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L'UE prête à soutenir la Libye post-Kadhafi

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Publié 21 octobre 2011, mis à jour 25 octobre 2011

Les dirigeants de l'Union européenne (20 octobre) ont salué la nouvelle de la mort de Mouammar Kadhafi, affirmant qu'elle marquait « la fin d'une ère de despotisme et de répression ». La Commission a indiqué qu'elle mettait 85 millions d'euros à disposition pour la reconstruction et la stabilisation du pays.

José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, et Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, ont été parmi les premiers de la communauté internationale à réagir à la mort de Mouammar Kadhafi hier (20 octobre).

« L'annonce de la mort de Mouammar Kadhafi marque la fin d'une ère de despotisme et de répression. Le peuple libyen souffre depuis déjà trop longtemps », ont déclaré les deux leaders dans un communiqué conjoint publié vers 15h30 (heure de Bruxelles), alors que la mort du dictateur n'avait pas encore été confirmée.

« Aujourd'hui, la Libye peut tourner une page de son histoire et espérer un avenir démocratique », ont-ils ajouté. Ils ont également exhorté le Conseil national de transition à « mener un processus général de réconciliation visant tous les Libyens et permettant une transition démocratique, pacifique et transparente dans le pays ».

A Bruxelles, le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a appelé à la réconciliation entre tous les Libyens et a demandé au Conseil national de transition de « prévenir toutes représailles contre des civils et de faire preuve de retenue dans le traitement réservé aux forces pro-Kadhafi vaincues ».

Le peuple libyen pourra à présent « décider de son propre avenir » en organisant les premières élections libres en 42 ans dans le pays, a déclaré M. Rasmussen.

La fin de la mission de l'OTAN en Libye approche à grands pas, a ajouté le secrétaire général.  « Nous déciderons de la fin de notre mission avec les Nations unies et le Conseil national de transition ».

Des fonds européens disponibles

L'UE va à présent se concentrer sur la transition démocratique en Libye et sur la stabilisation de ce pays après plus de six mois de conflit.

Quelque 25 millions d'euros sont déjà disponibles pour les impératifs de stabilisation dans le pays, a indiqué la Commission. Il s'agirait notamment d'une « assistance technique à court terme pour aider le CNT à mettre sur pied des institutions publiques ».

Des fonds supplémentaires seront mis à disposition par la suite, lorsque le nouveau gouvernement libyen sera en place. Jusqu'à 60 millions d'euros seront proposés à la Libye jusqu'en 2013, a précisé Bruxelles. 

« La Commission européenne est prête à réorienter les financements disponibles pour la Libye (60 millions d'euros) pour satisfaire les besoins des nouvelles autorités libyennes dans des domaines tels que la démocratisation et la société civile, la construction de bâtiments de l'administration publique, ainsi que le développement économique et social ».

« Ce programme d'aide à plus long terme sera mis au point en collaboration avec les nouvelles autorités libyennes », a expliqué la Commission.

Remettre l'économie sur pied

Depuis la chute de Mouammar Kadhafi en août dernier, les entreprises européennes se bousculent pour investir dans le pays. L'entreprise pétrolière italienne Eni et le Français Total font partie de ceux qui souhaitent ardemment relancer l'exploitation des ressources pétrolière à l'est de la Libye.

« La Libye est un pays riche en ressources », a déclaré la Commission, laissant entendre que l'aide internationale ne serait pas longtemps requise.

Afin de contribuer à la reconstruction de l'économie libyenne, l'UE a commencé à lever les restrictions qui avaient été imposées à 28 entités économiques, des ports principalement. Ces entités faisaient l'objet de sanctions lorsqu'elles étaient encore aux mains du régime. « Ceci contribuera à la reprise de l'activité économique », a affirmé la Commission.

« Notre but est de fournir des ressources au gouvernement intérimaire et au peuple libyen, et de les aider à faire à nouveau fonctionner leur économie », déclarait la responsable de la politique étrangère européenne, Catherine Ashton, en septembre dernier.

Lors d'un sommet à Paris le 1er septembre, les puissances occidentales avaient affirmé que le général déchu demeurait une menace, mais elles avaient décidé de verser 15 milliards de dollars (10,5 milliards d'euros) de ses actifs au CNT pour qu'il entame le travail de reconstruction.

Contexte : 

Paris et Londres avaient pris la tête des opérations de la communauté internationale visant à renverser le régime de Mouammar Kadhafi. Le dictateur était accusé de crimes contre l'humanité lors de la répression de l'insurrection libyenne qui a débuté en février dernier.

Le 17 mars, le Conseil de sécurité de l'ONU a voté pour l'imposition d'une zone d'exclusion aérienne en Libye et pour aider les rebelles libyens à renverser Mouammar Kadhafi. Cette zone d'exclusion aérienne a été mise en place par l'OTAN qui a soutenu l'insurrection libyenne via des frappes aériennes.

En mars, plusieurs pays membres de l'UE ont décidé de geler les actifs libyens. L'UE a suivi, en décidant de geler les actifs de 28 entités libyennes, principalement des ports, et en imposant un embargo pétrolier afin d'affaiblir le régime.

Ces sanctions ont été levées en août, lorsque les rebelles ont pris le contrôle de la capitale, Tripoli.

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