L'organisation syrienne pour la défense des droits, Sawasiah, a déclaré qu'elle avait reçu des rapports selon lesquels au moins 20 personnes avaient été tuées à Deraa depuis l'entrée de tanks lundi, mais la communication avec la ville du sud où les manifestations contre le président Bashar al-Assad ont début le 18 mars a été coupée, ce qui nous empêche de confirmer l'information.
Au moins 500 personnes ont été arrêtées ailleurs en Syrie, a ajouté l'organisation.
Des diplomates ont affirmé que le nombre de civils tués pourrait s’élever à 50 à Deraa et de 12 à Mouadhamiya, qui se trouve sur la route vers le plateau du Golan occupé au sud-ouest de Damas.
« Le régime a choisi d'avoir recours à une violence excessive. Ca a marché en 1982, mais il n'y a aucune garantie que cela fonctionnera à nouveau à l'époque de l'Internet et des téléphones munis de caméras », a déclaré un haut diplomate, faisant référence à la révolte de 1982 dans la ville d'Hama qui avait coûté la vie à près de 30 000 personnes.
Les vidéos postées sur Internet par les manifestants ces derniers jours montrent des troupes qui ouvrent le feu sur des foules désarmées. Dans la banlieue Barzeh de Damas, les résidents ont décrit les forces de sécurité qui faisaient feu contre des manifestants avec une mitrailleuse montée sur un camion.
« En utilisant l'artillerie contre son propre peuple aujourd'hui, le gouvernement syrien a montré sa détermination à écraser les protestations pacifistes pratiquement à tout prix, peu importe le prix à payer en termes de vies syriennes », a déclaré Malcolm Smart, directeur d'Amnesty International pour le Moyen-Orient et l'Afrique du nord.
Lundi, les forces du gouvernement ont également pris d'assaut Douma et Mouadhamiya, dans la banlieue de Damas, ils ont tiré et procédé à des arrestations, un jour après avoir balayé la ville côtière de Jabla où au moins 13 civils ont été tués, selon les militants.
Mme Ashton condamne la violence et demande des réformes
La haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Catherine Ashton, a condamné la violence et a demandé au gouvernement syrien de mener de « profondes réformes politiques ».
« Je condamne l'utilisation de forces brutales contre les manifestants en Syrie, ce qui a résulté en un grand nombre de victimes. Les autorités syriennes doivent immédiatement mettre un terme à la violence et pleinement respecter le droit des citoyens à manifester pacifiquement », a expliqué Mme Ashton dans une déclaration publiée vendredi.
La Maison Blanche, déplorant « la violence brutale utilisée par le gouvernement syrien contre son peuple », a affirmé que l'administration du président Barack Obama envisageait des sanctions ciblées pour montrer que ce comportement était « inacceptable ».
La Syrie subit des sanctions des Etats-Unis depuis 2004 pour son soutien à des groupes militants. Plusieurs fonctionnaires syriens, dont le cousin de M. Assad, Rami Makhlouf, sont sous le coup de sanctions américaines spécifiques pour « corruption publique ».
Selon certains analystes, la réponse de M. Obama à la crise syrienne reste limitée en comparaison avec le rôle de Washington dans la campagne aérienne de l'OTAN contre les forces du leader libyen, Mouammar Kadhafi.
Washington est conscient de sa capacité limitée à influencer Damas qui est déjà sous le coup de sanctions économiques des Etats-Unis et est un proche allié de l'Iran.
L'administration Obama craint également de susciter de l'instabilité aux frontières de son allié, Israël, et souhaite éviter un autre imbroglio militaire avec le monde musulman là où elle est impliquée dans des guerres en Irak et en Afghanistan.
Des mesures importantes à l'encontre de la Syrie par le Conseil de sécurité de l'ONU, similaires à celles pour la Libye, sont considérées comme irréalistes à cause des liens forts qui existent depuis longtemps entre Damas et Moscou, a rapporté EuroNews.
(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EurActiv)




