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L’UE doit assouplir les règles budgétaires pour aider à relancer l’économie [FR]

Publié 26 novembre 2008
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En 2009-2010, les Etats membres bénéficieront d’une flexibilité temporaire par rapport aux règles européennes strictes en matière de déficit budgétaire dans le cadre d’un plan de relance économique consulté par EurActiv. Ce plan doit être dévoilé aujourd’hui (26 novembre) par la Commission européenne. 

Le projet de plan présente une série de mesures budgétaires que les Etats membres pourraient envisager en vue d’accroître la consommation et de stimuler l’économie.

La portée exacte du plan doit encore être déterminée, mais selon toute vraisemblance, le plan représentera au moins 1 % du produit intérieur brut (PIB) de l’UE.

Il sera soumis à l’approbation des dirigeants européens lors de leur sommet des 11 et 12 décembre à Bruxelles.

Les mesures éventuelles renfermées dans le plan comprennent des réductions temporaires de la TVA, des taxes moins importantes sur le travail ou une augmentation des dépenses publiques pour soutenir les ménages à faible revenu et pour stimuler l’investissement dans de grands projets d’infrastructures comme l’énergie. 

Ainsi, la Commission reconnaît que les Etats membres pourraient être forcés à enfreindre la règle des 3 % contenue dans le Pacte de stabilité et de croissance, qui limite le déficit budgétaire des pays de l’UE à un maximum de 3 % de leur PIB.

Mais l’exécutif européen a également souligné que les mesures doivent être rapides, ciblées, temporaires et limitées à deux ans (2009-2010).

Par flexibilité, nous entendons une voie d’ajustement pour revenir aux 3 % qui serait plutôt flexible, a expliqué un responsable de l’UE, ajoutant qu’en indiquant le délai d’ajustement, l’UE tiendra compte des circonstances exceptionnelles de la crise. 

La Commission a également fait savoir que son champ d’action est limité. Le projet de plan souligne en effet que la plupart des leviers politiques économiques, et tout particulièrement ceux qui sont susceptibles de stimuler la demande des consommateurs à court terme, sont entre les mains des Etats membres. 

Il insiste également sur la nécessité de garantir la réversibilité des mesures, qui devraient sans doute creuser les déficits budgétaires sur le court terme. 

Assouplir les règles en matière d’aides d’Etat

Grâce au plan de l’UE, les Etats membres pourront offrir plus facilement des aides directes aux entreprises. Le plan leur offre en effet un cadre temporaire de règles en matière d’aides d’Etat destiné à faciliter l’accès des entreprises à la finance. 

Mais les responsables de l’UE ont indiqué que le soutien direct aux entreprises devrait éviter des retombées négatives en empêchant à certains Etats membres ou entreprises de bénéficier d’un avantage compétitif injuste par rapport aux autres.

Les responsables de l’UE ont insisté sur le fait qu’il est essentiel d’éviter une course aux subventions.

Des aides pour l’industrie automobile

Le plan de la Commission est également destiné à accorder de l’aide au secteur automobile en difficulté. Le plan de relance prévoit un mélange intelligent de régulations, de R&D, d’aides d’Etat et des fonds de l’UE et de la Banque européenne d’investissement (BEI) en vue d’encourager les investissements pour des véhicules plus propres.

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy ont promis de s’engager en faveur des constructeurs automobiles européens en difficulté, à plus forte raison si les Etats-Unis décident de renflouer leurs rivaux américains avec des prêts bonifiés de 25 milliards de dollars, une mesure demandée par les Démocrates. « Nous ne laisserons pas tomber l'industrie automobile », a indiqué M. Sarkozy. 

Réactions : 

Lors d’un discours prononcé mardi 25 novembre à Bruxelles, le président de la Commission José Manuel Barroso a prévenu qu’il fallait soutenir l’économie sur le court terme, mais aussi renforcer le potentiel de croissance sur le long terme. C’est la raison pour laquelle, selon lui, il fait investir dans des facteurs de compétitivité axés sur l’avenir, c’est-à-dire dans des infrastructures allant du domaine énergétique à celui des transports, mais également dans la recherche et l’innovation et dans les technologies propres afin d’encourager la transition vers une économie à faibles émissions de carbone, l’efficacité énergétique et, bien entendu, l’éducation et la formation. 

Dans une lettre conjointe publiée aujourd’hui dans le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), le président français Nicolas Sarkozy et la chancellière allemande Angela Merkel ont demandé plus de flexibilité par rapport au critère de 3 % fixé par le Pacte de stabilité et de croissance. En raison de conditions extraordinaires, quelques pays n’arriveront pas à atteindre le seuil actuel de 3 % fixé pour la dette publique, indique la lettre. Toutefois, les dirigeants sont d’accord avec le fait qu’il faut éviter les conflits politiques internes pour résoudre la crise. 

L’Union européenne de l'artisanat et des petites et moyennes entreprises (UEAPME) a souligné que le plan de relance européen n’aurait pas lieu sans les PME. Sécuriser les finances des PME et faire en sorte que le Small Business Act (SBA) soit une réalité sont en effet des éléments clé dans ce contexte, a indiqué le président de l’Union Georg Toifl. 

Toutefois, il a également mis en garde les Etats membres pour qu’ils n’aillent pas trop loin dans leurs plans de relance, déclarant que les entreprises confrontées à des problèmes structurels évidents ou faisant face à une surcapacité sur le long terme ne doivent pas être renflouées. Utiliser la crise économique comme prétexte pour injecter plus d’argent dans des entreprises improductives serait la pire mesure à prendre à ce stade, a-t-il conclu. 

John Monks, secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), a souligné qu’il était temps d’agir du côté de la demande, préconisant l’utilisation de toutes les formes de flexibilité prévues par la réforme de 2005 du Pacte de stabilité. 

Prochaines étapes : 
  • 26 nov. 2008 : la Commission européenne doit présenter un paquet de relance économique comprenant des prêts au secteur automobile. 
  • 11-12 déc. 2008 : le sommet européen doit décider de la portée et des détails du paquet. 
Contexte : 

En réunion le 7 novembre à Bruxelles, les dirigeants européens ont convergé sur la nécessité de voir plus loin que la crise financière et de prendre des mesures pour répondre à la conjoncture économique qui va en s’aggravant (EurActiv 7/11/08).

La Commission européenne a été mandatée pour soumettre une proposition dans ce sens avant le prochain sommet européen des 11 et 12 décembre. 

Vendredi dernier (14 novembre), les 15 pays membres de la zone euro sont officiellement entrés en récession, enregistrant une baisse de 0,2 % de leur PIB pour le deuxième trimestre consécutif (EurActiv 14/11/08).

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