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Hier, Jean-Claude Trichet, président de la BCE, a déclaré que, malgré l'importante baisse des taux d’intérêt américains survenue récemment, la Banque centrale européenne resterait concentrée sur la lutte contre l’inflation, sans changer ses taux actuels.
Dans un discours
devant le Parlement européen, Jean-Claude Trichet a affirmé : « lors des périodes difficiles de correction significative sur les marchés et de turbulences, la responsabilité de la banque centrale est d'ancrer solidement les anticipations d'inflation, afin d'éviter davantage de volatilité sur les marchés » déjà extrêmement volatiles.
Le président de la BCE n’a fait aucun commentaire sur la baisse de 0,75 % des taux directeurs, annoncée mardi 22 janvier
par Ben Bernake, président de la Réserve fédérale américaine. Cette réduction est la plus importante en 23 ans et explique l’inquiétude de la Fed concernant les risques de récessions de l’économie américaine.
Le discours de M. Trichet fait partie des facteurs à l’origine de la chute des marchés boursiers européens enregistrée
mercredi. L’indice britannique FTSE-100 a cédé 2,3 % et l’indice allemand Xetra Dax a perdu 4,88 %. En revanche, le dollar reste
fort par rapport à l’euro.
Jean-Claude Trichet a rappelé que sa priorité restait l’économie réelle pour prévenir les risques d’inflation et les turbulences, comme celles provoquées par la crise des crédits hypothécaires qui affecte les Etats-Unis depuis l’été dernier. D’après lui, « nous allons voir comment se développe la situation dans l'économie réelle, dans la mesure où elle se reflète sur les tensions inflationnistes ».
Face à la correction actuelle des marchés, considérée comme particulièrement complexe et pluridimensionnelle, M. Trichet a rappelé que le rôle des institutions financières européennes est de garantir la stabilité financière, tout en contribuant à supprimer les derniers obstacles à l’intégration financière.
A cet effet, a-t-il poursuivi, il faut principalement identifier et réduire au minimum les différences entre les législations nationales, ainsi qu’entre les pratiques et les exigences de surveillance, qui entravent encore le fonctionnement effectif du marché financier unique.
Maintenant son attention sur l’économie réelle, M. Trichet a rappelé que pour assurer une gestion et une résolution efficace de la crise au niveau européen, il est essentiel que toutes les autorités responsables aient une haute capacité de réaction pour gérer la complexité de cette situation de crise transfrontalière, tout en conservant une certaine souplesse nécessaire à l’action.