Les ministres européens des affaires étrangères aborderont cette question lors de leur réunion du 23 mars, ont indiqué des diplomates. Si ce plan est approuvé, une mission mineure pourrait être envoyée pour former la police locale et les agents de sécurité au cours des prochains mois.
« Notre objectif est de soutenir les gouvernements de la région pour assurer une meilleure sécurité », a expliqué un diplomate. « Nous espérons ainsi qu'ils deviendront opérationnels cette année. »
Les inquiétudes de l'Occident face à l'instabilité de la région subsaharienne se sont accentuées au cours des derniers mois, suite à une vague d'enlèvements d'Occidentaux par la branche nord-africaine d'Al-Qaïda et aux pénuries alimentaires qui ne devraient faire que s'aggraver.
Depuis la fin des soulèvements en Lybie et la chute de Mouammar Kadhafi, des flux d'armes et d'anciens combattants nomades déferlent dans la région et font craindre que des groupes islamistes ne profitent du chaos qui y règne pour étendre leur influence.
Les experts du domaine de la sécurité affirment qu'il est urgent que la communauté internationale soutienne la lutte contre le terrorisme dans cette région reculée qui sert depuis longtemps de repère aux contrebandiers et aux rebelles et où les gouvernements peinent parfois à affirmer leur autorité.
De nombreux gouvernements européens sont toutefois réticents à l'idée de s'engager dans une nouvelle mission de sécurité à l'étranger alors que l'UE manque de fonds et d'équipements pour les projets existants, en ces temps d'austérité.
Actuellement, l'UE projette de réduire d'un tiers sa mission policière au Kosovo, bien que certains affirment que ce projet manque déjà de force pour rétablir l'ordre dans les zones de non-droit du nord du Kosovo.
En outre, les forces navales de l'Union qui luttent contre les pirates au large de la Somalie s'avèrent insuffisantes.
Selon des diplomates, les capitales européennes seraient toutefois disposées à soutenir un plan de mission général pour le Niger, principalement sous l'impulsion de la France qui est historiquement liée à cette région.
Ce projet pourrait toutefois poser des problèmes d'effectifs, même s'il ne devrait impliquer qu'un petit groupe de formateurs.
« De nombreux gouvernements rejettent cette idée et pensent que nous devrions d'abord investir davantage dans les missions existantes plutôt que de passer constamment d'un pays à l'autre avec de nouveaux projets », a affirmé un diplomate de l'UE.
« Mais les Français semblent déterminés à envoyer cette mission sur le terrain dès le premier semestre de cette année. »
L'un des objectifs à plus long terme de cette mission serait d'inclure les autorités maliennes et mauritaniennes à un stade ultérieur.
En décembre dernier, le Niger a fait savoir qu'il avait déployé des forces d'élite dans le désert du Sahara et le Mali a renforcé ses forces de sécurité dans la ville de Kidal, situé dans une région où seraient rassemblés les nomades touaregs qui se sont battus contre le régime de Kadhafi.
Selon certains experts, les divisions régionales compliquent la mise en place de mesures de sécurité et les activistes peuvent gagner du terrain en accusant les gouvernements de la région de collaborer avec l'Occident.




