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Le sommet « fantôme » fustige les dirigeants de l'UE pour leur manque d'initiative

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Publié 23 mars 2011

L'Union européenne a désormais son propre Conseil européen fantôme qui, lors de son premier sommet hier (22 mars), a dressé une liste de conclusions critiquant les actions prises jusqu'à présent par les leaders européens. Ils ont également demandé un nouveau pacte sur la gouvernance économique et plus de cohérence dans la politique étrangère afin de respecter pleinement le Traité de Lisbonne.

L'UE a échoué et même violé le Traité, a déclaré Daniel Cohn-Bendit, co-président du groupe des Verts/Alliance libre européenne au Parlement européen et dirigeant du Spinelli Group récemment créé qui a lancé le premier Conseil européen fantôme en amont du sommet des dirigeants de l'UE cette semaine (24-25 mars).

Le manque total de cohérence en termes de politique étrangère a tourné l'Europe en ridicule, a affirmé M.Cohn-Bendit lorsqu'il a présenté les conclusions du Conseil fantôme. Il a souligné que le fait d'avoir des positions et des votes différents de la part des pays de l'UE sur la résolution de l'ONU autorisant une zone d'exclusion aérienne en Libye était « absurde ».

Non-respect du Traité de Lisbonne

Selon le Spinelli Groupe, qui défend une approche proeuropéenne contre la tendance qu'ont les Etats membres à recourir à l'intergouvernementalisme dans le processus de décision, l'UE n'a pas respecté l'article 34 du Traité de Lisbonne.

Cet article stipule que les Etats membres doivent coordonner leurs actions au sein des organisations et des conférences internationales et que la haute représentante, actuellement la baronne Catherine Ashton, doit organiser cette coordination.

Critiquant à la fois Mme Ashton et les autres leaders de l'UE, M. Cohn-Bendit a souligné que le Parlement européen demanderait désormais des actions plus conséquentes de la part de la responsable des affaires étrangères de l'UE. « Elle ne peut pas se contenter de nous communiquer son programme et de nous dire quelles personnes elle a rencontré : ce n'est pas suffisant », a-t-il déclaré.

Dans la gestion de la révolte arabe et surtout de la crise libyenne, il y a eut un manque flagrant d'initiative, a ajouté Guy Verhofstadt, le leader du groupe ALDE au Parlement européen qui a semblé représenter le groupe aux côtés de M. Cohn-Bendit.

« Il ne suffit pas de dire que nous sommes inquiets, il doit y avoir des actions concertées », a expliqué M. Verhofstadt.

« Nous demandons que cette coordination commence incessamment sous peu. Nous avons besoin d'une politique étrangère européenne », peut-on lire dans les conclusions du Spinelli Group. Le groupe a également souligné que les populations arabes se battaient pour les mêmes valeurs universelles que celles défendues par l'Europe et qu'elles devaient être encouragées.

Une telle approche est d'autant plus urgente aujourd'hui dans la mesure où les révoltes empirent aussi au Bahreïn et en Syrie, fait qui n'est même pas à l'agenda du Conseil européen de cette semaine, a ajouté M. Verhofstadt qui a appelé à un premier pas vers des sanctions spécifiques à l'encontre du régime et, dans le cas de la Syrie, à ce que les négociations de partenariat soient suspendues.

Des budgets équilibrés, mais pas seulement

Faisant référence à la crise dans la zone euro, M. Verhofstadt a répété que selon lui, des budgets équilibrés et une discipline budgétaire ne rendraient pas l'Europe plus riche à eux seuls : il faut plus d'investissement pour encourager la croissance dans les 27 Etats membres.

Le Conseil européen fantôme s'est mis d'accord sur le fait que l'UE devait lancer un plan ambitieux d'investissement d'une valeur de 4 billions sur dix ans. Cet argent devrait provenir en grande partie du secteur privé.

L'idée est d'émettre des emprunts obligataires européens pour le financement de projets afin de stimuler la modernisation et la transition vers une économie faible en carbone. Ces investissements concerneront notamment l'éducation, les transports et les infrastructures énergétiques.

Etant donnés le budget limité de l'UE et les plans d'austérité mis en place dans les Etats membres, ces projets pourraient rencontrer d'importants obstacles. Toutefois, l'initiative a reçu le soutien du président de la Commission européenne en personne.

En décembre, José Manuel Barroso a promis devant le Parlement d' « insister » sur la présentation de projets visant à introduire ces emprunts obligataires européens pour financer les infrastructures en Europe comme alternative aux euro-obligations controversées.

Pour un acte fédéral sur la gouvernance économique

Le Conseil fantôme a également tapé du pied en ce qui concerne la gouvernance économique et a appelé à la création d'une politique fédérale pour la convergence économique dans la zone euro.

« L'échec des précédents efforts s'agissant de la relance économique laisse penser que la méthode intergouvernementale, selon laquelle les Etats surveillent et contrôlent le processus, ne fonctionne pas », peut-on lire dans les conclusions qui insistent sur la nécessité d'avoir une Commission européenne proactive qui soit capable d'imposer des mesures correctives et des sanctions.

Certains argueront que les appels à un acte fédéral sont destinés à rester une utopie, mais M. Verhofstadt affirme que cet Acte comprend les six propositions sur la gouvernance économique et le pacte pour l'euro sur lesquelles le Parlement a un pouvoir de codécision, du moins sur quatre d'entre elles.

« Le pacte sur l'euro est trop restreint, et arrive trop tard. Les chefs d'Etat et de gouvernement n'ont pas de vision globale et se laissent distraire par des solutions à court terme. Une meilleure approche à long terme est nécessaire », ont expliqué les membres du Conseil européen fantôme.

Prochaines étapes : 
  • 24-25 mars : sommet des dirigeants de l'UE à Bruxelles.
'We need concerted action': Verhofstadt
Contexte : 

Le premier Conseil européen fantôme a été initié par le Spinelli Group qui a été créé par d'éminents eurodéputés le 15 septembre 2010.

Ce réseau a pour objectif de dépasser les nationalismes et de promouvoir le fédéralisme en Europe. Ils ont invité des citoyens à les rejoindre, précisant qu'il ne s'agissait pas d'un parti politique.

Guy Verhofstadt, leader du groupe libéral ALDE au Parlement européen, semble être le représentant du groupe aux côtés du co-président des Verts/Alliance libre européenne, Daniel Cohn-Bendit.

Le groupe, qui était à l'origine composé de 33 personnalités politiques, a été fondé par des partisans de l'Union européenne comme l'ancien président de la Commission, Jacques Delors, l'ancien président du Parlement européen, Pat Cox, l'ancien ministre allemand des affaires étrangères, Joschka Fischer, et l'actuelle vice-présidente du Parlement, Isabelle Durant (Verts/Alliance libre européenne; Belgique).

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