Naoto Kan a déclaré que la situation à la centrale nucléaire de Fukushima, créée il y a 40 ans, restait inquiétante et que les autorités faisaient tout leur possible pour limiter les dégâts (voir « Background »).
Le gouvernement avait évoqué les risques d’une possible explosion du réacteur n°3, due à l'accumulation d'hydrogène dans l'enceinte contenant le réacteur.
Les ingénieurs travaillent sans relâche pour tenter de refroidir les barres de combustible. S'ils échouent, les enceintes qui contiennent le cœur du réacteur pourraient fondre, voire exploser, en rejetant des substances radioactives dans l'atmosphère.
Ce désastre a diminué la capacité de production nucléaire du pays d'environ un cinquième. Les centrales thermiques ont également été fermées, forçant la troisième économie mondiale à opérer des coupures d'électricité périodiques pour économiser l'énergie.
Près de deux millions de foyers se sont retrouvés sans électricité au nord, selon le gouvernement, et environ 1,4 million de logements n'ont plus accès à l'eau courante.
Les partis au pouvoir et de l'opposition ont demandé une trêve pour permettre au gouvernement de se concentrer sur les conséquences de la catastrophe.
Un autre tremblement de terre ?
L'humeur s'est également assombrie suite à des déclarations d’experts, relayées par la presse, annonçant qu'il y avait 70 % de chance que le pays soit confronté à une nouvelle secousse destructrice d'ici mercredi.
Les étals de certains magasins étaient encore vides et de nombreuses lignes ferroviaires restaient hors d'usage lorsque les navetteurs de Tokyo sont retournés au travail après un week-end d'horreur.
Néanmoins, aucun signe de panique ne transparaît à Tokyo, la plupart des trains de banlieue fonctionnent et des centaines d'employés de bureau continuent de déjeuner à l'extérieur lors de leur pause de midi.
Les analystes affirment que le tremblement de terre pourrait retarder, mais pas empêcher une reprise économique modérée au Japon.
Des navires de guerre et des avions américains qui portent secours au pays se sont éloignés temporairement des côtes du Pacifique à cause de radiations de faible intensité issues d'une centrale nucléaire endommagée, a déclaré l'US Navy ce lundi.
La septième flotte américaine a qualifié cet éloignement de mesure de précaution.
Dans le même temps, les marchés calculent le coût de la catastrophe.
A cause du tremblement de terre qui a frappé la côte nord-est, les frais d'assurance pourraient atteindre 35 milliards de dollars, sans prendre en compte les ravages du tsunami, a déclaré AIR Worldwide, une société spécialisée dans l'évaluation des risques. Cela représente presque autant que les pertes subies par le secteur de l’assurance pour les catastrophes survenues dans le monde entier sur toute l’année 2010.
Une série de fabricants japonais de renom, comme Sony Corp., Toyota Motor Co. et Panasonic, ont stoppé leurs lignes de production, leurs efforts de relance étant entravés par les répliques du séisme.
« Les conséquences économiques semblent être plus importantes que ce que nous avions prévus au début », a déclaré Tom Byrne, vice-président senior chez Moody's Investor Service.
Impact sur l'industrie du nucléaire
Les efforts du Japon pour éviter la fusion complète du cœur du réacteur pourraient mettre à mal le secteur mondial de l'énergie nucléaire et ainsi faire dérailler des projets qui prévoient la construction de dizaines de nouvelles centrales et diminuer la demande en uranium pour les alimenter.
Le pire accident nucléaire depuis Tchernobyl en 1986 pourrait entraîner une chute vertigineuse des parts du marché des constructeurs de centrales nucléaires comme General Electric, son partenaire japonais Hitachi et Areva en France, alors que les investisseurs envisagent la possibilité d'une renaissance du secteur.
Toutefois, certains experts et fonctionnaires insistent sur la spécificité du cas japonais où l'incident nucléaire résulte du tsunami et non du tremblement de terre en lui-même.
Le PDG de General Electric Co. (GE.N), Jeff Immelt, a déclaré lundi qu'il était trop tôt pour définir l'impact que la crise nucléaire au Japon aurait sur l'industrie nucléaire.
(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EurActiv)




