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L’UE prête à soutenir la transition en Libye

Publié 22 août 2011 - Mis à jour 24 août 2011
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Alors que les forces de Mouammar Kadhafi se dispersent, l’OTAN, qui a soutenu les rebelles libyens à l’aide d’une série de bombardements, appelle à une transition pacifique du pouvoir. Dans le même temps, l’UE affirme qu’elle va continuer d'apporter son soutien au peuple libyen.

« Les mois et les années à venir seront un test pour le peuple libyen s'agissant de ses ressources et de sa détermination. Je ne doute pas qu'ils relèveront ce défi et qu'ils s'uniront pour s'assurer que la Libye prendra sa place dans la communauté internationale en tant qu'Etat prospère, stable et démocratique », a déclaré aujourd'hui (22 août) la haute responsable des affaires étrangères de l'UE, Catherine Ashton.

Sa déclaration est survenue quelques heures à peine après que le coordinateur du Conseil national de transition des rebelles, Adel Dabbechi, a confirmé que le plus jeune fils de Mouammar Kadhafi, Saif Al-Islam, avait été capturé.

Le tribunal pénal international de La Haye, qui souhaite juger Saif et son père pour crimes contre l'humanité, a confirmé qu'il était prisonnier et a demandé aux rebelles de le mettre à disposition pour qu'un procès ait lieu.

L'aîné des fils de Mouammar Kadhafi, Mohammed Al-Kadhafi, s'est rendu aux forces rebelles, a déclaré M. Dabbechi à Reuters.

Lors d'un entretien télévisé, le cadet de la famille Kadhafi a affirmé que des hommes armés avaient encerclé sa maison, mais il a par la suite dit à al-Jazira par téléphone que sa famille et lui-même n’avaient pas été blessés.

Respecter ses promesses

L'UE devra à présent respecter ses promesses en apportant à la nouvelle Libye une aide économique, mais également en l'aidant à mettre en place de nouvelles institutions en collaboration avec la Ligue arabe, l'Union africaine et l'ONU.

L'Union a promis d'aborder cette question lors du Sommet de Paris pour le soutien au peuple libyen le 19 mars.

A cette occasion, le président permanent du Conseil, Herman Van Rompuy, a affirmé qu’il fallait « aider l’histoire, mais avant tout soutenir le peuple libyen ».

Afin de faciliter la transition politique et de tenter d'éviter une crise humanitaire, l'UE a ouvert un bureau dans la capitale rebelle, Benghazi, à la fin du mois de mai.

Lors d'un sommet des dirigeants de l'UE en mars, la haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères, Catherine Ashton, et la Commission européenne avaient proposé d'établir un Partenariat pour la démocratie et la prospérité avec le sud de la Méditerranée.

Ce partenariat a pour objectif de renforcer l'intégration économique et d'élargir l'accès aux marchés, ainsi que la coopération politique.

La question qui se pose est de savoir si l'UE dans son ensemble réagira plus rapidement que les Etats membres individuels.

Au début des soulèvements en Libye, la première réaction collective de l'UE est survenue lors d'une réunion des 27 ministres européens des affaires étrangères le 21 février, quatre jours après le « Jour de colère » du 17 février à Tripoli.

Leur communiqué se limitait à demander une « fin immédiate des violences ». Lors des jours qui ont suivi, les Etats membres de l'UE ont commencé à se quereller : l'Italie, Malte et Chypre ont résisté face aux demandes française, allemande et néerlandaise d'imposer des sanctions à la famille Kadhafi.

Alors que les dirigeants européens présentaient des propositions d'action, Mme Ashton a fait partie des derniers à demander la mise en place de sanctions, à prendre contact avec le Conseil national de transition à Benghazi et à soutenir une action militaire.

Elle n'a pas apporté son soutien à la campagne avant le mois de mars, date à laquelle cette dernière a été autorisée par le Conseil de sécurité de l'ONU. Mme Ashton a alors soutenu cette action.

La réticence de Mme Ashton à imposer une zone d'exclusion aérienne a mené à un conflit entre David Cameron, le premier ministre britannique, et Nicolas Sarkozy, le président français, lors d'une réunion du Conseil européen le 11 mars. La décision de l'Allemagne de s'abstenir de voter sur la résolution de l'ONU qui a donné le feu vert à une action militaire, a porté un coup à la chancelière allemande lors des élections régionales. 

Le prochain Conseil Affaires étrangères de l'UE est prévu pour le 10 octobre.

Réactions : 

Le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, s'est réjoui des récents évènements en Libye. 

« Aujourd'hui est un jour de joie pour la Libye et la région tout entière : Tripoli est presque libre. Je félicite le peuple libyen et le Conseil national de transition pour leur courage et leur détermination. Leur appel à la liberté et à la dignité humaine a été plus fort que la terreur semée par Kadhafi », a-t-il déclaré.

L'avenir de la Libye commence aujourd'hui, a-t-il ajouté. « L'UE reste définitivement du côté du peuple libyen. Nous offrons notre aide et notre soutien actif pour la gestion de la transition vers une Libye démocratique gouvernée par l'Etat de droit et le respect des droits de l'Homme ».

Le premier ministre britannique, David Cameron, a souligné que la transition vers une Libye libre et démocratique devrait être menée par les Libyens et que le rôle de la Grande-Bretagne était de faire tout ce qu'elle pouvait pour soutenir la volonté du peuple libyen pour une transition efficace vers une Libye libre, démocratique et inclusive.

M. Cameron a affirmé que la mission de l'OTAN en Libye s'agissant de protéger les civils resterait en place tant qu'elle serait nécessaire, ajoutant que l'accent était aujourd'hui mis sur « le travail urgent qui doit être fait pour apporter une aide médicale et humanitaire ainsi qu'un soutien diplomatique via le Conseil de sécurité de l'ONU ».

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, ont déclaré que la Libye était à présent sur le chemin de l'autodétermination et de la liberté.

« L'Union européenne continuera de soutenir le pays dans sa transition démocratique et sa reconstruction économique, basée sur la justice, l'inclusion et l'intégrité territoriale, de conserve avec la communauté internationale », ont-ils déclaré .

Le président français, Nicolas Sarkozy, a affirmé que la France soutiendrait la Libye pour qu'elle mette fin à l'oppression et à la dictature dans le pays. Il a également demandé à Kadhafi d'éviter d'autres bains de sang et de mettre un terme aux souffrances.

L'eurodéputé britannique Charles Tannock, coordinateur aux affaires étrangères pour le groupe des Conservateurs et Réformistes européens au Parlement, a demandé aux rebelles de résister à la tentation de procéder à une justice sommaire pour Kadhafi, ce qui empêcherait le monde de juger l'autocrate pour ses actes.

 Il a également demandé que les mercenaires soient jugés lors de procès et que s'ils n'avaient pas été impliqués dans des crimes de guerre, ils soient rapatriés dans leurs pays d'origine avec l'aide de l'OTAN.

Daniel Cohn-Bendit, le co-dirigeant du groupe des Verts/ALE au Parlement européen, a demandé à l'UE de proposer une stratégie pour soutenir la transition de la Libye et a invité Catherine Ashton, la responsable des affaires étrangères à l'UE, à la présenter lors de la prochaine session plénière du Parlement, du 11 au 15 septembre prochains.

« C'est désormais au Conseil national de transition de garantir que le processus de transition démocratique ne se fasse pas dans un esprit de vengeance mais dans un esprit d'unification de la société libyenne », a déclaré M. Cohn-Bendit dans un communiqué. « Il est par ailleurs important à ce stade de prendre les mesures nécessaires pour faire appliquer la justice internationale afin que les responsables des crimes commis soient jugés pour leurs actes ».

Prochaines étapes : 
  • 10 oct : Conseil Affaires étrangères de l'UE
Contexte : 

Lors du sommet du 11 mars, Paris et Londres ont pris l'initiative de mener une action décisive contre le régime de Mouammar Kadhafi.

Le 17 mars, le Conseil de sécurité de l'ONU a voté pour imposer une zone d'exclusion aérienne en Libye et apporter de l'aide aux rebelles libyens afin qu'ils puissent renverser Kadhafi. La diplomatie française aurait activement contribué à ce compromis. La Russie et la Chine, membres permanents au Conseil de sécurité, se sont abstenues et n'ont donc pas utilisé leur droit de veto. Sur les 15 membres du Conseil de sécurité, l'Allemagne, l'Inde et le Brésil se sont également abstenus.

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