Le ministre belge des affaires étrangères, Didier Reynders, a déclaré que ses homologues européens, réunis à Chypre samedi (8 septembre), avaient décidé que de nouvelles sanctions étaient nécessaires. Ils ont chargé Catherine Ashton, la haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères, de préparer des propositions pour le mois prochain.
« Nous devons aller plus loin dans [les sanctions contre] le secteur financier et les activités commerciales », a déclaré M. Reynders à Reuters à l'issue d'une réunion à Pafos, une station balnéaire de luxe située à Chypre, à moins de 400 kilomètres de Damas.
Cet accord intervient alors que la communauté internationale s'impatiente face à M. Assad qui s'accroche au pouvoir malgré 17 mois de soulèvement contre son régime et plusieurs vagues de sanctions de la part de l'UE. Ces sanctions incluent notamment un embargo, des interdictions de voyager et le gel des actifs d'une cinquantaine d'entreprises et de 150 individus.
Mme Ashton a déclaré que l'UE renforcerait également ses efforts pour aider les réfugiés et les autres victimes du conflit syrien et qu'elle soutiendrait Lakhdar Brahimi, le nouveau médiateur des Nations unies et de la Ligue arabe.
« Les mesures à prendre sont à l'étude, non seulement pour envisager la possibilité de nouvelles sanctions, mais aussi pour garantir qu'elles soient correctement mises en oeuvre et que toute tentative d'y échapper soit évitée », a indiqué Mme Ashton lors d'une conférence de presse à Nicosie à l'issue de la réunion,
Quelque 20 000 personnes ont été tuées depuis le début du conflit, selon les chiffres de l'ONU. Mme Ashton a indiqué que 230 000 Syriens avaient fui le pays, afin de se rendre, pour la plupart, en Turquie, en Jordanie, en Iraq et au Liban.
Travailler avec les Russes
La ministre chypriote des affaires étrangères, Erato Kozakou-Marcoullis, a affirmé que selon les pays membres de l'UE il était important de travailler avec Moscou, le principal soutien diplomatique et militaire de Bachar al-Assad, malgré le ressentiment général à l'encontre de la Russie et de la Chine qui ont empêché à trois reprises le Conseil de sécurité de l'ONU d'exercer plus de pression sur la Syrie.
« Nous devons continuer à travailler avec les Russes, car nous voulons prendre leur avis en compte », a-t-elle expliqué.
Le ministre suédois des affaires étrangères, Carl Bildt, a prévenu qu'il serait difficile de trouver des domaines de l'économie où les sanctions auraient un impact fort.
« Nous ne pouvons pas faire grand-chose », a déclaré M. Bildt à la presse.
Une autre possibilité pourrait être de créer une zone tampon à l'abri des attaques aériennes, mais l'exécutif européen estime que ce serait impossible sans une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies autorisant une intervention.
Le ministre français des affaires étrangères, Laurent Fabius, a déclaré la semaine dernière que la France et la Turquie avaient identifié des zones dans le nord et le sud de la Syrie qui échappent au contrôle de M. Assad et offrent aux communautés locales l'opportunité de se gouverner elles-mêmes sans se sentir obligées de fuir vers les pays voisins.
Les autres ministres européens n'ont pas souhaité lui apporter leur soutien pour l'instant.
« Nous devons retourner dans la capitale et décider de la marche à suivre », a déclaré Radosław Sikorski, le ministre polonais des affaires étrangères. « Personne ne sait quoi faire à propos de la Syrie, mis à part tenter de convaincre l'opposition syrienne de faire preuve de plus d'unité. »
Kristalina Georgieva, la commissaire à l'aide humanitaire et à la réaction aux crises, a affirmé que l'exécutif européen débloquerait 50 millions d'euros supplémentaires pour aider les citoyens syriens. Cette initiative amènerait à 200 millions d'euros l'aide de la Commission européenne et des États membres, soit près de la moitié de la totalité de l'aide humanitaire internationale déboursée pour enrayer cette crise.
Elle s'est adressée aux journalistes à Bruxelles pour expliquer que la communauté internationale n'avait pour l'instant pas réussi à faire preuve d'unité sur le plan politique, mais que cela ne devrait pas être une excuse pour en faire moins sur le plan humanitaire.



