Les pays membres du FMI se disputent depuis deux ans sur les détails précis de la formule destinée à refléter la montée en puissance du Brésil, de la Chine et d'autres grandes économies de marché émergentes.
Le FMI a indiqué qu'il envisageait de finaliser la formule d'ici janvier 2014 lors de sa prochaine révision des pouvoirs de vote des pays membres.
Selon un communiqué du FMI publié jeudi, « des progrès sensibles ont été accomplis dans l’identification des éléments clés qui pourraient former la base d’un accord définitif sur une nouvelle formule de calcul des quotes-parts».
« Le Conseil d’administration a eu des débats instructifs tout au long de l’année écoulée et les pays membres disposent maintenant d’éléments solides pour parvenir à un accord sur une amélioration de la formule de calcul des quotes-parts dans le contexte de la 15ème révision générale, qui aura lieu prochainement », a déclaré Christine Lagarde, la directrice générale du FMI dans un communiqué.
Des économies émergentes ont reproché à l'Europe de s’opposer à un changement qui affaiblirait sa position dominante habituelle au FMI.
Paulo Nogueira Batista, le représentant du Brésil, et dix autres États ont dénoncé le manque d'accord après deux ans de négociations. Ils ont prévenu que le FMI perdrait sa crédibilité, si l’institution n’opérait aucun changement.
Il a indiqué que des réformes de la gouvernance étaient pratiquement à l'arrêt depuis 2011, lorsque le Fonds n'est pas parvenu à appliquer des changements de pouvoirs de vote convenus en 2010. « Nous constatons maintenant une tentative de dissimuler le fait que la révision de la formule de calcul des quotes-parts n'a pas été terminée non plus », a-t-il indiqué dans un communiqué. « Le FMI se rapproche de ce que l'on pourrait appeler "un problème de crédibilité" ».
Les États membres du FMI divergent depuis des mois sur les détails précis de la formule qui permet de calculer les pouvoirs de vote de chaque membre. Les économies de marché émergentes font pression en faveur de modifications qui donneraient plus de poids à leur pouvoir d'achat du PIB, qui mesure le pouvoir d'achat d'une économie et non simplement la valeur du dollar.
Les pays européens ont mis davantage l'accent sur le degré d’ouverture. Il s'agit du débat le plus houleux de tous, car il comprend entre autres les vastes flux commerciaux entre les États membres de la zone euro. L'annulation ou la diminution du degré d'ouverture réduirait brusquement l'influence de l'Europe au FMI et ferait passer le pouvoir au Brésil, à la Chine et à l'Inde.
Les États membres se sont fixé l'objectif de janvier 2013 pour trouver une formule révisée, mais beaucoup s'attendent à ce que la date butoir ne soit pas respectée, en raison d'une incapacité continue à réduire les divergences.
« Une nouvelle formule de quotas est essentielle pour l'indispensable rééquilibrage du pouvoir de décision au FMI », a déclaré M. Nogueira Batista. « Sans ce rééquilibrage, l'institution ne sera pas en mesure de conserver son caractère central au sein d'une économie mondiale dans les années à venir. »
Conformément à la formule actuelle, les quotes-parts des Pays-Bas sont presque équivalentes à celles du Brésil, une économie beaucoup plus grande, selon M. Nogueira Batista. Dans le même temps, les quotes-parts du Luxembourg sont plus importantes que celles de l'Afrique du Sud ou de l'Argentine et trois fois plus élevées que ceux du Maroc, a-t-il ajouté.
Les pays en développement n'apprécient pas non plus le monopole de l'Europe sur le poste le plus élevé du Fonds. Cette critique a été récemment révélée lorsque les Européens ont mis en avant la nomination de Christine Lagarde pour remplacer l'ancien directeur français Dominique Strauss-Kahn.




