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Alors que les chefs d’Etat et de gouvernement européens se préparent à se réunir à Bruxelles pour un sommet annuel afin de discuter des engagements européens concernant la réduction de CO2 ainsi que de l’agenda « croissance et emploi », un nouveau rapport met en garde contre les vagues d’immigration provoquées par l’accentuation du changement climatique.
Depuis 2000, lors du lancement de l’ambitieuse stratégie de Lisbonne de l’UE pour la croissance et l’emploi dans un contexte optimiste caractérisé par une croissance économique stable au niveau mondial, la réunion annuelle du conseil européen de printemps ou le Sommet de printemps, ont été l’occasion pour les dirigeants européens de discuter des grandes orientations économiques européennes présentes et futures.
Le sommet de cette année aura lieu les 13 et 14 mars.
Comme dans les années passées, les chefs d’Etat européens devraient aborder les thèmes économiques actuels concernant l’UE et sa stratégie de Lisbonne, relancée en 2005 par José Manuel Barroso, président de la Commission, comme étant une stratégie pour la « croissance et l’emploi ».
Les préoccupations au sujet de la crise des marchés financiers mondiaux, la force de l’euro et les perspectives générales de croissance vont probablement figurer dans l’agenda du Sommet.
On s’attend à ce que les leaders européens adoptent un code volontaire de bonne conduite concernant les fonds souverains malgré les préoccupations liées à l’augmentation des achats étrangers d’actifs stratégiques (EurActiv 28/02/08 ).
Le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel ont indiqué qu’ils proposeraient une série de mesures pour sortir de l’impasse liée aux plans controversés visant à réduire les émissions de CO2 des véhicules (lire notre LinksDossier).
De plus, les positions favorables à l’adoption rapide des propositions controversées sur la libéralisation du marché énergétique (lire notre LinksDossier) pourraient également figurer dans les conclusions. Dans l’idéal, les leaders européens aimeraient parvenir à un accord sur le dossier avant le prochain sommet européen prévu en juin.
Adhérer aux objectifs ?
En plus des préoccupations économiques, les 27 gouvernements de l’Union vont également apporter leur soutien à un engagement ambitieux concernant le changement climatique : réduire les émissions de CO2 de l’UE de 20% d’ici 2020 tout en augmentant la part des énergies renouvelables de 20% pendant la même période.
A l’origine convenus en mars 2007, les engagements « 20-20-20 » ont été traduits en propositions législatives par la Commission le 23 janvier (EurActiv 24/01/08).
Suite à la réaction généralement positive des ministres européens de l’Energie et de l’Environnement, les conclusions finalisées devraient approuver les propositions de la Commission lors du Sommet de printemps. L’UE souhaite que les mesures soient mises au point avant l’arrivée de la nouvelle Commission et du nouveau Parlement en 2009, afin de stimuler la crédibilité de l’UE dans les négociations internationales et de parvenir à un accord mondial sur le changement climatique pour remplacer le protocole de Kyoto qui expirera en 2013.
L’objectif de l’UE de réduire de 20% les émissions de CO2 sera porté à 30% en cas d’accord.
Mais malgré l’approbation du public, le processus consistant à traduire les propositions du 23 janvier en législation devrait être controversé.
Le marchandage et les négociations potentiellement réfractaires pourraient marquer l’année à venir, étant donné le désaccord entre les Etats européens pour déterminer qui devrait fournir les plus gros efforts pour réduire les émissions de CO2 industriel tout en renforçant et en investissant davantage dans la capacité en énergies renouvelables.
De nombreux Etats membres craignent également que l’agenda sur le changement climatique, actuellement discuté à Bruxelles, ne menace la compétitivité de leurs industries. Les discussions concernant le moyen d’empêcher la « fuite de carbone » devraient figurer sur l’agenda du Sommet de printemps (EurActiv 28/02/08).
Le spectre des réfugiés du climat
Même si les prochaines négociations sur le paquet du 23 janvier progressent doucement, certains craignent que les efforts européens, voire internationaux, ne soient pas suffisants pour faire face aux conséquences potentiellement désastreuses d’une augmentation continue de la moyenne des températures atmosphériques terrestres. D’après certains scientifiques des Nations unies, l’activité humaine dans l’industrie, le logement, le transport et l’agriculture est à l’origine de cette hausse.
Selon le International Herald Tribune (IHT) , une nouvelle étude, qui sera publiée et soumise aux dirigeants européens lors du Sommet de printemps, avertit que d’ici 2020, des flux massifs et croissants de réfugiés pourraient bouleverser la capacité de réponse de la communauté internationale, représentant un danger pour la gouvernance mondiale.
L’étude a été mandatée par Javier Solana, le Haut représentant de l’UE pour la politique étrangère et de sécurité commune et secrétaire général du Conseil. Elle dénonce les sécheresses et les pertes de cultures de plus en plus graves, notamment en Afrique du Nord et de l’Ouest, où le changement climatique devrait entraîner la perte de 75% des terres arables d’ici 2050.
D’après le document, cité par l’IHT, la pression migratoire aux frontières de l’UE et l’instabilité politique ainsi que les conflits pourraient être des défis de plus en plus importants à l’avenir.
Parallèlement, les perspectives environnementales 2008 publiées le 5 mars par l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), a révélé qu’à peine plus de 1% de la croissance du PIB mondial sur les 20 prochaines années est nécessaire pour affronter les défis majeurs présentés par le changement climatique et la dégradation de l’environnement.
Selon Angel Gurria , secrétaire général de l’OCDE, il existe des solutions disponibles, réalisable et abordables aux défis environnementaux, notamment quand on les compare aux prévisions de croissance économique et aux coûts et aux conséquences de l’inaction.