L'UE et les États-Unis ont imposé ce mois-ci de nouvelles sanctions à l'industrie pétrolière iranienne, dans le but de mettre à mal l'économie du pays et de forcer ses dirigeants à conclure un accord pour mettre un terme son programme nucléaire.
Mais alors que des fonctionnaires de six grandes puissances mondiales rencontrent aujourd'hui leurs homologues iraniens à Istanbul pour évaluer les chances qu'un accord soit conclu, l'Iran a lancé une série de missiles balistiques dans le cadre d'une simulation d'attaque.
Le pays conduit régulièrement ce genre d'opérations militaires, préoccupé par la crise persistante en Syrie (son allié le plus proche dans le monde arabe) et l'échec quasi avéré des négociations sur le nucléaire avec l'Occident.
Bloquer les pétroliers dans le détroit d'Ormuz
Dans le même temps, la commission iranienne de la sécurité nationale et de la politique étrangère a rédigé un projet de loi appelant l'Iran à tenter de bloquer les pétroliers qui traversent le détroit d'Ormuz à destination de pays favorables aux sanctions qui lui sont imposées. C'est ce qu'a déclaré lundi un membre de cette commission.
Le parlement iranien fait grand bruit et se considère comme indépendant, mais il n'exerce que peu d'influence. Les projets de loi ne vont jamais bien loin s'ils ne sont pas sanctionnés par les dirigeants.
« Un projet de loi préparé par la commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du parlement encourage le blocage des pétroliers qui transportent du pétrole vers les pays qui ont sanctionné l'Iran », a déclaré le député Ibrahim Agha-Mohammadi, cité par l'agence de presse du parlement iranien.
« Ce projet de loi a pour but de répondre à l'embargo pétrolier de l'Union européenne contre la République islamique d'Iran. »
M. Agha-Mohammadi a précisé que 100 des 290 membres du parlement à Téhéran avaient signé ce texte depuis dimanche dernier.
Aucun détail n'a pourtant été communiqué quand à la manière dont l'Iran pourrait vérifier les destinations de chaque pétrolier qui traverse le golfe sous l'oeil vigilant de la marine américaine.
La menace iranienne de bloquer les voies navigables, par lesquelles ont transité environ 17 millions de barils par jour en 2011, s'est intensifiée l'année dernière, à mesure que les États-Unis et l'Union européenne renforçaient leurs sanctions pour priver Téhéran des fonds nécessaires à son programme nucléaire.
La forte présence des flottes occidentales dans le golfe et la région alentour entrave clairement les tentatives de blocage de cette route maritime traversée par la majorité des navires qui exportent du pétrole d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, du Koweït et d'Irak, ainsi que la quasi-totalité du gaz en provenance du Qatar.



