exprimant devant le Parlement européenne la semaine dernière, Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire d’Etat français chargé des Affaires européennes, a mentionné en particulier le secteur automobile, indiquant que celui-ci pourrait tirer profit du plan de relance européen. « Des mesures ciblées et temporaires de soutien aux producteurs européens pourraient s'avérer utiles, notamment pour améliorer encore les performances technologiques et écologiques du parc européen », a-t-il ajouté. Une décision sur les détails et le montant du paquet sera prise par les chefs d’Etat et de gouvernement lors d’un sommet à Bruxelles les 11-12 décembre.



