La décision de laisser inchangés les taux directeurs de la BCE intervient peu de temps après la quatrième baisse consécutive depuis octobre 2008. Les taux directeurs de la zone euro s’élevaient alors à 3,75 %.
Toutefois, le président de la BCE, Jean-Claude Trichet n’a pas exclu de prendre des mesures supplémentaires dans un futur proche. Lors d’une conférence de presse à Francfort le 5 février, il a déclaré que « 2 % n’est pas le niveau le plus bas que nous aurions décidé d’appliquer » et qu’il n'exclut pas une baisse des taux lors de la prochaine réunion en mars.
M. Trichet a également renouvelé son opposition à ce qu’il définit comme une « trappe à liquidité », c’est-à-dire une baisse des taux d’intérêts à 0 %, comme on a pu le voir au Japon. Zéro pour cent "n'est pas quelque chose que nous considérons comme approprié pour le moment", a déclaré le président de la BCE.
Il a par ailleurs souligné qu’il n’y avait aucun risque de déflation à l’horizon. Les prévisions d’inflation restent ancrées à notre définition d’en dessous, mais proche de 2 %. L’inflation dans la zone euro s’élève à 1,1 % en janvier, selon la dernière estimation d’Eurostat.
Malgré la décision de la BCE, l’euro a perdu de la valeur face à la livre sterling, puisque la Bank of England a décidé de diminuer ses taux directeurs de 50 points de base à 1 %, cette nouvelle baisse faisant suite à une série d’autres diminutions sensibles.
Les mouvements monétaires reflètent les conditions difficiles éprouvées par les économies de la zone euro. Les banques diminuent leurs activités de prêt, sans tenir compte du desserrement des conditions monétaires. M. Trichet a réitéré son appel aux institutions financières à prêter aux entreprises et aux ménages.
En parallèle, les Etats membres de l’UE exploitent de plus en plus les mesures extraordinaires autorisées par la Commission européenne pour soutenir la relance économique. Hier, Bruxelles a approuvé trois plans de relance présentés par le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, les derniers d’une longue série.
Le Royaume Uni a suivi l’Allemagne, la France et le Portugal en adoptant un système visant à accorder, sur les deux années 2009 et 2010, des aides d'un montant maximal de 500 000 euros aux entreprises mises en difficulté par la crise économique actuelle.
La France a été autorisée à fournir une aide aux entreprises en difficulté sous la forme de taux d’intérêts réduits pour des prêts de toute durée conclus avant la fin de 2010. C’est la troisième mesure adoptée par Paris pour faciliter l’accès au crédit, choisie parmi les quatre projets déterminés par la Commission en vertu du nouveau cadre temporaire visant à lutter contre la crise.
Enfin, l’Allemagne a obtenu le feu vert pour l’adoption d’une réglementation financière dont le but est de faciliter temporairement l’accès des PME au capital risque.



