Mardi (24 janvier), tirant parti de cette immense plateforme nationale pour sa campagne de réélection, M. Obama a défendu avec fougue ses résultats au bout de trois ans au pouvoir. Il a remis sur le dos des banques et d'un Congrès « déconnecté » bon nombre de problèmes rencontrés par son pays.
Il a proposé de modifier le code des impôts et de nouvelles solutions pour pallier la crise du logement américaine, définissant ainsi le thème de sa campagne comme étant un appel populiste à plus de justice économique.
Il a mentionné les impôts 34 fois et l'emploi 32 fois lors de son discours qui a duré une heure. Ces deux points seront au coeur de sa campagne présidentielle.
M. Obama n'a toutefois pas mentionné l'éventualité d'une taxe sur les transactions financières, une idée qui était au centre du discours sur l'état de l'Union du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, en septembre dernier.
Washington a toujours rejeté l'idée de l'introduction d'une telle taxe lors des réunions internationales. La Grande-Bretagne y reste également vivement opposée.
Opposition au Congrès
Bien que les principales propositions de M. Obama aient peu de chance d'être saluées par un Congrès profondément divisé, la Maison-Blanche pense que le président peut compter sur le ressentiment des électeurs face aux abus du secteur financier et aux dysfonctionnements de Washington.
Lors d'une session conjointe du Congrès, M. Obama s'est attaqué à la question des impôts et a promis que les Etats-Unis ne reviendraient pas à « l'époque où Wall Street pouvait jouer selon ses propres règles ».
« Washington doit cesser de subventionner des millionnaires », a déclaré M. Obama. Il a proposé un taux d'imposition de minimum 30 % pour ceux qui gagnent un million de dollars par an ou plus.
Alors que les sondages révèlent que la plupart des Américains désapprouvent sa façon de gérer l'économie, M. Obama va devoir prouver à la population qu'il mérite, lui, le candidat propulsé à la Maison-Blanche en 2008 et qui était synonyme d'espoir et de changement, un second mandat.
Le taux de chômage aux Etats-Unis était de 8,5 % en décembre dernier. Aucun président de notre époque n'est jamais parvenu à se faire réélire avec de tels résultats.
Politique étrangère
M. Obama n'a mentionné l'Europe qu'une seule fois, lorsqu'il a déclaré : « Le renouveau du leadership américain se ressent partout dans le monde. Nos alliances de longue date en Europe et en Asie sont plus fortes que jamais. »
Concernant la Chine, un élément au coeur de la campagne des républicains et des démocrates en raison des problèmes liés à sa monnaie et à ses pratiques commerciales, M. Obama a proposé la création d'un organisme spécialisé dans les contentieux commerciaux au sein du gouvernement fédéral.
Promettant d'utiliser les « dividendes de la paix », M. Obama a proposé d'allouer la moitié des « économies » résultant de la fin de la guerre en Irak et de la détente en Afghanistan pour rembourser la dette américaine. L'autre moitié servirait alors à réparer les routes et les chemins de fer.




