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Nicolas Sarkozy veut créer un « Groupe des Amis du peuple syrien »

Publié 06 février 2012
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China Russia Syria UN veto
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Hier (5 février), les Etats occidentaux et arabes sont se montrés indignés après que la Russie et la Chine ont opposé leur veto à une résolution de l'ONU qui aurait plaidé en faveur du projet arabe de pousser le président syrien, Bachar al-Assad, à quitter le pouvoir. Le président français, Nicolas Sarkozy, a proposé de créer le « Groupe des Amis du peuple syrien » pour soutenir cette initiative.

La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a qualifié ce veto de « farce ». Ce vote a eu lieu un jour après que des activistes ont affirmé que les forces syriennes avaient bombardé la ville de Homs, entraînant la mort de 200 personnes lors du pire bain de sang en 11 mois de soulèvement.

La Russie a quant à elle déclaré que cette résolution manquait d'objectivité et que cela reviendrait à prendra parti dans une guerre civile. La Syrie est le seul grand allié de Moscou au Moyen-Orient, elle héberge une base navale russe et achète ses armes. Le veto de la Chine semble similaire à celui exprimé par la Russie.

Le ministre britannique des affaires étrangères, William Hague, a déclaré que Moscou et Beijing avaient tourné le dos au monde arabe. Le Français Alain Juppé a affirmé que ces pays portaient « une terrible responsabilité aux yeux du monde et du peuple syrien ».

Mme Clinton a affirmé que les Etats-Unis coopéreraient avec d'autres pays pour tenter de renforcer les sanctions « régionales et nationales » contre le gouvernement Assad, afin d'« assécher les sources de financements et de mettre un terme aux convois d'armes qui permettent à la machine de guerre du régime de fonctionner ».

« Nous tenterons de dénoncer qui sont ceux qui continuent de financer le régime et de lui envoyer des armes utilisées contre des Syriens sans défense, y compris des femmes et des enfants », a-t-elle déclaré. « Nous travaillerons avec les partisans d'une Syrie démocratique dans le monde, afin de soutenir les projets de changements politiques pacifiques de l'opposition. »

Coalition des volontaires ?

Mme Clinton n'est pas entrée davantage dans les détails s'agissant des pays qui pourraient se réunir et de la nature même de leurs actions. Il semble toutefois que les Etats-Unis pourraient tenter de mettre sur un pied un groupe des « Amis de la Syrie », suite à la proposition du président français, Nicolas Sarkozy, pour soutenir l'initiative de la Ligue arabe, dans la mesure où il n'est pas possible d'avancer sur ce dossier au niveau de l’ONU, en raison du veto de la Russie et de la Chine.

M. Sarkozy reçoit la chancelière allemande, Angela Merkel, aujourd'hui à Paris et les deux chefs d'Etat devraient s'exprimer à la télévision sur un large éventail de sujets, y compris l'escalade de la violence en Syrie.

Les 13 autres membres du Conseil de sécurité ont voté en faveur de la résolution qui aurait témoigné d'un soutien total au projet de la Ligue arabe qui souhaite que M. al-Assad transmette son pouvoir au vice-président, que les troupes quittent les villes et que la transition démocratique soit entamée.

Les critiques de l'Occident ont été relayées au Moyen-Orient, où les puissances arabes comme l'Arabie Saoudite et non arabes comme la Turquie ont pris position contre le régime de M. al-Assad.

« Malheureusement, hier, la logique de la guerre froide a persisté à l'ONU », a déclaré le ministre turc des affaires étrangères, Ahmet Davutoğlu. « La Russie et la Chine n'ont pas voté en se fondant sur la réalité de la situation, mais plutôt en adoptant une attitude réflexive contre l'Occident. »

Le représentant de la Russie à l'ONU, Vitaly Churkin, a accusé les partisans de cette résolution d'« appeler à un changement de régime, de pousser l'opposition vers le pouvoir, de ne pas mettre un terme à leurs provocations et d'alimenter un conflit armé ».

« Certains membres influents de la communauté internationale, y compris ceux assis à cette table malheureusement, empêchent depuis le début l'établissement d'une stabilité politique », a-t-il déclaré. 

Réactions : 

Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a condamné les violences à Homs en Syrie et a fait la déclaration suivante :

« Au nom du Parlement européen, je condamne les terribles atrocités commises au nom du régime syrien contre les civiles de Homs.  Mes pensées vont aux familles et aux amis des victimes. Un massacre de civils innocents est en cours. »  

« Je demande au président al-Assad de rappeler ses forces armées immédiatement. Le régime al-Assad n'a plus aucune légitimité.  En outre, j'appelle la communauté internationale dans son ensemble à se montrer solidaire, y compris la Russie et la Chine. Les pays doivent prendre leurs responsabilités internationales au sérieux et je déplore le veto opposé à la résolution de l'ONU condamnant les violences et le régime syrien. »

Guy Verhofstadt, le leader de l'ADLE au Parlement européen, a remis en question la crédibilité du Conseil de sécurité, dans la mesure où une résolution sur la Syrie soutenue par 13 de ses membres a pu être bloquée par la Chine et la Russie.

« Ce blocage par la Russie et [la Chine] est inacceptable, surtout de la part de deux pays qui n'ont aucune leçon à donner sur les droits de l'Homme et la démocratie.  Les régimes autoritaires qui pensent pouvoir survivre en niant les massacres qui ont cours en Syrie se trompent et sont coupables par association.

« J'appelle tous les Etats membres de l'UE, ainsi que la haute représentante de l'UE, la baronne Ashton, à demander le départ immédiat de tous les ambassadeurs syriens basés sur le territoire de l'UE.

« De plus, des refuges doivent être établis le plus tôt possible à la frontière syrienne, voire à l'intérieur du pays, pour protéger les civils. »

« Cela fait des mois que M. al-Assad a l'opportunité de faire des réformes. Il a choisi de renforcer la répression et a massacré son peuple. Ca suffit. La Russie et la Chine ne doivent pas pouvoir empêcher les autres pays d'agir pour sauver des vies. Si rien n'est fait, plus de personnes courageuses souhaitant mettre un terme à la tyrannie mourront et la légitimité de l'ONU sera remise en question », a conclu M. Verhofstadt.

EurActiv avec Reuters - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
Contexte : 

Les manifestations en Syrie ont commencé à la mi-mars 2011 et ont été inspirées par les soulèvements qui ont eu lieu en Egypte et en Tunisie. Le régime doit faire face à des pressions internationales grandissantes concernant la répression du mouvement de protestation.

Les tensions sont vives entre la population syrienne sunnite majoritaire, qui est à la tête des protestations, et la minorité alaouite du président Bachar al-Assad, une ramification de l'Islam chiite.

Selon l'ONU, la répression a entraîné la mort de 6000 civils et soldats refusant de tirer.

Il s'agit de la pire crise en Syrie depuis que le père de Bachar, Haffez al-Assad, a réprimé un soulèvement armé islamiste en 1982. Les puissances occidentales, les Etats arabes et la Turquie ont imposé des sanctions au pays.

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