« Les mois et les années à venir seront un test pour le peuple libyen s'agissant de ses ressources et de sa détermination. Je ne doute pas qu'ils relèveront ce défi et qu'ils s'uniront pour s'assurer que la Libye prendra sa place dans la communauté internationale en tant qu'Etat prospère, stable et démocratique », a déclaré aujourd'hui (22 août) la haute responsable des affaires étrangères de l'UE, Catherine Ashton.
Sa déclaration est survenue quelques heures à peine après que le coordinateur du Conseil national de transition des rebelles, Adel Dabbechi, a confirmé que le plus jeune fils de Mouammar Kadhafi, Saif Al-Islam, avait été capturé.
Le tribunal pénal international de La Haye, qui souhaite juger Saif et son père pour crimes contre l'humanité, a confirmé qu'il était prisonnier et a demandé aux rebelles de le mettre à disposition pour qu'un procès ait lieu.
L'aîné des fils de Mouammar Kadhafi, Mohammed Al-Kadhafi, s'est rendu aux forces rebelles, a déclaré M. Dabbechi à Reuters.
Lors d'un entretien télévisé, le cadet de la famille Kadhafi a affirmé que des hommes armés avaient encerclé sa maison, mais il a par la suite dit à al-Jazira par téléphone que sa famille et lui-même n’avaient pas été blessés.
Respecter ses promesses
L'UE devra à présent respecter ses promesses en apportant à la nouvelle Libye une aide économique, mais également en l'aidant à mettre en place de nouvelles institutions en collaboration avec la Ligue arabe, l'Union africaine et l'ONU.
L'Union a promis d'aborder cette question lors du Sommet de Paris pour le soutien au peuple libyen le 19 mars.
A cette occasion, le président permanent du Conseil, Herman Van Rompuy, a affirmé qu’il fallait « aider l’histoire, mais avant tout soutenir le peuple libyen ».
Afin de faciliter la transition politique et de tenter d'éviter une crise humanitaire, l'UE a ouvert un bureau dans la capitale rebelle, Benghazi, à la fin du mois de mai.
Lors d'un sommet des dirigeants de l'UE en mars, la haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères, Catherine Ashton, et la Commission européenne avaient proposé d'établir un Partenariat pour la démocratie et la prospérité avec le sud de la Méditerranée.
Ce partenariat a pour objectif de renforcer l'intégration économique et d'élargir l'accès aux marchés, ainsi que la coopération politique.
La question qui se pose est de savoir si l'UE dans son ensemble réagira plus rapidement que les Etats membres individuels.
Au début des soulèvements en Libye, la première réaction collective de l'UE est survenue lors d'une réunion des 27 ministres européens des affaires étrangères le 21 février, quatre jours après le « Jour de colère » du 17 février à Tripoli.
Leur communiqué se limitait à demander une « fin immédiate des violences ». Lors des jours qui ont suivi, les Etats membres de l'UE ont commencé à se quereller : l'Italie, Malte et Chypre ont résisté face aux demandes française, allemande et néerlandaise d'imposer des sanctions à la famille Kadhafi.
Alors que les dirigeants européens présentaient des propositions d'action, Mme Ashton a fait partie des derniers à demander la mise en place de sanctions, à prendre contact avec le Conseil national de transition à Benghazi et à soutenir une action militaire.
Elle n'a pas apporté son soutien à la campagne avant le mois de mars, date à laquelle cette dernière a été autorisée par le Conseil de sécurité de l'ONU. Mme Ashton a alors soutenu cette action.
La réticence de Mme Ashton à imposer une zone d'exclusion aérienne a mené à un conflit entre David Cameron, le premier ministre britannique, et Nicolas Sarkozy, le président français, lors d'une réunion du Conseil européen le 11 mars. La décision de l'Allemagne de s'abstenir de voter sur la résolution de l'ONU qui a donné le feu vert à une action militaire, a porté un coup à la chancelière allemande lors des élections régionales.
Le prochain Conseil Affaires étrangères de l'UE est prévu pour le 10 octobre.



