Le président américain Barack Obama a minimisé les divergences survenues au sommet, déclarant que celui-ci constituait un virage important pour l’économie mondiale.
Nous sommes tombés d’accord sur une série de démarches sans précédent pour restaurer la croissance et empêcher qu’une telle crise se reproduise à l’avenir, a déclaré M. Obama lors d’une conférence de presse.
Nous avons aussi rejeté tout protectionnisme, lequel pourrait aggraver cette crise, a-t-il ajouté.
Les experts ont décrit les décisions du G20 comme ayant une portée encore jamais atteinte. Toutes les parties ont au moins partiellement obtenu ce qu’elles attendaient, et elles ont salué la création d’un nouvel ordre mondial.
Les pays en voie de développement ont reçu 1 100 milliards de dollars de ressources additionnelles pour l’économie mondiale, qui seront attribués par le Fonds monétaire international (FMI) et d’autres institutions.
L’Allemagne et la France ont salué l’appel à un contrôle et une supervision plus stricts, ainsi qu’à l’établissement d’un organe de surveillance de la régulation (le nouveau Conseil de stabilité financière).
Les Etats-Unis ont bien accueilli la décision d’en finir avec l’ère du secret bancaire et de prendre des mesures à l’encontre de juridictions peu enclines à coopérer, y compris celles des paradis fiscaux.
Les bourses ont bien réagi à l’annonce : l’index des meilleures actions européennes a monté de 5%, tandis qu’à Wall Street, le Dow Jones grimpait de 3,3 pourcent. Cependant, les économistes mettent en garde contre une euphorie prématurée, de nouvelles données devant être révélées cette semaine.
Les accords d’aujourd’hui commencent à sévir contre les aventuriers des marchés financiers qui ont bouleversé les marchés mondiaux, selon le Premier ministre australien, Kevin Rudd.
Le Premier ministre britannique Gordon Brown, hôte du sommet, a déclaré que les gouvernements ont consacré 5 mille milliards de dollars à la relance de l’économie cette année et l’année prochaine, avant même de prendre en compte les investissements supplémentaires du sommet à Londres.
Il n’a pas dit comment cela cadrait avec l’estimation de la relance révélée le jour précédent – environ la moitié de ce montant.
De l’aide pour les pays en développement
Les 1 100 milliards de dollars devraient être rendus disponibles pour aider l’économie mondiale, dont 250 milliards de dollars en unités de réserve du FMI, appelés « droit spéciaux de tirage ».
De plus, le FMI devrait voir ses propres ressources tripler, avec jusqu’à 500 milliards de dollars de nouveaux fonds, dont 40 milliards de dollars de Chine. La plupart des fonds iront probablement aux pays en difficulté, notamment en Europe de l’Est.
Le sommet a aussi convenu d’un ensemble de mesures portant sur le financement du commerce extérieur, d’une valeur minimum de 250 milliards de dollars étalés sur deux ans, afin de supporter les flux commerciaux mondiaux, qui ont diminué sous l’effet du resserrement du crédit: ceci constitue un encouragement pour les grands exportateurs mondiaux.
Une régulation financière plus sévère
Les échecs majeurs du secteur financier ont appelé à une restructuration majeure des systèmes réglementaires et de supervision. Les leaders du G20 ont convenu de la création d’un nouveau Conseil de la stabilité financière pour remplacer l’actuel Forum de stabilité financière. Malgré le fait que ce Conseil se verra conférer un mandat renforcé pour superviser le système financier mondial, il ne disposera pas d’un pouvoir de contrôle spécifique sur les sociétés financières.
Le sommet s’est aussi mis d’accord pour étendre la réglementation et la surveillance de toutes les institutions financières, instruments et marchés systémiquement importants, en ce compris les principaux fonds spéculatifs.
De nouvelles règles seront déterminées une fois la crise passée concernant les provisions bancaires en capital et les agences d’évaluation du crédit.
Afin de prendre des mesures contre les paradis fiscaux et autres juridictions peu coopératives, y compris la menace de sanctions si nécessaire, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié une liste de ces pays peu coopératifs ; les plus coupables étant le Costa Rica, la Malaisie, les Philippines et l’Uruguay.
Le G20 : à suivre…
Les leaders au G20 ont convenu de se rencontrer de nouveau avant la fin de l’année, afin d’évaluer les progrès réalisés du plan d’action décidé.
Selon des observateurs, la prochaine rencontre pourrait se tenir à l’automne au Japon. Mais M. Sarkozy a affirmé que le suivi des opérations prendrait place à New York, en septembre.
Dans l’éventualité d’une rencontre à New York, elle coïnciderait avec l’ouverture de l’Assemblée générale de Nations unies ; ainsi, la plupart des leaders mondiaux se trouverait déjà sur palce.
(EurActiv avec des agences de presse. Ce texte a été traduit de l’anglais par EurActiv.)



