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7 septembre 2008
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Sarkozy renouvelle les critiques de la BCE [FR][en

Publié: lundi 17 septembre 2007   

Le Président français a été vivement critiqué par les banquiers de la Banque centrale européenne ainsi que par les ministres des Finances pour avoir attaqué la BCE concernant la gestion de la crise des marchés financiers internationaux.

Contexte:

Début août, la crise hypothécaire du subprime avait provoqué la chute des marchés financiers du monde. Afin de résister à une éventuelle crise monétaire et de garantir la disponibilité des liquidités pour les opérations d’emprunt à court terme des entreprises, la Banque centrale européenne (BCE) avait injecter massivement des fonds, près de 300 milliards d’euros, dans les marchés financiers européens.

En réponse à la crise qui avait suscité des craintes concernant le ralentissement économique et les pertes d’emploi dans l’UE, la BCE, dont beaucoup attendaient une hausse des taux d’intérêts de 4 à 4,25% afin de limiter l’inflation potentielle causée par une croissance continue dans la zone euro, a également décidé de maintenir les taux d’intérêt inchangés (EurActiv 30/08/07). 

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Après avoir réitéré ses attaques contre la politique monétaire de la BCE et remis en question ses actions destinées à mettre fin à la récente crise financière, le Président français Nicolas Sarkozy a suscité la colère des ministres européens des Finances et des gouverneurs de la Banque centrale, réunis lors d’une réunion informelle les 14 et 15 septembre à Porto afin de discuter des récents développements économiques et financiers.

En s’adressant à la presse le 15 septembre, Sarkozy a déclaré qu’il était « curieux » que la Banque ait injecté des liquidités dans le marché sans baisser les taux d’intérêt. Il a également ajouté qu’une telle politique bénéficierait certainement aux spéculateurs en rendant la vie plus dure aux entrepreneurs. 

Mais la France s’est retrouvée isolée entre ses partenaires européens qui ont non seulement insisté sur l’indépendance de la BCE en soutenant sa gestion de la crise financière, mais se sont aussi retournés contre la France, lui demandant de se concentrer sur ses propres faiblesses économiques.

La situation budgétaire de la France était effectivement l’une des questions à l’ordre du jour de la réunion. Le ministre français des Finances Christine Lagarde a présenté le programme national de stabilité à ses homologues de la zone euro, tout en restant préoccupée par le fait que ses propositions de réforme risquaient de porter le déficit budgétaire français à des niveaux inacceptables.

Malgré les prévisions de croissance à la baisse de la Commission et de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) concernant la France, Christine Lagarde en est restée à son premier plan, présenté au mois juillet par Nicolas Sarkozy, visant à réduire le déficit budgétaire de la France de 2,5 % en 2006 à 2,4 % en 2007.

Joaquín Almunia, commissaire chargé des Finances, et Jean-Claude Juncker, « M. Euro » de l’UE et Premier ministre luxembourgeois, ont déclaré que la France devrait considérablement augmenter ses efforts si elle doit éliminer la dette publique d’ici 2010, comme l’avait promis l’ancien Président Jacques Chirac.

Mais selon Nicolas Sarkozy, il est peu probable que la croissance lente de l’économie française permette d’atteindre cet objectif avant 2012.

Les négociations au Portugal ont conclu que malgré la volatilité actuelle du marché financier, les solides bases macroéconomiques de l’UE laissaient entrevoir de bonnes  perspectives de croissance. Les ministres ont recommandé une révision des règlementations actuelles concernant les marchés financiers tout en rappelant qu’il n’y avait pas d’urgence à imposer de nouvelles règles aux agences de notation de crédit et aux banques.

Positions:

Christine Lagarde, le ministre français des Finances, a défendu son Président en déclarant qu’il avait « tout à fait raison de poser la question des taux d’intérêt. D’autant plus qu’il y a des incertitudes sur les marchés, une volatilité évidente ».

Le Porte-parole de la présidence française a ajouté : « La France n’ordonne rien du tout. La France est respectueuse de l’indépendance de la Banque centrale européenne (…) mais la France ne s’interdit pas de réfléchir et de débattre. » Selon lui, la France ne peut pas la même semaine regarder l’euro atteindre des niveaux records, reconnaître le manque de compétitivité que cela provoque sans pour autant se poser de questions.

Jean-Claude Trichet, le Président de la BCE, a défendu sa décision consistant à maintenir les taux à 4%. Il a déclaré que la BCE défendait le pouvoir d’achat des concitoyens européens en ajoutant que la stabilité des prix est très importante. 

Puis il a souligné que tout le monde sait que la BCE ne facilite pas la situation à ceux qui ne se conduisent pas correctement. La BCE protège au contraire ceux qui agissent de manière appropriée en cas de problèmes ou d’agitations causés par les premiers.

Axel Weber, Président de la Banque centrale allemande, a vivement critiqué le Président français en déclarant que la critique de Nicolas Sarkozy n’avait aucune valeur et qu’il n’avait aucune influence sur la BCE.

En ce qui concerne l’état du budget, Jean-Claude Juncker, Premier ministre du Luxembourg a  insisté sur la nécessité d’effectuer des réformes et de consolider le budget pour avancer « main dans la main ». Il a ajouté que le degré d’ambition dont la France fait preuve n’est pas entièrement en accord avec les attentes des partenaires européens. Il estime que la France devra donc travailler davantage pour réduire ses dépenses publiques.

François Hollande, le leader français de l’opposition, a accusé Nicolas Sarkozy de rendre Bruxelles responsable de ses propres erreurs : « comme M. Sarkozy ne veut pas avouer qu’il a fait une faute économique grave avec son paquet fiscal et que la France est aujourd’hui en état de déficit, ce qui est inacceptable pour nos partenaires européens, il s’en prend à d’autres qu’à lui-même (…) vous verrez (…) ce n’est jamais de sa faute, ce n’est jamais lui, c’est toujours les autres. » a-t-il déclaré. 

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