« Si Mme Timochenko n'est pas libérée avant le début de l'Euro 2012 en juin, les footballers allemands joueront sans doute sans que Mme Merkel ne soit présente », affirme le magazine sans citer de sources.
En octobre dernier, l’Union européenne avait considéré que l'incarcération de Mme Timochenko était motivée par des raisons politiques et critiqué sa condamnation (voir « contexte »). L'Ukraine organise en collaboration avec la Pologne le championnat de football qui se déroulera entre le 8 juin et le 1er juillet.
Mme Merkel assiste habituellement aux matchs importants de l'équipe nationale allemande, rapporte Reuters. Selon Der Spiegel, si Mme Merkel refusait de se rendre en Ukraine, d'autres membres du son gouvernement suivraient certainement son exemple. Un porte-parole du gouvernement allemand s'est refusé à tout commentaire.
Quant au président de l'Allemagne, Joachim Gauck, il a fait savoir la semaine dernière qu'il avait annulé sa visite en Ukraine prévue le mois prochain. L'ancien militant des droits de l'homme devait participer à une réunion des chefs d'État d'Europe centrale dans la station balnéaire ukrainienne de Yalta, sur la côte de la mer Noire.
Vendredi dernier, le porte-parole de la chancelière Steffen Seibert a annoncé que la décision de Mme Merkel d'assister ou non aux matchs en Ukraine dépendrait de la situation.
« Il est évident que les évènements en Ukraine et l'affaire Timochenko pèseront sur cette décision », a-t-il précisé.
D'autres États de l'UE se disent également alarmés. Le ministre italien des affaires étrangères, Giulio Terzi, a déclaré dimanche qu'il était « de plus en plus préoccupé » par cette affaire.
« L'annonce [...] selon laquelle Mme Timochenko a récemment été victime de violences physiques lors d'un transfert de la prison à un hôpital nous inquiète de plus en plus », a-t-il affirmé dans un communiqué.
Berlin n'a eu de cesse de proposer de soigner Mme Timochenko, qui souffre de maux de dos, dans l'un de ses hôpitaux.
Selon un sondage réalisé par le journal Bild am Sonntag, 52 % des Allemands pensent que Mme Merkel et ses ministres ne devraient pas se rendre en Ukraine.
Quelque 50 % des citoyens allemands se disent également opposés au fait que les matchs de l'Euro 2012 se déroulent en Ukraine.
Une menace terroriste ?
L'annonce d'une série d'attentats à la bombe en Ukraine n'a fait qu'accentuer les tensions. Quatre bombes placées dans des poubelles ont explosé dans la journée de vendredi, faisant 30 blessés, dont 11 enfants, dans la ville de Dnipropetrovsk, un centre industriel de l'Est du pays qui compte environ 1 million d'habitants.
Le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, a promis une enquête rapide sur ces explosions que les procureurs du pays ont qualifié d'« acte de terrorisme ».
Le président polonais, Bronisław Komorowski, a quant à lui fait part de son inquiétude quant au championnat de football que son pays accueille en collaboration avec l'Ukraine.
« Ces faits sont bien entendu inquiétants, y compris pour la Pologne, à l'approche du championnat de l'Euro 2012 [...] L'atmosphère est de plus en plus tendue dans le pays avec lequel nous organisons ce grand évènement sportif », a déclaré M. Komorowski, dont les propos ont été relayés par Voice of Warsaw.
L'agence de sécurité nationale du pays ne recommande pas pour l'instant que les autorités polonaises augmentent le niveau d'alerte du pays en matière de menace terroriste. Elle a ajouté dans un communiqué qu'il n'y avait pas lieu de lier les attaques en Ukraine avec le niveau de menace terroriste en Pologne.
Les médias polonais pensent que les explosions de vendredi sont imputables à des groupes criminels.
Selon le directeur de la fédération ukrainienne de football, Hryhory Surkis, ceux qui ont commandité cette attaque sont « complices d'une attaque de l'image [du] pays en amont de l'Euro 2012 ». Les matchs de l'Euro 2012 n'auront pas lieu à Dnipropetrovsk.
L'UEFA, l'Union européenne des associations de football, a fait savoir qu'elle restait convaincue que les mesures de sécurité prises par l'Ukraine assureraient le bon déroulement du championnat, malgré les attaques à la bombe de vendredi.





