Le sommet, qui s’ouvre aujourd’hui à Bruxelles, doit discuter du paquet de 200 milliards d’euros (environ 1,5 % du PIB de l’UE) proposé par la Commission européenne (EurActiv 27/11/08).
Mais les principales locomotives économiques de l’Union ont jusqu’ici affiché un appétit modéré à l’égard de l’objectif de 1,5 %. L’Allemagne en particulier a longtemps résisté aux appel à accroître les investissements, estimant que son plan de relance budgétaire existant de 32 milliards d’euros suffirait (EurActiv 3/12/08).
Le projet de conclusions du sommet donne un chiffre de 1,5 % entre parenthèses, indiquant que la taille finale du paquet sera négociée directement entre les dirigeants européens.
Pendant ce temps, une étude du think tank économique Bruegel a fait état de divergences considérables entre les plans nationaux existants des 13 plus grands Etats membres de l’UE. Elle indique que selon les annonces actuelles, la relance budgétaire directe à l’échelle européenne atteint 0,6 % du PIB de l’UE d’ici la fin 2009. D’après Bruegel, ce chiffre se situe sensiblement au dessous de l’objectif de 1,5 % du PIB proposé par la Commission.
De leur côté, les dirigeants européens doivent se mettre d’accord sur la nature limitée du plan de relance européen. Les mesures destinées à soutenir la demande doivent viser à produire des effets immédiats, être limitées dans le temps et s’adresser aux secteurs les plus touchés (notamment l’industrie automobile et la construction), indique le projet de conclusions.
La contribution de l’UE également prise en compte
Mais alors que les contributions nationales au plan posent problème, les changements que la Commission souhaite apporter aux propres priorités budgétaires de l’UE suscitent eux aussi des réticences.
Mercredi, à la veille du sommet de l’UE, Bruxelles a proposé de réallouer davantage de fonds européens destinés à l’agriculture afin de soutenir des projets d’infrastructures dans les domaines de l’énergie et de l’Internet à large bande. Cette proposition retirerait les fonds européens de la rubrique deux du budget (préservation et gestion des ressources naturelles, notamment les paiements directs pour soutenir le secteur agricole) pour les réassigner à la rubrique 1A (compétitivité, croissance et emploi).
Présentant la proposition, la commissaire européenne au Budget Dalia Grybauskaitė a indiqué qu’il s’agissait de créer une économie plus compétitive et plus propre en dégageant une enveloppe de 5 milliards d’euros, dont l’Europe a fortement besoin, pour renforcer les interconnexions énergétiques européennes, pour améliorer les infrastructures à large bande et pour aider à stimuler la relance économique dans l’UE.
Mais les pays européens ne savent pas encore très bien comment la Commission a l’intention de dépenser l’argent. Selon des sources diplomatiques, un grand nombre de pays sont mécontents de la vague d’indications données par l’exécutif européen et souhaitent savoir dans quels projets sera investi l’argent, citant les exemples du gazoduc baltique et celui de Nabucco. D’autres Etats membres ont déclaré qu’ils préféreraient que l’argent soit utilisé pour développer des projets d’infrastructures dans le secteur des transports et pas uniquement dans les domaines de l’énergie et de l’Internet à large bande.
Toutefois, les mêmes diplomates ont également admis que la Commission a fait preuve d’intelligence lorsqu’elle a proposé de déplacer les dépenses sur deux exercices budgétaires différents, ce qui signifie qu’il faudra une majorité qualifiée et non plus l’unanimité pour faire passer la proposition. Celle-ci a ainsi plus de chance d’être adoptée. Toutefois, les pays mécontents avec les plans sont suffisamment nombreux pour former une minorité de blocage.



