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2 décembre 2009
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L'UE s'inquiète de sa perte d'influence au sein du FMI [FR][en][de

Publié: jeudi 31 août 2006   

Les projets américains visant à accroître l'influence de la Chine au sein du Fonds monétaire international pourraient se faire aux dépens de l'UE et diviser les Etats Membres.

Contexte:

Les 184 membres du FMIexternal se réuniront les 19 et 20 septembre 2006 pour examiner les propositions de réforme du système de vote de l'institution financière, afin de mieux refléter l'économie mondiale d'aujourd'hui, plutôt que le monde tel qu'il était à la création du Fonds après la Seconde Guerre mondiale.

Les droits de vote au sein du FMI sont déterminés par un système de quotes-partsexternal qui définit à hauteur de combien un Etat doit contribuer au Fonds et combien il peut emprunter en cas d'urgence.

Le Directeur général du FMI, Rodrigo Rato, propose une réforme en deux phases de ce système, qui consistera, dans un premier temps, à donner un peu plus de voix aux pays les moins bien représentés (Chine, Corée du Sud, Turquie et Mexique). Une seconde phase d'ajustement suivra avec la mise en place d'une nouvelle méthode de calcul des quotes-parts.

L'Europe se partage actuellement 23% des quotes-parts, ce qui correspond à peu près à sa part dans l'économie mondiale. Quant aux Etats-Unis, ils pèsent 30% de l'économie mondiale et ne disposent que de 17% des quotes-parts.

Cependant, le système de quotes-parts n'a pas été révisé depuis des années et les économies émergentes comme la Chine, la Corée du Sud et l'Inde sont nettement sous-représentées. Par exemple, bien que l'économie chinoise représente désormais le double de la Belgique et des Pays-Bas réunis, ces derniers disposent encore de quotes-parts plus importantes que la Chine.

Pour que la réforme en deux phases soit lancée, elle doit recueillir 85% des votes. Cependant la proposition de réforme de M. de Rato fait l'objet d'une résistance de plusieurs membres.

L'Inde n'est pas satisfaite du projet de réforme, sa quote-part restant inchangée lors de la première phase.  Elle doute par ailleurs que les pays développés acceptent de renoncer à leurs quotes-parts actuelles au cours de la seconde phase.

Les pays pauvres d'Afrique s'opposent également à ce projet de réforme car ils craignent une perte d'influence au sein de cette organisation, qui leur dicte souvent la politique économique à adopter.

La résistance vient enfin de l'Europe dans son ensemble, qui perdrait dans le cadre de cette réforme une partie de son influence au profit des Etats-Unis et de l'Asie. 

La proposition pourrait également diviser le continent. En effet, certains comme la Belgique, les Pays-Bas et les pays scandinaves s'opposent à la réforme car ils perdront une partie de leurs droits de vote. Au contraire, des pays qui connaissent une croissance rapide, comme l'Irlande ou l'Espagne, profiteront de cette réforme.

Positions:

Selon l'administration Bush, l'Europe doit reconnaître que son influence va diminuer, tout comme celle des Etats-Unis. Selon Timothy Adams, le sous-secrétaire d'Etat au Trésor en charge des affaires internationales, cela permettra de traiter du principal problème : "de nombreux pays dans le monde sont nettement sous-représentés".

Le Président de la Bundesbank allemande, Axel Weber, a exprimé quelques réserves, indiquant qu’"un accord global doit être trouvé pour une représentation plus transparente et plus juste de tous les membres du FMI. A cette fin, les pays de l'UE ne doivent pas renoncer trop rapidement à leurs propres positions et demandes justifiées".

Selon le Guardian, une source proche de Gordon Brown, Chancelier de l'Echiquier et Président de l'instance de décision du FMI, le Comité monétaire et financier international, a déclaré que "la Grande-Bretagne soutient la réforme du FMI, mais l'engagement du Chancelier en faveur d'une plus grande représentation de l'Afrique est très claire [...] Nous partageons cette opinion".

Le Parlement européen devrait soutenir cette réforme bien qu'il souhaite aussi s'assurer d'une véritable représentation des pays africains. En mars 2006, il a adopté une résolutionexternal sur la révision stratégique du Fonds, dans laquelle il a invité ce dernier, "à examiner, dans l'intérêt de sa propre légitimité, les possibilités de distribuer les quotes-parts et les droits de vote au sein de ses instances, de manière à ce qu'ils soient plus représentatifs de la situation de l'économie internationale et qu'ils confèrent un poids plus approprié aux économies en développement ou émergentes".

Il a souligné le fait que les pays africains ne disposaient que de 4% des voix au sein de l'organisation alors qu'ils représentaient 25% des membres.

Les députés devraient également reprocher aux gouvernements européens de ne pas être parvenus, une fois de plus, à s'exprimer d'une seule voix au sein de l'institution.

La résolution de mars avait également invité les Etats membres à "s'efforcer d'obtenir une "constituency" unique - en commençant par une représentation de la zone euro qui garantirait à plus long terme une représentation européenne cohérente à laquelle la présidence du Conseil Ecofin et la Commission seraient associées, sous le contrôle du Parlement européen."

Prochaines étapes:

  • 19-20 septembre 2006 : Sommet annuel du FMI à Singapour

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