M. Saakachvili a reconnu sa défaite aux élections législatives et a annoncé que son parti serait dans l'opposition au parlement.
La coalition Rêve géorgien de M. Ivanichvili aurait remporté 55 % des voix, contre 40 % pour le Mouvement national démocrate (MND), 97 % des voix ayant été comptabilisées. Rêve géorgien remporte donc plus de la moitié des 150 sièges au parlement.
Lors d'une conférence de presse, M. Ivanichvili a exhorté M. Saakachvili à démissionner et a réclamer la tenue d'élections anticipées pour élire un nouveau président. Le mandat de M. Saakshvili expirera à l'automne 2013 et conformément à la constitution, il ne pourra pas être élu pour un troisième mandat. Il est en poste depuis 2004.
Le président jouit actuellement de plus de pouvoir que le premier ministre, mais des changements constitutionnels sont en cours pour renverser la tendance en faveur du parlement et de l'exécutif.
Giga Bokeria, le conseiller de M. Saakachvili pour la sécurité nationale, a précisé à la télévision qu'aucune élection anticipée ne serait organisée. « Il serait très dangereux de provoquer une crise », a-t-il déclaré.
M. Ivanichvili, qui a fait fortune en Russie et a été accusé lors de la campagne d'être le larbin du Kremlin, a affirmé hier qu'il ne s'élèverait pas contre l'orientation occidentale du pays et qu'il poursuivrait les efforts de rapprochement avec l'OTAN et l'UE. M. Ivanichvili, qui s'est vu retirer sa nationalité géorgienne par le régime de M. Saakachvili, a la nationalité française.
Il a en outre annoncé qu'il avait l'intention de normaliser les relations de la Géorgie avec la Russie. Tbilissi n'entretient plus aucune relation diplomatique avec Moscou depuis le bref conflit d'août 2008 suite auquel la Géorgie a perdu le contrôle de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud. Cette guerre a en grande partie été provoquée par M. Saakachvili lui-même (voir « Contexte »).
Lors d'un entretien accordé à la chaîne télévisée Euronews, M. Ivanichvili a déclaré qu'il considérait les trois pays baltes comme un modèle pour la Géorgie. L'Estonie, la Lettonie et la Lituanie sont elles aussi d'anciennes républiques soviétiques, mais elles font aujourd'hui partie de l'OTAN et de l'UE.
M. Ivanichvili a affirmé qu'aucun ministre du gouvernement actuel ne conserverait son poste, avant d'ajouter que même si aucune chasse aux sorcières n’était menée, certains fonctionnaires ayant commis des actes criminels seraient poursuivis en justice.
Réaction de la Russie
Dmitri Medvedev, qui était président et commandant en chef lorsque la Géorgie s'est opposée à la Russie en 2008, a émis l'espoir que ces résultats amélioreraient les relations entre les deux pays.
« Nous ne pouvons que nous réjouir, dans la mesure où ces résultats impliquent sans doute l'arrivée de forces plus constructives et responsables au parlement », a déclaré M. Medvedev, aujourd'hui premier ministre, cité dans la presse.
L'UE a reconnu le résultat des élections et a affirmé que son engagement envers la Géorgie restait inchangé. « Nous avons hâte de poursuivre notre étroite collaboration », a déclaré Maja Kocijancic, une porte-parole de la haute représentante Catherine Ashton, citée par l'AFP.
« Nous restons engagés tant en matière d'association politique que d'intégration économique », a-t-elle ajouté.
Parlant de la campagne qui s'est révélée intense et très disputée, elle a précisé que l'UE félicitait les deux parties pour la « nature constructive et ouverte de leurs premières réactions ».
Les quelque 1 600 observateurs internationaux du scrutin ont annoncé que malgré quelques irrégularités et une couverture médiatique guindée, les élections s'étaient avérées libres et justes.





