Mme Widmer-Schlumpf a déclaré que l'idée d'un accord autorisant des enquêtes sur la fraude fiscale avait été envisagée avec l'Italie. Le premier ministre italien, Mario Monti, a toutefois d'autres problèmes à régler en priorité et l'accord pourrait donc être reporté à l'année prochaine.
La Suisse dispose déjà d'arrangements en la matière avec des pays comme les Etats-Unis et l'Allemagne et elle a conclu des accords avec l'Allemagne et la Grande-Bretagne pour leur permettre de récupérer des impôts de la part de leurs citoyens nationaux (voir « Contexte »).
« Nous avons eu de bons contacts avec [l'ancien ministre de l'économie, Giulio] Tremonti avant le changement de gouvernement. Nous avons décidé de trouver une solution similaire à celle utilisée pour l'Allemagne et la Grande-Bretagne », a-t-elle déclaré à la presse à Genève.
« La situation a un peu changé et je dois tout recommencer avec le ministre des finances qui est aussi le premier ministre, M. Monti. Il est lui aussi d'accord de poursuivre les discussions. »
Les accords conclus avec l'Allemagne et la Grande-Bretagne doivent encore être ratifiés et sont menacés par la Commission européenne qui estime qu'ils enfreignent le droit européen et qu'ils sont trop souples en matière d'évasion fiscale.
Le parlement allemand menace lui aussi de ne pas donner son aval, dans la mesure où selon certains hommes politiques, les fraudeurs pourraient s'en tirer à bon compte.
Nicolas Pictet, le responsable de l'Association des banquiers privés suisses, a déclaré lors d'un entretien publié jeudi qu'il ne sous-estimait pas les risques d'un refus.
« Si le Bundestag rejette l’accord, nous pouvons craindre que les Britanniques s’interrogent sur l’opportunité d’être les seuls à le ratifier », a-t-il expliqué au magazine hebdomadaire L'Hebdo.
Mme Widmer-Schlumpf s'est dite convaincue qu'une solution serait trouvée avec l'Allemagne et la Grande-Bretagne. Elle a toutefois précisé que ce n'était pas le problème de la Suisse, dans la mesure où les deux pays ont toujours affirmé que les accords étaient conformes au droit européen.
« Nous verrons dans quelques semaines ou dans quelques mois », a-t-elle déclaré.
La Suisse tente également de conclure un accord avec Washington pour mettre un terme à un conflit de longue date sur la possession de comptes suisses par des Américains. Mme Widmer-Schlumpf a affirmé qu'il serait préférable de trouver une solution plutôt que de continuer à se disputer pendant des années.
« La situation n'est pas aussi simple avec les Etats-Unis, ce ne sont pas des partenaires faciles, nous le savons. Mais ils restent dans tous les cas constructifs. »




