Les acteurs du marché ont affirmé qu'à part une intervention directe de la Banque centrale ou un retournement de situation sur les marchés, rien ne pourrait enrayer l'appréciation de la monnaie.
« La BNS continue ce qu'elle a commencé la semaine dernière en prenant des mesures pour accroître la liquidité du franc suisse », a déclaré Fabian Heller du Credit Suisse.
« L'impact que ces mesures auront n'est pas très sûr. Il n'est pas très probable qu'elles conduisent à une forte chute du franc ».
La BNS a affirmé qu'elle continuerait d'observer de près l'évolution du marché monétaire et qu'elle prendrait des mesures supplémentaires si nécessaire, mais elle n'a annoncé aucune intervention sur le marché des changes.
« L'extrême surévaluation du franc suisse constitue une menace pour l'évolution de l'économie de la Suisse et a encore accru les risques à la baisse qui pèsent sur la stabilité des prix », a déclaré la BNS dans un communiqué.
Le franc a grimpé de plus de 5 % et a frôlé la parité avec la monnaie unique mardi, enregistrant le nouveau record de 1,0075 franc.
« Avec ce taux de change, il est presque impossible pour les entreprises suisses qui exportent de rester compétitives, il fallait donc agir », a expliqué Ursina Kubli, analyste chez Sarasin.
La BNS a annoncé il y a une semaine qu'elle réduirait significativement les taux d'intérêt à un niveau « aussi proche de zéro que possible » et a déclaré qu'elle augmenterait la liquidité sur le marché monétaire suisse dans les jours qui suivent.
Toutefois, l'impact sur le franc suisse a été de courte durée et il a rapidement repris son envolée alors que les bourses du monde entier dégringolaient suite à la dégradation par S&P de la note américaine vendredi.
La Suisse peu endettée étant considérée comme un refuge par rapport à une zone euro en crise et une économie mondiale stagnante, la valeur du franc a fortement grimpé ces derniers mois.
Les exportateurs suisses ont demandé à la BNS et au gouvernement d'agir, même si la Banque centrale avait été critiquée pour avoir encaissé de lourdes pertes lors de ses interventions d'après la crise en 2009 et 2010.
« La BNS hésite clairement à agir du côté de la demande après les interventions infructueuses qui s'étaient terminées en 2010. Néanmoins, il est possible qu'ils optent pour des taux d'intérêt négatifs comme mesure supplémentaire », a affirmé Mme Kubli.
Philipp Hildebrand, le directeur de la BNS dont on a demandé la démission suite aux pertes encaissées, a déclaré la semaine dernière que le franc fort avait un effet « extrêmement déflationniste » et qu'il s'attendait à un « clair ralentissement de la conjoncture en Suisse au deuxième semestre 2011 ».
EurActiv avec Reuters - Article EurActiv traduit de l'anglais par Amandine Gillet




