« La Pologne et l'Ukraine ont organisé un tournoi exceptionnel », a déclaré le président de l'UEFA, Michel Platini. « Jamais l'expression « écrire l'Histoire ensemble » n'a été plus vraie en termes d'économie, d'infrastructures, d'évolution footballistique et de développement social. »
L'organisation du championnat dans ces deux pays voisins a demandé beaucoup d'efforts, la construction de stades, d'hôtels, de routes, d'aéroports et d'autres infrastructures. Lors d'une récente visite à Bruxelles, le premier ministre ukrainien, Mykola Azarov, avait déclaré que 2000 km d'autoroutes avaient vu le jour en Ukraine en amont du tournoi.
Environ 342 000 étrangers sont arrivés dans la capitale ukrainienne à la veille de la finale d'hier entre l'Espagne et l'Italie. Des milliers de personnes ont déambulé dans la zone réservée aux fans dans le centre-ville, achetant de nombreux souvenirs, dont des maillots de football.
Cette zone avait déjà été prise d'assaut samedi par près de 100 000 supporters venus écouter Elton John et Queen. La police n'a rapporté aucun trouble.
Les étrangers ont découvert que l'Ukraine était un pays moderne et accueillant, contrairement au message qu'ont véhiculé certains médias, comme la tentative de la BBC de décrire les fans de football du pays comme des personnes racistes et dangereuses.
Diplomatie footballistique
Avec un score historique de 4-0, l'Espagne est la première équipe à remporter trois grands tournois internationaux d'affilée. Elle a en effet déjà remporté l'Euro 2008 et la Coupe du monde de 2010.
Ce match restera dans les mémoires pour avoir adouci le boycott de l'UE suite à l'emprisonnement de Mme Timochenko.
Mme Timochenko, l'un des leaders de la révolution orange de 2004, a été condamnée à sept ans de prison en octobre 2011 pour abus de pouvoir.
Après que l'Italie a gagné sa place en finale contre l'Allemagne le 28 juin, le premier ministre italien, Mario Monti, et le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, aux côtés du prince Felipe des Asturies, l'héritier du trône espagnol, ont annoncé qu'ils se rendraient au match.
Le président polonais, Bronislaw Komorowski était également présent. La Pologne, en tant que pays coorganisateur, était contre ce boycott.
Si l'Allemagne avait été en finale, aucun dirigeant européen n'aurait été présent, ont expliqué des diplomates à EurActiv. La chancelière Angela Merkel est fan de football, mais elle a adopté une position ferme vis-à-vis de l'Ukraine.
Aucun représentant des institutions de l'Union européenne n'était présent. Même s'il est lui-même un grand fan de football, le président de la Commission, José Manuel Barroso, n'a assisté à aucun match de son pays natal, le Portugal, qui a joué à trois reprises dans la ville ukrainienne de Lviv et une fois à Varsovie.
Les politiques européens se sont punis eux-mêmes
Dans un article d'opinion publié dans le Guardian, l'ambassadeur ukrainien auprès de l'UE, Kostiantyn Yielisieiev, a écrit que les citoyens européens ordinaires qui s'étaient rendus en Ukraine avaient été plus malins que les décideurs qui avaient décidé de boycotter le tournoi.
« J'étais présent et je n'oublierai jamais ce que j'ai ressenti. L'Euro 2012 a uni l'Ukraine, a fait renaître un sentiment fort de fierté nationale et a illuminé le pays », a écrit le diplomate.
« La présence ou l'absence [des décideurs politiques de l'UE] n'a pas influencé cet état de fait. Les citoyens de l'UE ont fait preuve de bon sens en se rendant en Ukraine, ce qui a transformé le boycott politique des leaders en isolement. »
M. Yielisieiev a également salué l'UEFA pour avoir pris la décision difficile d'organiser l'Euro 2012 en Pologne et en Ukraine.
« Ce tournoi est devenu un réel festival du contact humain et de l'échange culturel dans une Europe unie au sens large grâce à son organisation « en territoire inconnu ». N'est-ce pas là l’essence même des politiques et des valeurs de l'UE ? », a-t-il écrit.
L'Euro 2016 aura lieu en France. Avant 2020, M. Platini a lancé l'idée que le tournoi pourrait avoir lieu partout en Europe. Ainsi, certains petits pays pourraient également avoir la possibilité d'organiser l'un des 31 matches.
« Cette idée me plait énormément et pourrait être intéressante à développer », a déclaré M. Platini. L'UEFA compte prendre une décision à ce sujet d'ici décembre ou janvier prochain.





