Les dirigeants des 28 pays de l'OTAN rassemblés à Chicago devraient décider que la Force internationale d'assistance à la sécurité transmette le commandement de toutes les missions de combats aux forces afghanes d'ici mi-2013. Ils devraient également statuer sur le retrait de près de 130 000 militaires étrangers d'ici fin 2014.
L'OTAN tente en outre d'assurer un soutien à long terme à la police et à l'armée afghane, dont la capacité à combattre les talibans est vitale pour garantir à l'alliance une sortie en douceur du pays et la stabilité de la région.
Bien que le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, ait rappelé qu'il ne s'agissait pas d'une « conférence des donateurs », il s'est dit optimiste quant à la réalisation de l'objectif global.
Le président français, François Hollande, a promis lors du sommet de respecter sa promesse électorale de rappeler les troupes françaises d'ici la fin de l'année, deux ans plus tôt que le calendrier de l'alliance.
L'OTAN devrait également annoncer que son nouveau système de défense anti-missile a atteint sa « capacité opérationnelle intermédiaire ».
Les projets de l'OTAN restent cependant controversés. Moscou est contre ce projet. Des généraux russes ont même menacé de déployer des missiles Iskander à capacité nucléaire contre les systèmes de défense de l'OTAN en Roumanie et en Pologne.
La Russie est représentée au sommet de l'OTAN par l'envoyé spécial du pays en Afghanistan, Zamir Kaboulov.
L'élargissement passe à la trappe
Contrairement aux précédents sommets, l'élargissement de l'alliance est passé à la trappe.
La Bosnie, la Géorgie, la Macédoine et le Monténégro souhaitent devenir membres de l'OTAN. Certains experts affirment cependant que le sommet de Chicago n'abordera pas la question de l'élargissement et n'invitera pas de nouveaux pays à devenir membres.
Selon une retranscription d'une session gouvernementale à Athènes, publiée sur le site Internet du président grec, les dirigeants politiques ont ouvertement émis la possibilité d'opposer leur veto à l'adhésion de l'ancienne République yougoslave de Macédoine jusqu'à la résolution du « conflit toponymique » (voir « Contexte »).
La Grèce avait déjà bloqué l'entrée de la Macédoine à l'OTAN lors d'un sommet à Bucarest en 2008.
L'adhésion de la Géorgie est en suspens depuis la brève guerre d'août 2008 qui l'a opposée à la Russie dans les régions séparatistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud. Moscou a depuis reconnu l'indépendance de ces deux régions, ce qui n'a fait qu'alimenter les tensions avec la Géorgie.
Le président géorgien, Mikheil Saakashvili, s'est toutefois dit satisfait que son pays soit aux côtés des trois pays des Balkans sur la liste des aspirants à l'OTAN.
« Nous avons obtenu que la Géorgie soit aux côtés des trois pays des Balkans sur la liste et tout le monde sait qu'ils rejoindront l'OTAN. Donc de ce point de vue, c'est un progrès et un pas en avant », a expliqué M. Saakashvili à Chicago, cité par le site Internet Civil Georgia.
M. Saakashvili a également affirmé que le placement de la Géorgie dans « le même panier que les pays des Balkans » revêtait une dimension géographique, plaçant son pays à l'ouest grâce aux réformes qu'il a mises en oeuvre.
D'importants dispositifs de sécurité ont été déployés à Chicago pour ce sommet et la police a dû affronter des milliers de militants anti-guerre défilant non loin de là.
Trois militants arrêtés pour des faits de terrorisme prévoyaient une attaque contre les bureaux de campagne à Chicago du président Barack Obama, ont annoncé les autorités samedi.




