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Selon des parlementaires, l'UE doit soutenir la transition égyptienne

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Publié 16 février 2011, mis à jour 14 décembre 2012

Cinq jours après le départ de Hosni Moubarak, le Parlement européen est aujourd'hui (16 février) prêt à déplorer la faible et lente réaction de l'UE face aux évènements qui se sont déroulés en Egypte. Un reportage d'EurActiv France. 

Quelques jours après la chute de l'ancien président Hosni Moubarak et les réactions qu’elle a provoquée dans la communauté internationale, le Parlement européen compte bien faire entendre sa voix, mercredi 16 février, sur la situation en Egypte. Un débat doit avoir lieu en session plénière suivi d'une déclaration officielle des parlementaires. 

«Il faut soutenir, soutenir et soutenir les Egyptiens», martèle l’eurodéputé Europe écologie (Verts/ALE) Jean-Paul Besset. Selon lui, l’Europe doit apporter des soutiens financiers, économiques, mais aussi une expertise démocratique à l’Egypte. 

«Nous devons être présents pendant les élections elles-mêmes», renchérit le Belge Saïd El Khadraoui (S&D), vice-président de la délégation «Mashrek» de l’assemblée européenne. L’Europe doit soutenir un scrutin libre et pluraliste, estime-t-il.

Pour le président du groupe libéral au Parlement européen, le belge Guy Verhofstadt (ADLE), l’UE doit donner à l’Egypte les moyens de faire émerger des institutions démocratiques, mais aussi de lutter contre la corruption. «Il faut aussi soutenir la société civile et la reconstruction économique», ajoute-t-il.

Faiblesse et sens du vent

Jean-Paul Besset porte un regard «mitigé» sur l’action de la diplomatie de l'UE. «Les autorités européennes et les gouvernements ont été très faibles. Ils n’ont pas pris beaucoup de risques», constate-t-il, ajoutant qu’ils se sont contentés de suivre «le sens du vent».

Signataire du projet de déclaration sur l’Egypte, l’eurodéputé allemand Elmar Brok (PPE) admet également que la réaction de la diplomatie européenne a été «un peu lente», et que l’UE doit maintenant soutenir la transition diplomatique du peuple égyptien. 

«L’Union européenne a réagi un peu tard», juge aussi Saïd El Khadraoui. Même s'il concède que «la rapidité [des événements] a surpris tout le monde». «L'Europe n’était pas préparée», estime-t-il. Il plaide pour que les gouvernements engagent une réelle concertation avec la haute représentante de l’UE pour la politique étrangère, Catherine Ashton, afin de parler d’une seule voix. «L’impact des propos de l’Union européenne n’aurait pas été très important. Cela n’aurait pas changé grand chose», reconnaît-il néanmoins. 

Politique de voisinage

La résolution du Parlement européen n’est-elle pas dérisoire face à la situation égyptienne? «Les résolutions paraissent toujours dérisoires Mais la voix des parlementaires est tout de même à prendre en compte.» Le député socialiste souhaite que le Parlement européen adopte un texte extrêmement volontariste.

Pour l’avenir, Saïd El Khadraoui juge que «l’Europe doit repenser [sa] politique de voisinage». «Il faut que le respect des droits de l’homme soit une condition au versement des fonds», affirme-t-il. Il plaide pour que l’Union européenne ne discute pas seulement avec les gouvernements, mais aussi les sociétés civiles. 

Elmar Brok, va dans le même sens. «Notre politique de voisinage n’est pas assez claire. Il faut que nous nous concentrions davantage sur le développement politique, économique et social des pays.» 

Gel bancaire

Catherine Ashton s’exprimera devant les élus européens juste avant le débat. Elle est attendue sur de nombreux sujets, dont le gel des avoirs européens d’Hosni Moubarak. Sa porte-parole a indiqué, lundi 14 février, que l’UE agirait si une demande était formulée par le Caire en ce sens. Les autorités égyptiennes ont déjà demandé à la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni de geler tous les mouvements bancaires de l'ancien président égyptien. En visite en Tunisie et au Moyen-Orient, mardi 15 février, Catherine Ashton a indiqué vouloir se rendre en Egypte «dès qu’elle le pourra».

Quant à Guy Verhofstadt, il estime que la Haute représentante doit aller plus loin. «Nous devons avoir une position claire sur les mouvements qui ont lieu dans les pays [de la région], affirme-t-il. Nous ne pouvons pas faire la même faute qu’avec l’Egypte et la Tunisie. Nous devons aider ces mouvements.»

Le débat sur la situation égyptienne, puis l’adoption de la résolution, jeudi 17 février, ne devraient pas être très conflictuel. «Maintenant que Moubarak est parti, les discussions seront plus faciles et notre accord sera facilité», pronostique Saïd El Khadraoui.

Prochaines étapes : 
  • 17 Feb.: European Parliament vote on adopting Egypt resolution.
Contexte : 

Les évènements au Caire semble découler de la Révolution du Jasmin en Tunisie. Le 14 janvier, des Tunisiens en colère provoquaient la chute du président Zine al-Abidine Ben Ali après plus de 23 ans au pouvoir. Une semaine plus tard, les partisans de l'opposition algérienne affrontaient la police dans la capitale du pays. Plusieurs personnes furent blessées.

Le président égyptien, Hosni Moubarak, a dirigé son pays d'une main de fer durant trois décennies avant de démissioner le 11 février après 18 jours d'importantes manifestations.

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