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La Turquie donne un « dernier avertissement » à la Syrie

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Publié 08 août 2011, mis à jour 09 août 2011
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Arab Spring, Syria, Turkey

La Turquie s'apprête à donner un dernier avertissement à la Syrie pour qu'elle mette un terme aux effusions de sang dans le pays et introduise des réformes. Dans le cas contraire, Ankara se joindra à la communauté internationale et prendra des mesures contre le régime, a rapporté la presse turque.

Le ministre turc des affaires étrangères, Ahmet Davutoğlu, se rendra à Damas demain (9 août) pour faire passer un message : la patience d'Ankara a des limites et le président syrien, Bashar al-Assad, risque de perdre le soutien de la Turquie, a rapporté le quotidien Hurriyet.

Jusqu'ici, Ankara s'était abstenue de demander la démission de M. Assad, arguant que la transition démocratique devrait avoir lieu sous son commandement.

Déjà confronté à des sanctions de la part des Etats-Unis et de l'Europe, M. Assad a vu son vieil ami, la Russie, se retourner contre lui. En outre, les pays arabes ont brisé des mois de silence en rejoignant les nombreux pays qui s'inquiètent de l'escalade de la violence.

Le président russe, Dmitri Medvedev, lui a dit qu'il devrait affronter un « triste destin » s'il ne mettait pas un terme aux violences et ne mettait pas en place des réformes rapidement.

Toutefois, la Russie, membre du Conseil de sécurité des Nations Unies, s'est opposée à la prise d'une résolution demandée par l'Europe et les Etats-Unis qui aurait condamné les troubles en Syrie. Le Conseil de sécurité a alors publié une déclaration présidentielle le 3 août, exprimant de « graves inquiétudes » quant aux personnes qui perdaient la vie et au respect des droits de l'Homme dans le pays.

Les groupes de défense des droits de l'Homme affirment que la répression de près de cinq mois de manifestation a eu pour conséquence la mort d'au moins 1600 civils. De plus, la violence a ruiné des années de rapprochement progressif avec l'Occident et la Turquie voisine.

Au moins 100 manifestants anti-gouvernement ont été tués en Syrie hier dans la ville de Deir al-Zour à l'Est. Des fusillades ont été entendues dans la zone Al-Maidan de Damas, a rapporté Al Jazeera.

Isolement

Le résultat de la rencontre de M. Davutoğlu avec M. al-Assad déterminera la politique turque vis-à-vis de la Syrie, ont déclaré des représentants turcs, affirmant qu'Ankara était de plus en plus prête à abandonner le président syrien et à envisager des mesures internationales pouvant mener à son isolement, « comme ce fut le cas pour Saddam ».

« La procédure suivra son cours à partir de maintenant en fonction de la réponse que donnera [M. al-Assad] et les actes sur le terrain », a déclaré le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan, samedi. « Notre patience a des limites... Nous ne considérons pas la Syrie comme une question extérieure. C'est une question intérieure pour nous. Nous partageons une frontière de 850 kilomètres, nous avons des affinités, des liens historiques et culturels... nous ne pouvons pas nous contenter de rester spectateurs ».

Néanmoins, en se retournant contre M. al-Assad, la Turquie risque de voir se détériorer les liens qu'elle entretient avec son voisin du Sud et qui se sont bien développés ces dernières années. Les troubles ont déjà entaché les liens commerciaux qui relient les deux pays et mené à l'exode de milliers de Syriens vers la Turquie.

Dans ce qui ressemblait à un avertissement à l'intention de M. al-Assad, M. Erdoğan a fait allusion samedi à l'homme fort d'Egypte déchu, Hosni Moubarak, qui a récemment comparu devant un tribunal du Caire, enfermé dans une cage et couché sur une civière.

« Ceux qui ont envoyé des dizaines de musulmans à l'échafaud ne sont plus sur leurs pieds à présent et voient leur avenir à partir d'une civière... Ceux qui ne tirent pas de leçon souffriront », a affirmé M. Erdoğan.

Réactions : 

L'avenir d'une Syrie sans Bashar al-Assad est incertain et fait partie d'une multitude de questions sans réponses, comme c'est le cas du Liban, de la Palestine, de l'Iran, de la question kurde et l'axe chiite, écrit Abdulhamit Bilici dans un commentaire publié dans le quotidien turc Zaman.

« C'est pour cette raison que [...] malgré les récents massacres à Hama, les Etats-Unis et la Turquie n'ont pas encore demandé la démission de M. al-Assad [...] C'est ce facteur qui empêche les manifestations de s'étendre à Damas et à Aleppo et de se développer davantage », explique-t-il.

Ahmet Davutoğlu
Contexte : 

Les manifestations en Syrie ont commencé à la mi-mars et ont été inspirées par les soulèvements qui ont eu lieu en Egypte et en Tunisie.

Même si le président Bashar al-Assad a proposé de faire des concessions et de mettre en place des réformes, le gouvernement mène périodiquement des attaques contre la population. Les activistes affirment que plus de 1500 civils et 350 employés de sécurité ont été tués depuis le début des manifestations.

Plus de 12 600 personnes ont été arrêtées et 3000 sont portées disparues.

La répression du gouvernement n'a fait qu'intensifier les réclamations de l'opposition et nombreux sont ceux qui à présent demandent la démission du président.

Le gouvernement syrien a accusé des extrémistes et des groupes criminels armés soutenus par d'autres pays d'avoir semé le trouble.

La plupart des journalistes étrangers ne sont pas autorisés dans le pays, ce qui rend la vérification des informations difficile.

Avant le début du ramadan, beaucoup craignent une escalade de la violence, dans la mesure où des sources proches du régime affirment qu'il y aura de sévères mesures de répression et que l'armée ne fera preuve d'aucune tolérance face aux manifestants.

Le 1er août, la haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères, Catherine Ashton, a annoncé des sanctions plus strictes contre la Syrie sous la forme d'un gel d'actifs et d'une interdiction de voyager pour cinq Syriens liés aux actes de répression.

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