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Les Américains se tournent vers l’Europe et boudent la Chine

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Publié 14 septembre 2012

Environ 55 % des Américains pensent que l’Europe revêt une plus grande importance pour leur pays que la Chine ou le reste de l’Asie, selon le dernier sondage du German Marshall Fund (GMF) aux Etats-Unis. Cette étude a été publiée hier (13 septembre).

Un an plus tôt, l'état d'esprit des Américains était loin d'être le même, dans la mesure où l'Europe était considérée comme 17 % moins importante, a expliqué Ian Lesser, le directeur exécutif du GMF à Bruxelles.

Les résultats du sondage sont similaires à ceux de 2004, lorsque la majorité des Américains (54 %) considéraient les pays d'Europe comme plus importants pour leurs intérêts que les pays d'Asie (29 %). En Europe, les sondages révèlent que les Etats-Unis sont plus importants que l'Asie : 9 % de citoyens européens de plus sont de cet avis en comparaison à l'année dernière.

Bien que la crise de la zone euro ait pu influer sur les résultats en soulignant l'interdépendance de l'économie européenne et américaine, les habitants du vieux et du nouveau continent s'accordent sur leur opinion négative de la Chine (52 % aux Etats-Unis et 50 % en Europe).

« Je ne pense pas qu'il s'agisse d'une tendance à long terme », a commenté David O'Sullivan, le directeur général administratif du corps diplomatique de l'UE (SEAE).  « Il ne s'agit pas d'un jeu à somme nulle, nous pensons aussi que l'Asie est très importante », a-t-il expliqué. Il a ajouté que dans ce monde en plein changement, les Européens et les Américains avaient dû repenser leurs relations tout en prenant d'autres partenaires stratégiques en considération.

Deux tiers des Américains sont d'avis que l'Europe devrait faire preuve d'un réel leadership dans les affaires mondiales. Les résultats ne sont toutefois pas les mêmes au sein des différents partis. Soixante-quatorze pour cent des démocrates pensent que les Etats-Unis et l'UE partagent suffisamment de valeurs pour travailler ensemble à la résolution des problèmes mondiaux, contre 60 % des républicains.

Ce sondage d'opinion a porté sur environ 1000 personnes dans chacun des 15 pays sondés. Douze de ces pays font partie de l'UE (Allemagne, Bulgarie, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovaquie, Suède et Royaume-Uni) et les trois autres sont la Turquie, la Russie et les Etats-Unis.

De manière générale, les relations transatlantiques sont considérées comme stables entre l'UE et les Etats-Unis, bien que le pourcentage d'Américains satisfaits à ce sujet est passé de 54 % en 2010 à 44 % en 2012.

M. O'Sullivan a martelé que les Etats-Unis et l'Europe avaient aujourd'hui l'opportunité de renforcer leur collaboration en luttant pour la croissance économique. Il a mentionné les activités que mène actuellement le groupe de travail de haut niveau sur la croissance et l'emploi, mis sur pied lors du dernier sommet UE-USA de novembre. Il espère que les deux partenaires parviendront à entamer des négociations portant sur un accord de libre-échange global.

Mitt Romney, l'homme inconnu, Barack Obama, la star

Le sondage a également révélé que la réputation des Etats-Unis en Europe pourrait pâtir de l'élection de Mitt Romney au poste de président à l'issue des élections de novembre prochain.

Seuls 23 % des Européens interrogés ont une image positive du candidat républicain et 39 % y sont défavorables. Il est intéressant de noter que 38 % des répondants ne le connaissent pas ou ont du moins refusé de répondre à la question, ce qui sous-entend que M. Romney reste très méconnu en dehors des Etats-Unis. C'est en Allemagne qu'il s'est attiré le plus d'antipathie (51 %).

Même s'il est probable que le parti de M. Romney fasse fi des résultats négatifs de ce sondage international, Peter Spiegel du Financial Times a expliqué que le respect que témoignait la communauté internationale au président jouait un rôle dans l'opinion et que M. Obama était clairement plus à même de se faire respecter à l'international.

M. O'Sullivan s'est quant à lui montré plutôt diplomatique et a affirmé que l'UE coopérerait avec celui qui serait élu.

M. Romney s'est attiré les foudres de plusieurs dirigeants lors de sa tournée outre-Atlantique de juillet qui a eu lieu après la réalisation de ce sondage.

Il a insulté les organisateurs des Jeux olympiques en Grande-Bretagne et a même remis en question l'engagement des Britanniques, suscitant les moqueries du maire de Londres, Boris Johnson. Cette bévue est également mal passée dans le reste de l'Europe. Un blogueur du quotidien français Le Figaro a même titré « Mitt Romney est-il un loser ? ».

Le président Barack Obama reste très populaire en Europe, malgré une baisse de 12 points dans les sondages à l'issue de sa première année au pouvoir.

Soixante-et-onze pour cent des Européens interrogés approuvent sa gestion des politiques internationales, mais M. Lesser a précisé qu'il jouissait d'un moindre soutien dans les pays d'Europe de l'Est. En Bulgarie, par exemple, il a perdu 21 points de pourcentage depuis 2009 (sa cote de popularité étant de 51 % aujourd'hui). En Pologne, il a perdu 16 % depuis l'année dernière : 49 % des Polonais le soutiennent aujourd'hui.

Aucun des deux camps ne fait de progrès significatifs dans cette campagne très divisée aux Etats-Unis et les partisans de M. Obama aimeraient bien que les Américains se montrent aussi enthousiastes que les Européens pour leur programme. Trois quarts des Européens ont affirmé qu'ils voteraient pour M. Obama s'ils pouvaient voter aux élections américaines. C'est en France que ce sentiment est le plus dominant (89 % des Français voteraient pour l'actuel président et seuls 2 % voteraient pour M. Romney).

Joanna Impey, journaliste pour la Deutsche Welle (programme journalistique Robert Bosch Foundation-EurActiv) - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
Contexte : 

L'économie transatlantique génère près de 3,8 mille milliards d'euros de ventes commerciales par an et emploie jusqu'à 15 millions de travailleurs des deux côtés de l'Atlantique.

Les relations entre les deux puissances sont particulièrement solides en matière d'investissement direct à l'étranger (IDE) : en 2011, l'IDE (investissement direct à l'étranger) américain en Europe a atteint 200 milliards de dollars (152 milliards d'euros), c'est la deuxième fois seulement qu'il atteint un tel niveau.

En comparaison, les entreprises américaines ont investi 40 milliards de dollars (30 milliards d'euros) en Chine entre 2000 et 2011, ce qui place la Chine à la 14e place en termes de destination des IDE américains, derrière la Belgique, la France, l'Allemagne, la Suisse, l'Irlande, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas.

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