Jeudi (4 octobre), Catherine Ashton a annoncé dans une déclaration qu'elle condamnait fermement le pilonnage d’Akçakale par les forces syriennes.
« L'incident d'hier illustre clairement les débordements tragiques de la crise syrienne dans les pays voisins », a-t-elle déclaré.
« Une fois encore, j'appelle les autorités syriennes à mettre fin immédiatement à la violence et à respecter pleinement la souveraineté et l'intégrité territoriale de tous les pays voisins ; de telles violations de la souveraineté turque ne peuvent être tolérées. J'invite toutes les parties à se maîtriser et continuerai à suivre la situation de très près, » a annoncé Catherine Ashton.
Hier, la Turquie a lancé des attaques d'artillerie sur un village situé sur la frontière syrienne et plusieurs soldats syriens ont perdu la vie, selon certaines sources. La Syrie a présenté ses excuses pour les tirs de mortier et a déclaré que cela ne se reproduirait plus jamais.
À Ankara, le parlement turc a adopté une motion autorisant l'armée à mobiliser des troupes au sol pour des opérations transfrontalières en Syrie. L'opposition avait refusé de voter une motion aussi marquante lors d'une séance à huis clos.
Sur les 449 députés présents au parlement, 320 se sont prononcés en faveur de la motion et 129 contre. La plupart des rejets provenaient du principal parti d'opposition, le parti républicain du peuple (CHP), et du parti pour la paix et la démocratie (BDP).
Les enregistrements de la séance à huis clos, qui a duré près de trois heures et demie, seront rendus publics dans 10 ans.
À Akçakale, le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan, a annoncé hier que le pays n'avait « aucun intérêt » à déclencher une guerre, mais a ajouté que « personne ne devrait mettre à l'épreuve » la détermination de son pays à défendre ses citoyens et ses frontières.
L'OTAN soutient des mesures défensives
Le département d'État des États-Unis a apporté son soutien aux représailles menées par la Turquie et a déclaré qu'il dissuaderait toute nouvelle attaque syrienne en Turquie.
La déclaration est survenue après que des ambassadeurs de l'OTAN ont tenu une réunion d'urgence tard dans la nuit de mercredi (3 octobre) sur la demande de la Turquie pour discuter des tirs de mortier lancés par la Syrie. La réunion s'est terminée après environ 40 minutes sur une déclaration de solidarité avec la Turquie. Lors de cette réunion, personne n'a évoqué l'article 5, le principe central de défense collective de l'OTAN, qui précise qu'une attaque contre l'une ou plusieurs parties sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties, a expliqué un diplomate à Reuters.
Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a déclaré à plusieurs reprises que l'OTAN n'avait aucune intention d'intervenir en Syrie comme ce fut le cas l'année dernière en Libye, mais qu'elle était disposée à défendre la Turquie le cas échéant.
La Russie a communiqué que l'OTAN devait se tenir éloignée de la Syrie.
« Lors de nos relations avec les partenaires au sein de l'OTAN et de la région, nous appelons à ne pas chercher de prétextes afin de réaliser un scénario militaire ou des initiatives, telles que des couloirs humanitaires ou des zones tampons » a déclaré Gennady Gatilov, le vice-ministre russe des affaires étrangères.
Moscou annonce que les Syriens doivent décider eux-mêmes de leur destin et que toute tentative d'intervention militaire se soldera par le veto d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU.
La Russie ne s'est toutefois pas opposée à la déclaration condamnant l'attaque de la Syrie sur le sol turc. Le conseil de sécurité des Nations unies a exigé que « de telles violations des lois internationales cessent immédiatement et ne se répètent pas », a rapporté l'agence russe RIA Novosti.
Pendant ce temps, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s'est déclaré « alarmé par l'escalade des tensions » entre la Syrie et la Turquie et a averti que le conflit de 18 mois en Syrie impliquant toute la région s'enlisait, selon les propos tenus par son porte-parole rapportés par Reuters.



