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Syrie : l’Allemagne affirme que de nouvelles sanctions seront adoptées

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Publié 21 février 2012, mis à jour 23 février 2012

L’Union européenne devrait adopter de nouvelles sanctions contre le gouvernement syrien du président Bachar Al-Assad dans les semaines à venir, a déclaré le ministre allemand des affaires étrangères, Guido Westerwelle.

L'Allemagne et d'autres puissances occidentales auraient appelé M. Assad à démissionner pour faire cesser les manifestations contre son gouvernement qui ont entraîné une répression violente de la part des forces de sécurité de son gouvernement.

Les forces de sécurité syriennes ont tué plus de 5000 personnes l'an dernier, selon les organisations de défense des droits de l'Homme. Le gouvernement Assad affirme quant à lui que plus de 2000 soldats et agents des forces de l'ordre ont été tués.

« Nous adopterons de nouvelles sanctions en Europe, et pas seulement en Europe », a déclaré M. Westerwelle hier (21 février) en marge d'une réunion des ministres des affaires étrangères du G20 à Los Cabos au Mexique.

« Je pense que les sanctions seront renforcées cette semaine, car les violences se poursuivent », a-t-il ajouté lorsqu'il lui a été demandé si l'Europe comptait adopter des mesures pour mettre la banque centrale syrienne sur liste noire.

M. Westerwelle n'a pas souhaité citer de sanctions spécifiques, mais un fonctionnaire du G20 présenté à la réunion a déclaré sous le couvert de l'anonymat que l'UE était sur le point d'adopter des mesures pour réduire la marge de manœuvre de la banque centrale.

Des diplomates de l'UE ont affirmé ce mois-ci qu'ils travaillaient sur une nouvelle série de sanctions contre la Syrie qui devrait, ils l'espèrent, être finalisée d'ici le 27 février. Il s'agirait notamment de geler les actifs de la banque centrale syrienne ainsi que la plupart des transactions qui sont opérées avec elle.

M. Westerwelle a affirmé qu'il était temps d'intensifier les pressions diplomatiques sur la Syrie. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne lui ont témoigné leur soutien et ont également exhorté la Chine et la Russie à en faire davantage.

« Nous enverrons un message clair à la Russie, à la Chine et aux autres pays qui ne savent toujours pas comment faire face à la montée de la violence, mais qui malheureusement font jusqu'à présent les mauvais choix », a déclaré à la presse la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton.

Beijing et Moscou ont fait enrager les pays occidentaux et arabes ce mois-ci en opposant leur veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU qui soutenait le plan de la Ligue arabe visant à réclamer la démission de M. Assad.

Lundi dernier, les deux puissances ont témoigné leur soutien au président syrien.

M. Assad a rencontré un éminent homme politique russe à Damas. Celui-ci a réitéré le soutien de Moscou envers son programme de réformes et s'est exprimé contre l'intervention de puissances étrangères dans le conflit, ont rapporté les agences de presse russe et syrienne.

La Chine a accusé les pays occidentaux d'attiser la guerre civile en Syrie et deux navires de guerre iraniens ont accosté sur une base navale syrienne, ce qui n'a fait qu'intensifier les tensions.

EurActiv.com avec Reuters - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
Contexte : 

Les manifestations en Syrie ont commencé à la mi-mars 2011 et ont été inspirées par les soulèvements qui ont eu lieu en Egypte et en Tunisie. Même si le président Bachar al-Assad a proposé des concessions et des réformes, le gouvernement continue ses actes de répression et les Nations Unies affirment que 2200 civils ont été tués.

Le 1er août 2011, la responsable de l'UE pour la politique étrangère, Catherine Ashton, a annoncé le renforcement des sanctions à l'encontre de la Syrie, sous la forme d'un gel d'actifs et d'une interdiction de voyager pour cinq citoyens syriens liés aux actes de répression.

Selon les chiffres de la Commission, le commerce UE-Syrie s'élevait à 7,8 milliards d'euros en 2010, l'équivalent de plus de 15 % du PIB syrien. La situation économique du pays s'est détériorée ces derniers mois : les réserves de la banque centrale ont fondu et les citoyens doivent faire face à des pénuries de carburant.

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