L’administration Bush avait fait pression en faveur du bouclier, expliquant que ce dernier devait être une protection contre la probabilité du développement par l’Iran de têtes nucléaires à monter sur ses missiles de longue portée. La Russie considère ce projet comme une menace directe pour sa propre sécurité.
La rencontre avec la secrétaire d’Etat adjointe des Etats-Unis Ellen Tauscher et d’autres fonctionnaires américains vient juste de se terminer. Une déclaration sera faite bientôt, a déclaré à Reuters le ministre des Affaires étrangères adjoint, Andrzej Kremer.
Il a refusé de faire d’autres commentaires. Plus tôt, avant les discussions au ministère des Affaires étrangères polonais, M. Kremer avait affirmé que Varsovie estimait qu’il y avait de fortes chances que le projet de bouclier soit stoppé.
Nous savons que l’examen du bouclier antimissile n’est pas encore terminé et dans dix jours le ministre adjoint à la Défense Stanislaw Komorowski et moi-même irons à Washington pour tirer les choses au clair. Nous avons entendu de différentes sources qu’il y avait de fortes chances pour que le bouclier ne soit pas déployé ici, a affirmé M. Kremer à Reuters.
M. Obama s’est entretenu par téléphone avec le premier ministre tchèque Jan Fischer mercredi dans l’après midi à propos du bouclier antimissile, selon un porte-parole du premier ministre à Prague.
Le Wall Street Journal, citant d’anciens ou d’actuels fonctionnaires américains, a rapporté jeudi que M. Obama arrêterait le déploiement du bouclier puisque le programme iranien de missiles longue portée n’a pas avancé aussi vite que ce que l’on avait estimé précédemment, réduisant d’autant la menace contre le continent américain et les principales villes européennes.
L’administration Obama souhaite repartir de zéro avec la Russie, afin que les deux anciens ennemis de la Guerre froide puissent coopérer sur la question iranienne, sur le combat contre les Talibans insurgés en Afghanistan et sur la réduction de leurs vastes arsenaux d’armes nucléaires.
Alerte au centre de l’Europe
Mais les anciens Etats satellites de Moscou en Europe centrale et de l’est craignent que tout retrait du projet de bouclier antimissile ne marque un affaiblissement de l’engagement des Etats-Unis pour leur sécurité et n’encourage une Russie de plus en plus sûre d’elle.
Dans une lettre ouverte à M. Obama en juillet, des figures régionales de premier plan, y compris Václav Havel de République tchèque et Lech Wałęsa de Pologne, l’ont pressé de ne pas se faire influencer par les objections russes dans sa décision sur le bouclier de défense antimissile.
En particulier, la Pologne et les républiques baltes se sont alarmées face à ce qu’ils considèrent comme le néo-impérialisme russe, au regard notamment de la manière qu’a Moscou de traiter avec les anciennes républiques soviétiques comme la Géorgie.
Le chef adjoint du Bureau de sécurité nationale polonais, Witold Waszczykowski, a déclaré à Reuters jeudi que l’abandon du projet de bouclier serait très négatif. Sans le bouclier, nous perdrions de facto une alliance stratégique avec Washington, a-t-il expliqué.
Pour la Pologne, membre de l’OTAN, le timing de ce report est particulièrement sensible. Jeudi a marqué le 70e anniversaire de l’invasion soviétique dans l’est de la Pologne à la suite du pacte entre Moscou et l’Allemagne nazie, un évènement considéré par les Polonais comme un coup de couteau dans le dos. J’espère qu’il ne s’agit là que d’une coïncidence, a dit M. Waszczykowski.
(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EurActiv)




